Motion de censure contre le Cabinet d’Ilie Bolojan
Une motion de censure déposée par l’opposition contre l’Exécutif de Bucarest a été présentée jeudi devant le plénum du Parlement roumain ; elle sera débattue et votée le lundi 14 juillet.
Roxana Vasile, 10.07.2025, 12:52
La première motion de censure contre le gouvernement d’Ilie Bolojan
À moins d’un mois depuis son investiture, le gouvernement de la coalition formée du Parti Social–Démocrate (PSD), du Parti National Libéral (PNL), de l’Union Sauvez la Roumanie (USR) et de l’Union Démocrate Magyare de Roumanie (UDMR) est confronté à sa première motion de censure. Elle a été déposée par l’opposition nationaliste, dans le contexte où, récemment le Cabinet dirigé par le libéral Ilie Bolojan a engagé sa responsabilité sur un premier paquet de mesures fiscales d’austérité, censées réduire le déficit budgétaire de la Roumanie, qui est le plus grand de l’Union Européenne. Parmi les mesures envisagées figurent des hausses de plusieurs taxes et accises et des majorations d’impôts ou encore le gel des salaires et des pensions de retraite. La seule solution pour arrêter la mise en oeuvre de ces initiatives est de destituer l’Exécutif par une motion de censure.
Incapacité d’équilibrer le budget sans augmenter les taxe
C’est bien une telle motion qui a été présentée jeudi matin devant le Parlement de Bucarest, avant d’être soumise au débat et au vote, lundi prochain, le 14 juillet. Accusant les partis de l’actuelle coalition gouvernementale d’être les seuls responsables pour la situation budgétaire actuelle du pays, les initiateurs de la motion mettent en garde contre le fait que les mesures fiscales sur lesquelles l’Exécutif a engagé sa responsabilité entraîneront la flambée de l’inflation et la baisse du niveau de vie de la population : « l’histoire des gouvernances des dernières années, sous la loupe des chiffres officiels et des faits présentés sans aucun parti pris, le montre : le déficit budgétaire qui était en dessous des 3 % entre 2013 et 2018 a explosé à compter de novembre 2019 », lorsque le pouvoir a été partagé, sous différentes formes, par les mêmes partis qui forment la coalition gouvernementale actuelle. « Un mélange d’incapacité et d’incompétence, mais aussi de malveillance » – c’est ainsi que les signataires de la motion caractérisent l’activité, ces dernières années, des responsables roumains, qui, ajoutent-ils encore, « étant incapables d’équilibrer le budget uniquement en réduisant les dépenses, procèdent maintenant à la hausse des taxes ».
Les signatures nécessaires
Pour pouvoir déposer la motion, l’opposition a dû réunir 117 signatures. Le parti à l’origine de cette motion, l’Alliance pour l’Union des Roumains (AUR) a donc eu besoin du soutien des représentants du Parti des jeunes (POT), du parti SOS Roumanie et des parlementaires non-affiliés, afin de recueillir le nombre nécessaire de signatures. Pourtant, pour pouvoir destituer le gouvernement, il faut avoir les votes favorables de 233 parlementaires, alors que les partis signataires de la motion n’en recensent que 130.
Entre-temps, la presse de Bucarest constate que les sociaux-démocrates se disent de plus en plus mécontents et accusent les autres membres de la coalition gouvernementale du fait que leurs propositions pour le paquet fiscal n’ont pas été prises en compte. Donc, en signe de protestation, ils pourraient prendre en calcul une éventuelle abstention lors du vote de la motion de censure.
Pourquoi ce paquet est nécessaire
De l’autre côté de la barricade, le ministre des Finances, le libéral Alexandru Nazare, a fait savoir que la perception des investisseurs sur la Roumanie s’est améliorée après ce premier paquet fiscal. A son tour, le vice-premier ministre Dragoş Anastasiu insiste sur le fait qu’en l’absence de ces mesures d’austérité, l’économie et les salariés auraient souffert des conséquences triples, que l’économie nationale aurait surmontées en 15 ans.
Si la motion de censure de l’opposition reçoit un vote favorable lundi prochain, le gouvernement dirigé par Ilie Bolojan sera destitué. Sinon, le paquet fiscal sur lequel l’Exécutif a engagé sa responsabilité est adoptée t entrera en vigueur au 1er août. Notons pour terminer que les initiateurs-mêmes de la motion ne s’attendent pas à un succès, c’est pourquoi ils ont déjà annoncé leur intention de contester les mesures fiscales auprès de la Cour Constitutionnelle. (trad. Valentina Beleavski)