Plus d’argent européen en Roumanie
La vitesse d’absorption des fonds européens a augmenté cinq fois, tandis que le taux d’absorption a enregistré une hausse de presque 10 %au cours du premier semestre de l’année dernière, selon le rapport de l’Exécutif roumain.
Sorin Iordan, 08.01.2026, 13:33
Les fonds européens sont pour la Roumanie le moyen le plus accessible de réduire les décalages de développement par rapport aux pays plus développés d’Europe. La Commission européenne octroie ces fonds pour des investissements dans les infrastructures, la numérisation, l’environnement, l’éducation, l’emploi et le développement rural. Depuis son adhésion à l’Union européenne en janvier 2007, la Roumanie a reçu pas moins de 106 milliards d’euros alors quesa contribution au budget communautaire s’est chiffrée à 35 milliards d’euros. Et pourtant au fil des années les gouvernements de Bucarest ont eu des difficultés pour attirer et dépenser ces fonds d’une manière efficace.
Des fonds européens à la hausse transférés plus vite
La situation semble avoir changé depuis un certain temps. Selonle ministre roumain des Investissements et des Projets européens, DragosPislaru, au cours des six derniers mois, les fonds européensont commencé à être transférés à l’économie roumaine cinq fois plus vite qu’auparavant. Qui plus est, des mécanismes qui semblaient être bloqués ont été mis en œuvre. Dans une publication sur Facebook, le ministre a démontré que l’analyse comparative des données mettait en évidence une accélération massive et sans précédent du processus d’absorption ces derniers mois par rapport à l’ensemble de la période allant du début de l’exercice financier 2021-2027. Concrètement, la Roumanie a attiré 6,3 milliards d’euros, contre 3 milliards d’euros auparavant. Selon le ministre le taux d’absorption des fonds européens a augmenté de 9,91 % à 20,4 %. Le ministre a également expliqué qu’avant juin 2025, l’Etat versait 87 millions d’euros par mois en moyenne au titre des fonds européens, contre plus de 456 millions d’euros par mois au cours du second semestre de l’année dernière. Par ailleurs, la capacité de rapatriement des fonds vers le budget de l’Etat a connu une croissance exponentielle, passant d’une moyenne d’environ 54 millions d’euros par mois lors de la période précédente à plus de 374 millions d’euros par mois durant le mandat actuel, soit une augmentation de sept fois.
« Les fonds européens représentent notre seule véritable chance de compenser le déficit budgétaire et de réparer les effets de la gestion populiste de l’argent public par le passé » a également écrit le ministre.
Il a annoncé qu’en 2026 l’Exécutif visait à attirer au moins 15 milliards d’euros de fonds européens, soit le double du montant maximal jamais absorbé. Cet argent serait investi dans des hôpitaux, des écoles, des routes, des infrastructures locales et dans la compétitivité économique, a également précisé M. Pislaru.
D’autres allocations financières dans le cadre pluriannuel suivant
Le prochain cadre financier pluriannuel, 2028-2034, prévoit des allocations totales se chiffrant à 60,2 milliards d’euros destinés à la Roumanie. Concernant le Plan national de relance et de résilience le ministre a rappelé qu’en décembre 2025 Bucarest avait soumis à Bruxelles la quatrième demande de paiement. Elle s’élève à environ 2,6 milliards d’euros, comprenant 62 cibles et jalons. Parmi les institutions bénéficiaires figurent les ministères de l’Environnement, de l’Energie, de la Justice, des Finances, de la Santé et du Travail. Parmi les projets mentionnés dans la demande de paiement figurent la réhabilitation de 13 barrages et la modernisation de la protection contre les inondations, la finalisation de la cotation en bourse d’un paquet pouvant atteindre les 15 % des actions de Hidroelectrica (soit le principal producteur d’électricité en Roumanie), la numérisation du système judiciaire et la réforme fiscale générale.