Quatre ans de guerre en Ukraine, l’impasse persiste et redessine l’équilibre régional
L'agression injustifiée et non provoquée de la Russie contre l'Ukraine est entrée dans sa cinquième année.
Corina Cristea, 24.02.2026, 12:49
Quatre ans après le lancement, par Vladimir Poutine, de l’invasion à grande échelle de l’Ukraine, Moscou et Kiev demeurent toujours aussi éloignés de la paix espérée par la communauté internationale. Alors que la ligne de front s’est figée et que le retour au pouvoir du président américain Donald Trump a ravivé les spéculations diplomatiques, les efforts se concentrent désormais sur d’éventuelles négociations susceptibles de conduire à un accord.
Mais une telle perspective se heurte à un obstacle majeur : les concessions territoriales exigées par Moscou, catégoriquement rejetées par Kiev. Entre-temps, ce que le Kremlin qualifiait en 2022 d’« opération militaire spéciale » s’est mué en un conflit d’usure aux conséquences militaires, économiques et humanitaires considérables. Selon une estimation du Centre d’études stratégiques internationales, le nombre total des pertes militaires combinées (morts, blessés ou disparus) parmi les forces ukrainiennes et russes s’élèverait entre 1,8 et 2 millions de personnes, malgré des bilans officiels nettement inférieurs. Les deux tiers de ces pertes concerneraient les forces russes. Les données des Nations unies font également état de plus de 15 000 civils tués, tandis que près de 4 millions d’Ukrainiens sont déplacés à l’intérieur du pays et environ 6 millions ont fui à l’étranger.
La Roumanie, entre solidarité et repositionnement stratégique
Une partie de ces réfugiés a trouvé refuge en Roumanie qui, en tant que pays voisin et membre de l’Union européenne et de l’OTAN, s’est imposée dès les premières heures du conflit comme un soutien clé de l’Ukraine. À Bucarest, la Chambre des députés a observé une minute de silence en hommage aux victimes ukrainiennes. Pour marquer le quatrième anniversaire d’une guerre qualifiée d’injustifiée et non provoquée, plusieurs organisations civiques ont organisé des manifestations publiques à travers le pays. À Constanța, dans le sud-est, des réfugiés ukrainiens ont commémoré les victimes, réaffirmant leur espoir en la justice et en un avenir pacifié, tout en exprimant leur gratitude pour l’aide humanitaire et militaire fournie par la Roumanie. Sur le plan économique, ces quatre années ont provoqué un véritable choc, marqué par une inflation élevée, des tensions budgétaires et une flambée des coûts énergétiques, souligne le consultant Adrian Negrescu. La hausse des prix de l’énergie, en particulier, a agi comme une taxe invisible, réduisant sensiblement le pouvoir d’achat des ménages. Toutefois, la proximité du conflit n’a pas entraîné de fuite des capitaux étrangers. Au contraire, les investisseurs, en quête de la stabilité offerte par le cadre de l’OTAN, ont progressivement déplacé leurs activités depuis la Russie et l’Ukraine vers des pays voisins plus sûrs, dont la Roumanie. Selon l’analyste, le pays se trouve aujourd’hui face à une opportunité historique : devenir une plateforme logistique centrale pour la reconstruction de l’Ukraine, un chantier estimé à 1 400 milliards de dollars. (trad. Charlotte Fromenteaud)