Rapport de la BNR sur l’inflation
La Banque Centrale de Roumanie a présenté mardi son rapport trimestriel sur l’inflation, annonçant avoir révisé à hausse à 5,5 % ses prévisions pour le taux d’inflation pour la fin de l’année.
Ştefan Stoica, 20.05.2026, 13:00
Inflation : des prévisions révisées à la hausse
Récemment, l’Institut national de la statistique annonçait que le taux d’inflation avait grimpé en avril 2026, jusqu’à 10,7 % sur toile de fond de la hausse des prix des carburants, notamment. Mardi, le gouverneur de la Banque Nationale de Roumanie (BNR), Mugur Isarescu, a confirmé qu’il y aurait un taux d’inflation à deux chiffres cet été, avec une possibilité de le voir monter jusqu’à 11 % en juillet prochain. Ce n’est que vers la fin de l’automne que le taux d’inflation pourrait baisser, pouvant atteindre 5,5 % en fin d’année, ce qui se traduit par une révision à la hausse par rapport aux prévisions antérieures, de 3,9 %. La Banque Centrale a pourtant maintenu ses pronostics d’inflation pour l’année à venir à 2,7 %.
Influences : le contexte international tendu et la crise politique interne
Néanmoins, ces estimations peuvent changer rapidement en fonction des évolutions extérieures et de la situation politique interne, met en garde, Mugur Isarescu. Au centre de l’attention, l’on retrouve toujours le conflit au Moyen-Orient et les risques liés au détroit d’Omuz, mais aussi les négociations internes pour la création d’un nouveau gouvernement. D’ailleurs, l’évaluation actuelle est construite sur plusieurs conditions importantes, y compris l’existence d’un Exécutif stable à Bucarest.
Selon le gouverneur de la Banque Centrale, les marchés financiers suivent attentivement, tant les mesures économiques que les messages venus du milieu politique roumain. Dans ces conditions, poursuivre la consolidation fiscale reste la direction essentielle, afin de garder la confiance des investisseurs et des agences de notation.
Regard sur le taux de change leu-euro
Quant au taux de change de la monnaie nationale, le leu, Mugur Isarescu a précisé que la Banque Centrale était intervenue sur les marchés des devises beaucoup moins durant cette dernière période, par rapport au mois d’avril et mai de l’année dernière. Plus encore, rapporté à l’euro, l’actuel niveau du leu semble équilibré. De l’avis du gouverneur de la Banque Nationale, une éventuelle prolongation des négociations politiques pourrait causer des difficultés supplémentaires, alors que le pays traverse déjà une période compliquée pour l’économie.
Mugur Isarescu n’est pas favorable à un premier ministre technocrate
Et ce n’est pas tout. Mugur Isarescu n’est pas persuadé que la solution d’un premier ministre technocrate, une probabilité véhiculée parmi les scénarios politiques, soit la plus adéquate. Preuve à l’appui : la situation de 1999, que le gouverneur a évoquée :
SON : « Je ne sais pas si ce sera facile pour un technocrate, surtout venu de l’extérieur, d’entrer rapidement dans le vif des problèmes, et surtout d’influencer tous les membres du gouvernement, n’est-ce pas ? Il faut avoir une certaine crédibilité, il faut les connaître les gens, il faut que les gens te connaissent à leur tour, autrement tes paroles sont en vain. En tant que premier ministre tu dois aussi savoir regarder ; pas seulement droit devant, mais aussi à gauche et à droite et surtout en arrière pour voir qui pourrait te poignarder dans le dos — ou au moins pour pouvoir t’en protéger. C’est extrêmement difficile d’être un premier ministre, c’est un job extrêmement sollicitant ».
Un contexte difficile
Toujours dans son rapport trimestriel, la Banque Centrale précise que les investissements, notamment, soutenus de fonds européens, sont le principal moteur pour soutenir la croissance économique et pour limiter les effets négatifs de la réduction de la consommation.
Mugur Isarescu a également expliqué que les flux extérieurs de financement dépendaient en égale mesure de la stabilité politique, ainsi que de la crédibilité et des politiques économiques. Il espère que la tendance à la hausse des investissements des deux derniers trimestres de l’année dernière se maintiendra aussi au premier trimestre de cette année.
Enfin, de l’avis de la Banque Centrale, la Roumanie est en train de traverser une période sensible où les équilibres économiques dépendent de non seulement des évolutions extérieures, telles le conflit au Moyen-Orient, mais aussi et surtout de la capacité des autorités locales à assurer la stabilité politique, la discipline fiscale et la continuité pour ce qui est d’attirer les investissements. (trad. Valentina Beleavski)