A la découverte des cieux avec l’exposition « Ce que nous cachons »
C’est en partant des découvertes faites par l’Observatoire Astronomique de Bârlad qu’a vu le jour, à Bucarest, un projet visant à rapprocher le public des astres, organisé au sein du centre de culture contemporaine Rezidența9 (Résidence 9), avec notamment une exposition collective intitulée « Ce que nous cachons », mise sur pied avec le magazine spécialisé Scena9 (Scène 9).
Ana-Maria Cononovici, 03.02.2026, 10:31
On se tourne aujourd’hui vers le ciel, pour apprendre à le regarder autrement. Une démarche qui fait suite à la découverte d’un amas stellaire nommé « Bârlad », d’après la ville de Bârlad (est). C’est en effet dans cette dernière que ce phénomène a été observé pour la première fois depuis l’Observatoire Astronomique. C’est en partant de ces découvertes faites par l’Observatoire Astronomique de Bârlad qu’a vu le jour, à Bucarest, un projet visant à rapprocher le public des astres en particulier et de la science en général. Dans la capitale roumaine, donc, le centre de culture contemporaine Rezidența9 (Résidence 9) invite les curieux à plusieurs événements, dont une exposition collective intitulée « Ce que nous cachons », mise sur pied avec le magazine spécialisé Scena9 (Scène 9). Cette exposition s’inscrit dans une démarche unique en Roumanie, transformant le journalisme en installation et les histoires écrites sur papier en une expérience collective et immersive entre les murs du centre culturel Rezidența9.
Davantage de détails sur le concept du projet, avec Andra Matzal éditrice et coordinatrice du magazine Scena9 :
« L’exposition « Ce que nous cachons », organisée à Bucarest jusqu’au 15 mars 2026, est construite autour du plus récent numéro papier du magazine Scena 9. Ce magazine paraît une fois par an et chaque édition est ciblée sur une thématique. Cette fois-ci, la thématique est justement « ce que nous cachons », car on s’est rendu compte qu’on sait très bien se cacher, en tant qu’individus et espèce. Nous avons donc voulu explorer cette thématique en l’approchant sous plusieurs angles : personnel, familial, social etc, pour l’élargir jusqu’à la science. Bref, nous avons voulu parler aussi du fait que le milieu où nous vivons nous cache beaucoup de choses, si on ne sait pas le regarder comme il faut ».03
Le mariage de la science et de l’art
Comment a été exploitée cette approche scientifique de la vie en l’élargissant jusqu’à l’espace cosmique ? Andra Matzal répond :
« On s’est appuyés sur les observations et découvertes faites de manière inattendue par l’Observatoire Astronomique de Bârlad, où un astronome, Ciprian Vîntdevară de son nom, a fait une des plus grandes découvertes astronomiques de Roumanie : une étoile géante, plus grande que le Soleil et beaucoup plus brillante, dont la lumière nous arrive d’il y a 21 millions d’années. Il a également découvert plusieurs étoiles variables qu’il a nommées d’après sa ville, Bârlad. C’est autour de cette découverte que mon collègue Ionuţ Sociu a écrit un reportage pour notre magazine. Puis, en partant de ce reportage, nous avons construit aux côtés du studio digital créatif « Augmented Space Agency » deux installations interactives pour l’exposition « Ce que nous cachons». »
Concrètement, sur place, le visiteur découvre un planétarium virtuel portable, accessible à l’aide de lunettes en réalité virtuelle, ce qui lui permet d’explorer l’espace cosmique avec ses différentes constellations et de voir aussi les découvertes faites par l’Observatoire astronomique de Bârlad, le tout d’une manière immersive et interactive. A son tour, « SOL » est un véritable soleil virtuel, une installation audio-visuelle créée en partant des données scientifiques solaires obtenues du réseau mondial d’observatoires astronomiques, grâce à laquelle la science se transforme en expérience accessible au grand public.
Des experts passionnés malgré des conditions de travail peu favorables
Plusieurs scientifiques roumains sont venus inaugurer cette exposition de Bucarest. Parmi eux – Ciprian Vîntdevară lui-même, astronome et muséographe au musée « Vasile Pârvan » de Bârlad et Florentina Pîslan, chercheuse depuis 2021 au sein du Laboratoire d’Astrophysique de l’Institut des Sciences de l’Espace, doctorante de la Faculté de Physique de l’Université de Bucarest et activement impliquée dans les projets cherchant à sensibiliser et informer le public des avancées et découvertes scientifiques. En fait, la communauté scientifique roumaine est très motivée et mérite bien d’être mise en avant, comme nous l’affirme Andra Matzal :
« L’Observatoire Astronomique et le musée « Vasile Pârvan » de Bârlad, accueillent toute une communauté d’astronomes passionnés, réunis autour du travail de Ciprian Vîntdevară. Le sous-financement de la culture et de la science en Roumanie n’est pas un secret. Cela n’empêche pourtant pas ces gens à s’impliquer et de rester motivés pour mettre sur pied des projets scientifiques. Ils ont réussi à faire sortir la science du laboratoire, pour l’emmener en ville, auprès des gens, ce qui est essentiel. Grâce à eux, de plus en plus de personnes de tous âges, mais notamment des jeunes, se réunissent autour de l’Observatoire. Ils ont créé une revue spécialisée et organisent des colonies de vacances pour les petits curieux. A notre avis, c’est un sujet qui donne de l’espoir aux gens dans un monde de plus en plus sombre et un peu trop pessimiste. C’est justement la raison pour laquelle nous avons voulu concentrer notre attention sur la manière dont la recherche astronomique et spatiale est menée en Roumanie et mettre en avant les gens qui font un travail très pertinent, dans des conditions peu favorables »
En quoi consiste le reste de l’exposition de Bucarest ? Andra Matzal éditrice et coordinatrice du magazine Scena9 nous y guide :
« L’exposition « Ce que nous cachons » propose plusieurs événements organisés aux côtés de nos collègues du centre Rezidenţa 9. Chaque pièce de ce centre culturel est consacrée à un certain type d’espace et à ce qu’il cache à l’intérieur. On parle de la migration, d’histoires personnelles, de la manière dont notre espace personnel se croise avec l’espace politique, des droits des femmes, de la violence faite aux femmes, de la manière dont nous cachons des choses dans nos interactions sociales ou on tente d’apprendre pourquoi nous cachons nos maladies à nos proches. En plus de cela, nous organisons des ateliers animés par des artistes qui aideront le public de tous âges à se rapprocher davantage de l’art et des sujets dont parle le magazine Scena 9, qui sont plutôt compliqués, mais qui nous concernent tous. »
D’ici le 15 mars prochain, chaque semaine, une nouvelle thématique sera mise en avant en compagnie d’artistes et scientifiques importants du moment. Tout le monde est invité au centre culturel Rezidenţa 9 de Bucarest ! (trad. Valentina Beleavski)