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La cité d’Oradea

De nos jours, les cités médiévales et les villages fortifiés attirent de plus en plus de touristes désireux de partir à la découverte de ces sites historiques pleins de caractère. La Roumanie en recense plusieurs parmi lesquels la ville d’Oradea, à la frontière occidentale du pays. Considérée comme un véritable monument d’architecture unique en terre roumaine, cette ville passait jadis pour inexpugnable vu ses réseaux souterrains de tunnels qui conduisaient hors de la cité.

La cité d’Oradea
La cité d’Oradea

, 17.10.2016, 13:19

De nos jours, les cités médiévales et les villages fortifiés attirent de plus en plus de touristes désireux de partir à la découverte de ces sites historiques pleins de caractère. La Roumanie en recense plusieurs parmi lesquels la ville d’Oradea, à la frontière occidentale du pays. Considérée comme un véritable monument d’architecture unique en terre roumaine, cette ville passait jadis pour inexpugnable vu ses réseaux souterrains de tunnels qui conduisaient hors de la cité.



Avec une histoire tourmentée et riche en événements, Oradea a été édifiée par le roi Ladislas Ier de Hongrie (1077- 1095). Attestée dans les chroniques latines de l’époque sous le nom de castrum, la cité comprenait une terrasse et une palissade, des murailles en pierre et des bastions en bois. Elle était entourée d’une douve qui, en cas de siège, était remplie d’eau thermale de la rivière Peţa. La cité fortifiée d’Oradea tire son origine d’un monastère patronné par la Sainte Vierge et dressé sur ordre du roi Ladislas. Des années plus tard, l’église du monastère devient cathédrale. C’est là que l’évêché catholique d’Oradea aura son siège à partir de 1902. C’est d’ailleurs dans la cour intérieure de la cathédrale que sera enterré en 1905 le souverain hongrois Ladislas I.



Nandor Mihalka, archéologue au Musée de la Cité d’Oradea, revient sur le devenir de cette cité : «L’évêché catholique siège dans la cité jusqu’en 1557 quand Oradea passe sous le contrôle des troupes transylvaines. A partir de ce moment-là et jusqu’en 1660, toutes les constructions médiévales seront petit à petit démolies pour faire place à la cité, telle que l’on la voit aujourd’hui encore. C’est à compter de 1619 que l’on commence la construction du merveilleux palais princier appartenant à Gabriel Bethlen. Entre 1660 et 1692, la ville passera sous le contrôle des Ottomans qui en feront leur dernier pachalik du bassin des Carpates avant de se voir définitivement chassés des parages».



Le 27 juin 1192, sous ordre du pape Célestin III, le roi Ladislas I sera béatifié post mortem et sa tombe deviendra un important lieu de pèlerinage. Un demi-siècle plus tard, en 1241, l’invasion mongole ravage complètement la cité qui sera brûlée selon la description du moine Rogerius dans sa chronique «Carmen miserabile» («Chanson tragique»). En 1290, ce sera le tour du voïvode transylvain Roland Borsa d’attaquer la cité en y provoquant d’importants dégâts. C’est à peine un siècle plus tard qu’Oradea connaîtra des travaux de reconstruction. Bâtie en heptagone, avec des tours et des créneaux, la nouvelle cité connaîtra un véritable épanouissement du gothique en architecture. La preuve? La construction entre 1342 et 1370 d’une cathédrale qui impressionne par ses trois nefs, son autel octogonal, sa façade à deux tours et ses contreforts massifs. Bref, il s’agit, disent les experts, d’un des édifices ecclésiastiques les plus imposants de Transylvanie. Pendant la Renaissance, au XVe siècle donc, d’importants représentants de l’humanisme s’installent à Oradea. Il s’agit des archevêques Andrea Scolari surnommé le Florentin, de János Vitéz de Zredna et de Sigismond Thurzo. Par ailleurs, le physicien Georg von Peuerbach dresse à Oradea un observatoire astronomique, place dans cette ville le méridien zéro et calcule les éclipses solaires et lunaires qu’il a si bien décrites dans son ouvrage «Tabulas Varadienses» («Les tablettes d’Oradea»).



A compter du milieu du XVe siècle, les Turcs se sont lancés à l’assaut de l’Europe centrale. Ils finiront par s’emparer de la cité d’Oradea qui servira de cadre à la paix homonyme signée le 24 février 1538. La Transylvanie se verra séparée de la Hongrie pour intégrer l’Empire ottoman. A compter de 1557, Oradea se voit accorder la mission de défendre la frontière occidentale de la Transylvanie. A l’issue de la guerre de 30 ans, achevée en 1648, Oradea se verra redessiner par des architectes italiens en style baroque. C’est d’ailleurs à l’Italien Giacomo Resti que l’on doit le palais princier de la ville.



Menée à la fin du XVIIe siècle par la Maison de Habsbourg, l’offensive anti-ottomane a conduit à la reprise de la ville et à sa reconstruction. Repassons le micro à Nandor Mihalka: «A compter de 1692, la ville devient une cité-caserne pour les troupes autrichiennes et cet aspect militaire demeure en place jusqu’en 1990. Après l’adhésion de la Roumanie à l’UE, Oradea a profité des fonds structurels qui lui ont permis la reconstruction, entre 2010 et 2015, de l’ancienne cité médiévale. A partir de l’année prochaine, on espère démarrer des fouilles archéologiques sous la cathédrale gothique, la reconstruction et la mise en service des parkings et la reconstruction des bastions. Il y en a 5 et parmi eux, un seul est refait. Et puis, on espère commencer à un moment donné les travaux de restauration des murailles extérieures».



Construite actuellement en forme de pentagone, la cité d’Oradea regroupe 5 bastions: celui doré, celui de Bethlen, le Bastion écourté, le rouge et le Bastion Crisorul.



Deux légendes circulent à propos de cette ville. L’une porte sur sa fondation par le roi Ladislas I qui, dit-on, a vu deux anges lui ayant demandé de dresser un monastère. La deuxième légende, dite de la trahison, a commencé à circuler après la conquête ottomane. On dit que lors du siège ottoman, en 1540, la femme d’un meunier dont les fils furent capturés par les Turcs aurait indiqué aux assaillants les endroits où il fallait piocher pour évacuer l’eau qui remplissait la douve entourant les murs de défense pour pouvoir entrer dans la cité. (trad. : Ioana Stancescu)

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