La déferlante IA : faut-il s’inquiéter ?
À l'heure actuelle, l'intelligence artificielle est omniprésente dans le monde. Certains la considèrent comme un outil pertinent, d'autres la craignent et pensent qu'elle pourrait nous voler nos emplois, et certains commencent à dénoncer les dérives qu'elle représente, notamment en terme d'uniformisation de la pensée d'une part, mais aussi de la perte d'autonomie...
Roxana Vasile, 04.02.2026, 12:29
Nous avons demandé à l’intelligence artificielle de décrire son fonctionnement ! Voici, en résumé, la réponse qu’elle nous a donnée : à l’aide de méthodes mathématiques et statistiques complexes (algorithmes) et de réseaux neuronaux, l’IA apprend à partir d’énormes ensembles de données, détecte des modèles et imite des capacités humaines telles que le raisonnement, la résolution de problèmes et la génération de contenu. L’intelligence artificielle apprend également de sa propre expérience, en ajustant automatiquement ses paramètres afin de minimiser ses erreurs et de devenir, au fil du temps, de plus en plus performante.
À l’heure actuelle, l’intelligence artificielle est omniprésente dans le monde. Dans le domaine de la technologie et de l’informatique, il existe les assistants virtuels Siri et Alexa. Grâce à l’IA, il est possible de créer des textes, des images, des productions audio ou vidéo, de reconnaître les visages et d’assurer la cybersécurité… Dans le domaine de la santé : diagnostic médical, recherche pharmaceutique ou suivi des patients… Dans le domaine des transports : voitures autonomes, optimisation du trafic ou drones… Dans le marketing et la vente : personnalisation du contenu, chatbot, prédiction du comportement des acheteurs… Dans la finance : détection des fraudes… Dans l’éducation : plateformes d’apprentissage en ligne ou évaluation automatique… Et ça ne s’arrête pas là !
Mircea Şcheau, président de l’Association roumaine pour la cybersécurité dans le cloud, parle de confiance en l’avenir.
« L’intelligence artificielle n’a pas de couleur. C’est la nature de la personne qui utilise, exploite et agit à l’aide de l’intelligence artificielle qui lui donne sa couleur. En fin de compte, nous revenons à ce paradigme : voulons-nous que l’intelligence artificielle vienne en aide à l’homme ? Certainement, oui. Il appartient aux « parents » d’éduquer ces « enfants » appelés modules d’intelligence artificielle, de décider s’ils les laisseront ou non sans surveillance dans l’espace public ! Je considère que l’intelligence artificielle représente l’une des étapes importantes franchies par l’humanité et j’ai confiance tant dans la pensée collective que dans la pensée critique de chacun d’entre nous. Nous avons dans notre ADN la capacité d’évoluer et nous évoluerons dans le bon sens, sans aucun doute. »
Une confiance aveugle ?
Et pourtant ! Quel serait le scénario négatif d’une utilisation malveillante de l’intelligence artificielle ?
« On peut imaginer un scénario négatif qui menerait à l’extinction de l’espèce humaine, si l’IA était utilisée de manière imprudente, dans un sens destructeur, par des groupes intéressés visant l’objectif que l’IA échappe au controle humain. Mais a contrario, imaginez ce que ce serait si chacun d’entre nous pouvait être diagnostiqué pour n’importe quel type de maladie en quelques minutes, grâce à un simple scan, par un module d’intelligence artificielle, et se voir administrer, si nécessaire, le traitement approprié pour éradiquer cette maladie. Tout cela relève de l’exercice d’imagination ! »
À Bucarest, les étudiants de l’université polytechnique étudient, testent et développent des applications d’IA. Mihnea Alexandru Moisescu, doyen de la faculté d’automatique et d’informatique, précise :
« L’intérêt de l’IA est énorme, car les applications basées sur des algorithmes d’intelligence artificielle ont prouvé qu’elles pouvaient apporter des solutions à des problèmes existants et être intégrées dans de nombreux domaines. Ces derniers temps, je ne pense pas qu’il existe un domaine dans lequel le besoin et la solution d’une application d’IA ne se soient pas fait sentir. Nos étudiants sont intéressés, ils sont captivés par ces opportunités. Certains s’orientent vers l’intégration de telles applications dans d’autres applications et d’autres vers la création d’applications directement dans le domaine de l’IA. »
Le tournant IA de la Roumanie
Pour le doyen de la Faculté d’automatique et d’informatique, c’est une nouvelle étape dans la révolution industrielle qui est franchie grâce au développement de l’intelligence artificielle. Il rappelle également que l’Université Politehnica et l’Institut national de recherche et de développement en informatique (ICI) de Bucarest construisent, dans le cadre d’un programme de l’Union européenne, une « usine d’IA », la première infrastructure nationale d’intelligence artificielle. Mihnea Alexandru Moisescu :
« Il existe déjà plusieurs initiatives dans le domaine de l’IA produites ou développées en Roumanie. Les travaux avancent à grands pas. L’université Politehnica abrite un pôle roumain dédié à l’intelligence artificielle, qui collabore avec de nombreuses universités roumaines à fort potentiel dans ce domaine. Nous avons maintenant un nouveau projet appelé « AI Factory », dont l’objectif est précisément de créer, autour d’un superordinateur doté de capacités d’IA, un écosystème d’entreprises, de start-ups, un écosystème impliquant des acteurs de la recherche qui créeront des applications basées sur l’IA ou, pourquoi pas, des IA compétitives créées en Roumanie. »
L’objectif de l’« AI Factory » est de développer des services et des infrastructures avancées dédiées à la recherche, au monde des affaires et au secteur public. Parmi les domaines prioritaires dans lesquels elles seront appliqués figurent la production et l’industrie, la cybersécurité, les sciences de la vie, les services publics numériques et les systèmes autonomes.
En bref, l’intelligence artificielle a le vent en poupe en Roumanie, même si son usage est parfois plus limité qu’ailleurs. Par exemple, une enquête PwC Workforce Hopes and Fears révèle qu’en 2025, seuls 44 % des employés roumains ont utilisé l’intelligence artificielle, contre 57 % en moyenne mondiale. Les plus assidus dans son utilisation sont les jeunes de la génération Z, c’est-à-dire ceux nés entre 1996 et 2012, la première génération de véritables natifs numériques, caractérisée par une connexion permanente à Internet et une utilisation intensive des réseaux sociaux. Ils sont suivis par les Milléniaux, nés entre 1981 et 1995 et qui ont grandi avec l’apparition d’Internet. Enfin, les derniers à utiliser l’IA sont les représentants de la génération X, les parents des Milléniaux, la génération des personnes nées entre 1961 et 1980. Pour les employés qui ont utilisé l’IA, l’impact est clairement positif : la qualité de leur travail s’est améliorée et ils ont gagné en créativité et en productivité.
Un regard pour le moins optimiste sur une technologie certes innovante, mais dont on ne connaît pas encore les conséquences à moyen et long terme.