Le Courrier des auditeurs du 06.03.2026
Valentina répond aux messages et questions des amis de RRI...
Valentina Beleavski, 06.03.2026, 10:09
Des voeux pour un printemps tranquille
Bonjour à toutes et à tous ! Comment allez-vous chers amis ? Officiellement le printemps est là. Il fait quand même assez froid, on porte encore nos manteaux, bottes et foulards, mais le soleil brille, la neige a fondu et, le plus important, c’est le mois de mars. Dans la conception collective des Roumains dès qu’on offre notre premier « martisor » le premier mars, cette petite amulette porte-bonheur avec son fil tressé rouge et blanc, donc dès que nous en avons offert le premier, le printemps est officiellement là.
En fait, le 1er mars, chaque « martisor » est accompagné de nos veux d’un beau printemps, on dit : « O primăvară însorită ! » – un printemps ensoleillé, « O primăvară frumoasă !» – un beau printemps. En plus, si on n’a pas l’occasion de rencontrer quelqu’un en personne pour lui offrir un martisor, alors ces dernières années, la technologie est là pour nous donner un coup de main. Du coup, on passe notre temps à envoyer des vœux de printemps sur Whatsapp, accompagnés de photos de perce-neiges, de martisors virtuels, voire de petites vidéos qui circulent pour l’occasion. Personnellement, cette année j’ai opté pour le vœu « O primăvară însorită și fără griji ! », un printemps ensoleillé et sans soucis, car on a tous vu ce qui s’est passé ce weekend au Moyen-Orient et ce qui s’y passe depuis.
Cela nous inquiète beaucoup, tous, puisque les conséquences directes sur nos vies semblent plus proches cette fois-ci. Vous l’avez déjà entendu dans nos Journaux d’informations, de milliers de Romains se retrouvent bloqués dans des villes de transit entre l’Europe et l’Asie, telles Abu Dhabi, Doha ou Dubaï. En début de semaine, il y en avait 14 000 aux Emirats Arabes Unis. Pourquoi ? Parce que ces dernières années, les Roumains ont pris le goût de voyager de plus en plus loin. Les pays d’Asie les attirent particulièrement par leurs paysages exotiques. Et cette période de l’année l’une des plus propices pour découvrir la Thaïlande, le Japon, le Singapour et autres. Les pays du Golfe tels les Emirats Arabes Unis ou le Qatar attirent aussi par leur luxe et leurs loisirs. Qui plus est, Dubaï s’avère aussi un véritable paradis pour les influenceurs. Cela explique en bref pourquoi tant de Roumains se sont retrouvés cette semaine sans la possibilité de rentrer au pays, alors qu’une guerre a éclaté dans une des zones les plus transitées du monde. Avec ou sans amis bloqués dans la zone de conflit, on est tous plutôt inquiets ces jours-ci… Ceci dit, j’arrête de bavarder, pour laisser la parole aux amis de RRI !
Raphael Voydis de France
Je salue Raphael Voydis de Dax, en France, notre nouvel ami qui nous a rendu visite en janvier à la rédaction et qui nous gâte chaque semaine de nombreux messages. Cette fois-ci, j’aimerai partager avec vous un message où il parle des Roumains et de la Roumanie, pour changer un peu d’atmosphère et recommencer à voir les choses dans une lumière plus douce. C’est en décembre, que Raphaël nous écrivait le message suivant :
« RRI en ce moment diffuse des interviews des étudiants sur ce qu’ils pensent de la Roumanie, et j’ai écouté celui de mon cher Julien, et tout le monde le sait, je suis toujours là pour donner mon avis sur ce qu’ils font, surtout Julien qui a le même âge que moi (Si j’ai bien entendu il a 20 ans comme moi) (…) Mon cher Julien, j’ai énormément aimé ton passage ou tu donnes ton avis sur la Roumanie, tu montres une chose très importante : La Roumanie est un très beau pays ! En France les gens ont l’habitude de critiquer la Roumanie, de dire n’importe quoi, alors qu’ils y sont jamais allés ! (…) Je sais que les Roumains sont de très bonnes personnes, accueillantes, gentilles et là pour nous aider, et sincèrement, si je peux, je vivrais en Roumanie (…) ! »
Merci cher Raphaël pour tes mots si gentils sur la Roumanie, écrits même avant ton voyage à Bucarest. C’est vrai que les idées reçues persistent, c’est vrai que notre pays reste assez méconnu pour un nombre de gens non négligeable. Alors notre mission à RRI est d’autant plus importante : de continuer à faire connaître la Roumanie et ses habitants, ses traditions, ses paysages, sa culture et sa vie quotidienne.
Philippe Marsan de France
Toujours en décembre, Jacques Augustin et Philippe Marsan nous remerciaient pour l’interview pour le Courrier des auditeurs.
« Un effet magique d’entendre sa voix via la diffusion en ondes courtes ! », selon M Marsan.
« Je vous remercie de tout coeur pour cet échange sympathique et félicite Radio Roumanie Internationale pour se tenir si près de ses auditeurs d’autant que je ne connais pas d’autres stations européennes pratiquant ces interviews », précise à son tour Jacques Augustin.
Chers amis, c’est nous vous remercions à toutes et tous d’avoir accepté notre proposition de parler pour le Courrier des auditeurs.
Jacques Augustin de France
Et c’est toujours Jacques Augustin qui nous disait dans un email de janvier : « Beaucoup de joie en suivant les émissions en français de Radio Roumanie Internationale diffusées sur ondes courtes. Le voyage nous est offert pour écouter les diverses chroniques dont « Visiter la Roumanie ». Laissons-nous guider à Arad pour aller ici et là avec quarante monuments. (…) Dans l’émission outre le Courrier des Auditeurs, j’ai beaucoup apprécié « Jazz Roumain » avec une association originale entre le saxophone et la clarinette. L’entretien avec Jean-Marc Olry s’avéra intéressant pour savoir comment il découvrit RRI, mais la réception n’était guère parfaite comme habituellement. Avant de terminer, j’aurais aimé savoir s’il existe une fleur nationale en Roumanie et des floralies sont-elles organisées? »
Merci une fois de plus, M Augustin. Et votre question tombe parfaitement bien pour ce Courrier de début mars. Effectivement, la Roumanie a désormais une fleur nationale. C’est assez récent, car c’est à peine en 2022 que ce choix fut réalisé.
La fleur nationale de la Roumanie
De quelle fleur s’agit-il ? Alors je vous tiens un peu en suspens : c’est une fleur de fin de printemps, aux couleurs rose, blanche ou rouge bordeaux, aux pétales délicates et qui nous séduit par un des parfums les plus forts et les plus fins que l’on puisse imaginer. Vous l’avez deviné ? C’est bien de la pivoine qu’il s’agit. La pivoine (bujor, en roumain) a été désignée la fleur nationale de la Roumanie aux termes de la Loi nr 285/2022 promulguée en octobre 2022. Connue, comme je le disais, pour son parfum et sa beauté, cette fleur pousse tout naturellement dans plusieurs réserves naturelles à travers notre pays. Elle est devenue ainsi un nouveau symbole de la tradition et de l’identité roumaine.
En fait ce n’est pas un hasard que la pivoine ait été choisie pour représenter la Roumanie dans toute sa beauté. Cette décision a été le résultat d’une ample recherche, étant fondée sur des arguments solides de nature biologique, écologique, esthétique et identitaire, lit-on dans un article publié sur le site de la Faculté d’Horticulture de Bucarest.
Cinq espèces spontanées et trois espèces cultivées
En fait, pas moins de 5 espèces de pivoine sont recensées en terre roumaine, des fleurs qui poussent toutes spontanément, sans être cultivées. On peut les retrouves dans plusieurs régions du pays : dans l’ouest au Banat, dans le sud-est en Dobroudja, dans le sud en Olténie, au centre en Transylvanie et même dans l’est en Moldavie roumaine. Les 5 contrées mentionnées donnent à chacune des 5 espèces de pivoine sa spécificité, grâce aux propriétés du sol et du climat. S’y ajoutent 3 autres espèces cultivées. Somme toute, la Roumanie s’enorgueillit d’une centaine de variétés de pivoines qui témoignent de sa richesse naturelle formidable.
Les symboles de la pivoine
Pour les Roumains, cette fleur lie également son nom à de nombreuses traditions, étant bien présente dans le folklore roumain. Dans la tradition populaire la pivoine est associée avec la beauté physique et spirituelle, avec la santé, la vitalité et la pureté, précise l’article que je viens de mentionner. Elle est très souvent mentionnée dans la musique traditionnelle, dans la littérature et fréquemment représentée dans différentes formes des arts visuels, notamment dans l’art décoratif traditionnel. Au fil du temps, la pivoine a été évoquée par les poètes roumains, les peintres, les maîtres artisans, autant d’artistes qui ont gardé vive l’image de cette superbe fleur dans le mental collectif roumain.
La médecine traditionnelle n’a pas contourné elle non plus cette fleur. Bien au contraire, elle a profité de ses valeurs thérapeutiques pour traiter plusieurs affections, d’où le surnom de « fleur de la santé » donné à la pivoine. En témoigne aussi l’expression « des joues comme des pivoines », qui renvoie à la couleur rouge des joues d’une personne qui regorge de vitalité.
Bref, la pivoine n’est plus une simple jolie fleur parfumée pour les Roumains. Elle est désormais le symbole de notre identité nationale. Alors, ce printemps, lorsque vous achetez votre premier bouquet de pivoines, sentez leur parfum, admirez leurs pétales et pensez à la Roumanie.
Sur cette note optimiste notre Courrier touche à sa fin. Je suis ravie d’avoir pu, grâce à vous, amis de RRI, consacrer cette émission aux belles facettes des Roumains et de la Roumanie. Evidemment, notre équipe continuera à le faire dans toutes ses autres émissions. Restez donc à l’écoute de RRI !