Le courrier des auditeurs du 17.04.2026
Ioana répond à vos lettres et à vos messages
Ioana Stăncescu, 17.04.2026, 10:49
Madame, Monsieur, bonjour ou bonsoir. Comment allez-vous ? J’espère que l’actuelle édition du courrier vous trouve en parfaite forme, car nous avons plein de choses à discuter aujourd’hui. D’abord, sur les superstitions, sur une proposition de Monsieur Philippe Marsan, de Biganos, en France.
« La Roumanie, entre magie et ésotérisme »
Hé bien, selon un sondage INSCOP Research réalisé en octobre dernier et intitulé « la Roumanie, entre magie et ésotérisme » pour plus de 75 % des Roumains la chance joue un rôle très important dans la vie. Voilà pourquoi, 7 Roumains sur 10 croient en toute sorte de superstitions ou investissent différents objets de pouvoirs magiques. 30% des Roumains craignent les chats noirs, persuadés qu’ils portent malheur et restent vigilants les vendredis ou mardis 13.
Contrairement à ce que l’on pourrait imaginer, les plus superstitieux des Roumains sont les jeunes de moins de 29 ans. 42 % d’entre eux font confiance aux prévisions astrologiques et 40% d’entre eux se disent persuadés qu’il existe des énergies invisibles à même d’influencer leur santé. 4 Roumains sur 10, la plupart habitant Bucarest, soutiennent qu’il existe parmi nous des personnes dotées de capacités spéciales, à même de guérir par l’énergie de leurs mains ou de prédire l’avenir. 21 % de mes compatriotes croient encore qu’il existe des esprits et des fantômes qui interagissent avec notre monde.
Les électeurs du PSD, plus superstitieux que les autres
Le sondage INSCOP a évalué les convictions des Roumains en fonction aussi de leur couleur politique. Ainsi, sur les 75% Roumains qui pensent que la chance joue un rôle important dans la vie, la plupart sont des hommes vivant à Bucarest, ayant voté pour le Parti social démocrate. Au pôle opposé, on retrouve les électeurs de l’USR, pour lesquels la chance n’a pas un rôle si important.
31,1 % des Roumains estiment qu’il vaut mieux tenir compte des superstitions en matière de santé, 9,9 % en matière d’amour ou de relations, 9,3 % en matière de carrière ou d’emploi, 8,7 % dans les décisions quotidiennes, en général, 7,7 % en matière d’argent, et 3,9 % quand il s’agit de passer des examens, des entretiens d’embauche et des concours.
Quelles sont donc les superstitions les plus habituelles chez les Roumains ? 15,8% des Roumains sont persuadés que les chats noirs portent malheur et donc, ils les évitent. N’empêche, si vous avez la malchance de croise sur votre chemin un chat noir, il faut reculer de trois pas et cracher par-dessus l’épaule et voilà, plus de risque pour vous. 22,3% de mes compatriotes pensent que faire demi-tour porte malheur, tandis que 13% des sondés sont persuadés que les mardis ou vendredis 13 portent malheur et évitent d’y programmer des événements importants. A la différence des Français, pour les Roumains superstitieux le vendredi 13 est un jour fatal, un jour de malheur, où les problèmes s’enchaînent et les projets tombent à l’eau. Donc non, personne ne joue à la loterie ce jour-là. Et puis, 3,7 % de mes compatriotes évitent de passer sous une échelle, car, disent-ils, des malheurs risquent de se produire le jour même.
Concernant les différentes pratiques de magie, 6,4 % des Roumains déclarent avoir déjà fait appel à une tireuse de carte, liseuse de bonne aventure ou sorcière qui prédit l’avenir, tandis que 93,5 % affirment ne l’avoir jamais fait.
Ce sont surtout les électeurs du PSD et les personnes à un niveau d’éducation plutôt inférieur qui ont déjà fait appel à des personnes considérées comme des « sorcières » ou des « guérisseuses ». Au pôle opposé, on retrouve l’électorat de l’USR et les habitants de Bucarest, la capitale pour lesquels de telles pratiques tiennent de l’escroquerie.
55,6 % des Roumains pensent que l’IA sert à les manipuler
Selon le sondage INSCOP, 50,8 % des Roumains s’appuient davantage sur la raison et la science lorsqu’il s’agit de prendre une décision importante, tandis que 43,8 % se tournent vers la foi et la tradition. Les chiffres en ce sens sont révélateurs : 58 % des électeurs proches du PSD pensent qu’en Roumanie, il y a des lieux « chargés d’énergie » qui influencent l’état d’esprit des gens, et 26,1 % des personnes interrogées pensent que « l’homme n’est jamais allé sur la Lune, tout cela n’était qu’une mise en scène ». Enfin, 40,1 % des sondés affirment que « Les vaccins sont utilisés pour contrôler la population » et 22,4 % des personnes interrogées sont persuadés que les extraterrestres ont déjà visité la Terre et que les gouvernements ne veulent pas le reconnaître. 55,6 % des Roumains pensent que les technologies modernes (5G, intelligence artificielle) sont utilisées pour manipuler la population.
Selon les sociologues, l’une des raisons pour lesquelles les Roumains adhèrent aux superstitions et aux croyances occultes pourrait être liée à une stratégie compensatoire face à l’insécurité socio-économique. En l’absence de repères institutionnels stables, les individus font recours à des explications métaphysiques pour donner un sens à des événements imprévisibles et pour restaurer un sentiment de prédictibilité et de contrôle. Malheureusement, au cours de ce processus, une grande partie de la population devient vulnérable à toute sorte de théories conspirationnistes et de complot absurdes, dont certains extrêmement dangereux, parfois pour la santé publique.
Voilà, cher Philippe Marsan, quelques informations sur les superstitions en Roumanie. J’espère que cette réponse vous a plu et à bientôt de vous lire!
Bonjour, cher Pascal Nicol, de Menton. Comment allez-vous? Nous sommes forts contents de vous savoir à l’écoute de nos émissions, que vous trouvez claires et agréâbles et d’apprendre que la réception était très bonne de votre côté. A notre tour, on vous remercie de votre présence et fidélité et on vous souhaite une excellente continuation. Une carte QSL se dirigera bientôt vers vous!
La neige des agneaux
Dirigeons-nous en Afrique pour saluer notre cher ami Amady Faye, du Sénégal. Comment ça va ? Dans un de vos messages de date récente, vous vous intéressez aux épisodes d’hiver en plein printemps et vous vous interrogez si de tels phénomènes existent en Roumanie aussi. Et oui, cela existe et même si les changements climatiques sont responsables pour la plupart des perturbations météorologiques, avoir de la neige en mars ou avril c’est un phénomène rencontré même à l’époque de mes grands parents. D’ailleurs, dans la tradition populaire, cet épisode neigeux porte même un joli nom, à savoir la neige des agneaux. Merci de continuer à écouter nos émissions et à bientôt sur nos ondes !
Le Festival du livre de Paris
Chers amis, on ne saurait terminer l’actuelle édition du courrier sans vous lancer une invitation, notamment à ceux d’entre vous qui habitent Paris ou les alentours. Car, ce weekend, du 17 au 19 avril, le Grand Palais accueille une nouvelle édition du Festival du livre. L’occasion pour l’Institut culturel roumain et l’Ambassade roumaine en France de faire venir toute une pléiade de grands noms de la littérature roumaine dont les romans sont disponibles en français. Donc, n’hésite pas de vous rendre au stand de la Roumanie NC32 pour rencontrer nos auteurs et vous faites dédicacer leurs livres. Vous aurez la chance de rencontrer en chair et en os des écrivains dont on a déjà parlé à plusieurs reprises sur les ondes de Radio Roumanie Internationale, tels Gabriela Adamesteanu, Mircea Cartarescu, Daniela Ratiu, Ioana Nicolae, Bogdan Alexandru Stanescu, Radu Gavan, Matei Visniec, Corina Ozon, Sylvain Audet Gainar, Maria Surducan ou encore Doina Lemny, pour ne vous donner que quelques exemples. Une occasion pour mieux découvrir la littérature roumaine. Qui sait, peut-être qu’un jour vous trouverez aussi mes deux romans traduits en français. Pour l’instant, le deuxième paraîtra bientôt en espagnol.
Notre édition de cette semaine touche à sa fin. Ioana vous remercie de votre attention et vous donne rendez-vous au micro du courrier dans un petit mois. En attendant, prenez soin de vous et restez à l’écoute de RRI !