Le courrier des auditeurs du 30.10.2026
Andra répond à vos messages
Andra Juganaru, 30.10.2026, 10:15
Madame, Monsieur, soyez les bienvenus, d’où que vous nous rejoigniez sur les ondes. Je suis Andra et c’est un véritable plaisir pour moi d’accueillir notre communauté d’auditeurs sur les ondes de RRI dans le cadre du Courrier des auditeurs, la rubrique qui donne la parole à vous, chères auditrices et chers auditeurs.
J’espère que l’automne vous apporte beaucoup de sérénité. Le mois d’octobre est un mois de transition, marqué par les belles couleurs automnales et, en Roumanie, par une deuxième rentrée. En effet, après la rentrée des classes en septembre, le 1er octobre a eu lieu la rentrée universitaire.
Historiquement, le mois d’octobre porte dans son nom les vestiges de l’ancien calendrier romain. Son appellation dérive du latin « octo », qui signifie « huit ». Lorsque l’année romaine débutait au mois de mars, octobre occupait tout simplement la huitième position.
En Roumanie, le mois d’octobre est lié à l’un des moments les plus fastueux et symboliques de son histoire moderne. Le 15 octobre 1922 a eu lieu la cérémonie de couronnement du roi Ferdinand Ier et de la reine Marie en tant que souverains de la Grande Roumanie. L’événement s’est déroulé à Alba Iulia, ville chargée d’histoire, au cœur d’une cathédrale majestueuse érigée spécialement pour l’occasion en un temps record. Survenu quelques années après la fin de la Première Guerre mondiale et l’union des provinces roumaines de 1918, ce couronnement a scellé l’unité nationale devant une foule enthousiaste et en présence des représentants de nombreuses familles royales européennes.
Sur le plan spirituel et traditionnel, octobre est marqué aussi par la Saint Démètre de Thessalonique, célébrée le 26 octobre. Officier romain du début du IVe siècle, Démètre fut martyrisé à Thessalonique pour avoir refusé de rejetter sa foi chrétienne durant les violentes persécutions ordonnées par l’empereur Maximien (240-310). Ces persécutions sanglantes ont été arrêtées quelques années plus tard à l’époque de l’empereur Constantin. Devenu l’un des saints mégalomartyrs les plus vénérés du monde orthodoxe, Saint Démètre occupe une place majeure dans le folklore roumain où sa fête marque symboliquement le début de l’hiver pastoral et le retour des troupeaux du haut des montagnes.
Si l’on remonte au fil de l’Antiquité, il faut dire que le mois d’octobre a été le théâtre d’un tournant décisif. Deux jours seulement après la mort de saint Démètre (le 28 octobre 312) a eu lieu la bataille du pont Milvius, aux portes de Rome. Elle a opposé l’empereur Constantin le Grand (272-337) à son rival Maxence (vers 278-312). Cette confrontation a contribué à mettre fin à la Tétrarchie, c’est à dire au système politique instauré par Dioclétien (244-312) en 293, pour diviser le gouvernement de l’Empire romain entre deux empereurs principaux (Augusti) et deux empereurs adjoints (Caesares). Conçu pour stabiliser l’Empire, ce système s’est rapidement effondré sur toile de fond des rivalités de pouvoir et des ambitions personnelles des différents leaders.
Selon l’écrivain chrétien Lactance (ca. 250-325), contemporain de la bataille du pont Milvius, Constantin aurait reçu en songe l’instruction de marquer les boucliers de ses soldats du signe du Chrisme. Il s’agit du monogramme composé des lettres grecques Chi et Rho, les deux premières lettres du mot Christ. Ce n’est que plus tard que les récits de l’historien Eusèbe de Césarée (265-341) ont popularisé la légende d’une vision céleste représentant une croix de lumière accompagnée de la célèbre formule « Par ce signe, tu vaincras » (In hoc signo vinces). La victoire écrasante de Constantin a non seulement mis fin à la guerre civile romaine, mais elle a surtout ouvert la voie à la promulgation de l’édit de Milan l’année suivante, en 313. Cet édit a accordé la liberté de culte aux chrétiens, mettant un terme définitif aux persécutions impériales, précisément à celles pendant lesquelles saint Démètre est devenu martyr. Ce moment a inspiré d’innombrables œuvres d’art. Par exemple, l’image des monumentales fresques de la Bataille du pont Milvius peintes par l’atelier de Raphaël au Vatican, qui immortalisent la fureur du combat.
Sur ce, notre incursion historique dans les repères du mois d’octobre touche à sa fin, pour laisser la place à vos messages, nos amis de RRI.
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Paul Jamet, France
Meilleures salutations de la part de toute l’équipe à monsieur Paul Jamet de France qui nous a envoyé un lien vers un podcast très intéressant sur « deux sculptures de Constantin Brancusi vendues pour acheter puis ranimer les vieilles pierres d’une abbaye endormie jusqu’à l’accueil des premiers visiteurs en 1970 ». J’ai inclus le lien vers le podcast sur notre site afin que tous nos auditeurs puissent s’en délecter.
Philippe Marsan, France
Monsieur Jamet nous a avoué avoir parlé avec Monsieur Philippe Marsan de France, auquel nous transmettons aussi toutes nos salutations. « Hier, j’ai eu un échange téléphonique avec Philippe Marsan et nous étions d’accord l’un comme l’autre pour dire que RRI – malgré un contexte pas forcément facile – offrait des émissions de qualité à son auditoire … Vos derniers stagiaires ont vraiment réalisé des émissions intéressantes. De plus, ai-je ajouté, RRI est une station qui nous informe souvent sur les affaires européennes, à la limite plus qu’une station française ! » Un chaleureux remerciement à vous deux, Messieurs Jamet et Marsan, pour vos appréciation qui nous encouragent à poursuivre notre travail.
Jacques Augustin, France
Toutes nos pensées vont également à monsieur Jacques Augustin de France qui nous a envoyé une série intéressante de questions : je cite « L’Europe et l’OTAN? deux chapitres Importants auxquels Il convient d’associer la Roumanie .Mais que dirait Ovide en voyant la situation actuelle? Je crois que la déesse Athéna fondrait en larmes ou partirait au combat pour préserver la liberté que défend l’Ukraine où Trump et Poutine concluent des marchés provoquant et accentuant la crise .Mais les carburants se révèlent-ils moins onéreux en Roumanie qu’en France? Le pays importe-t-il ses hydrocarbures de Russie, du Moyen-Orient ou d’ailleurs? »
Eh bien, Ovide (43 av. J. Ch. – 17/18 après J. Chr.) a été exilé à Tomis (l’actuelle ville de Constanta sur la côte de la Mer Noire en Roumanie) par l’empereur Augustus (63 av. J. Ch. – 14 après J. Ch.) dans un contexte d’un climat politique hostile. Dans Tristia, une collection de 50 poèmes répartis en cinq livres écrits en distiques élégiaques, il décrit, entre autres, la menace constante d’invasions violentes par les tribus voisines (les Gètes et les Sarmates). Je ne peux que l’imaginer le pauvre Ovide, regardant l’Ukraine et la région de la Mer Noire d’aujourd’hui, et plaignant en vers la guerre et la nostalgie de la paix.
Quant aux prix des carburants, les Roumains paient pour un litre d’essence ou de diesel plus de 10 lei, c’est-à-dire plus de 2 euro. La situation de la production locale et de l’importation est plus complexe. Alors que la Roumanie produit une partie de son pétrole brut, elle a un déficit de capacité de raffinage (notamment avec l’arrêt de Petromidia et Petrotel, ainsi que la réduction d’activité à Petrobrazi). Elle est, donc, contrainte d’importer du gazole fini depuis la Grèce, la Turquie ou l’Inde. Ce sont les données présentées en mars dernier par economedia.ro.
Si on parle du gaz, la situation est plus stable. La Roumanie est le plus grand producteur de gaz de l’UE et, grâce au projet Neptune Deep, el pourrait accroitre considérablement sa capacité de production à partir de 2027.
Jean-Marc Olry, France
Enfin, merci à Jean-Marc Olry de France pour ses questions très intéressantes.
« Ce jour là, j’étais allé à Saint Dié des Vosges sur le Festival de Géographie. J’ai pu assister à plusieurs conférences dont beaucoup concernaient la Roumanie et la Mer Noire.
Au fil des conférences, j’ai entendu l’inquiétude générée par le niveau du Danube … mais je me demande ce que pourraient être les conséquences sur le delta à moyen ou long terme; avez vous des infos à ce sujet ?
Il était beaucoup question de géopolitique au FIG; mais les ondes courtes, on en parle pas. Vous émettez vers le monde entier dans de nombreuses langues dont celles de pays avec lesquels les relations sont tendues voire hostiles; avez vous une ligne éditoriale, êtes vous contraints de vous adapter ? De fait, vous êtes « en concurrence » avec la désinformation; avez-vous des retours des auditeurs de ces régions ? »
Je comprends très bien votre inquiétude quant au niveau du Danube. En fait, nous recevons chaque jour un bulletin hydrologique de la part des institutions compétentes, pour le lire à une autre station de Radio Roumanie. J’ai constaté chaque jour des niveaux très bas, même négatifs, ainsi que beaucoup de points difficiles (plus d’une vingtaine) pour la navigation. Les conséquences en sont dramatiques. La baisse récurrente des débits du Danube, due non seulement aux sécheresses prolongées en Europe centrale de cet été, mais aussi aux températures trop élevées, a réduit l’apport en eau douce. Cela entraîne une chute des niveaux d’oxygène dans les canaux secondaires, ce qui provoque une mortalité piscicole et menace la biodiversité. D’ailleurs, lorsque le débit du fleuve diminue, l’eau salée de la Mer Noire pénètre plus profondément à l’intérieur des bras du Delta, notamment par le bras de Sulina. Cette salinisation perturbe gravement les écosystèmes d’eau douce ainsi que les réserves d’eau potable des communautés locales, de Sulina et de Sfântu Gheorghe.
Quant à notre politique éditoriale, même si la Radio publique roumaine et directement financée par les fonds gouvernementaux, notre liberté éditoriale est garantie. Notre équipe suit les principes déontologiques du journalisme rendu au service du public, garantissant la transmission d’informations vérifiées, correctes et équilibrées. Contrairement à l’internet ou au satellite, les ondes courtes franchissent les frontières physiques et toute forme de censure.
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Chères et chers auditrices et auditeurs, je suis Andra et je vous remercie de nouveau pour vos messages, questions, rapports d’écoute et pensées pour l’équipe. Je vous souhaite un très bel automne, plein de sérénité. A bientôt !