Inquiétudes face à la flambée des prix alimentaires
La flambée des prix des produits alimentaires se poursuivra en Roumanie sur toile de fond du conflit au Moyen-Orient.
Mihai Pelin, 17.04.2026, 13:35
Selon les données de l’Institut national de la statistique en Roumanie le rythme decroissance du tauxd’inflation aprogressé aussi en mars dernier. La Roumanie reste le pays de l’UE affichant le taux d’inflation le plus élevé, touchant les 9,87 % en mars dernier, lorsque les prix des services ( + 11,05 %), des biens non alimentaires ( + 10,89 %) et des produits alimentaires ( + 7,67 %) ont augmenté. Il s’agit du huitième mois consécutif durant lequel le taux annueld’inflation se maintient au-dessus de 9 %, après une période de légère baisse. En moyenne, les prix de plusieurs biens ont légèrement augmenté par rapport à février, tandis que d’autres catégories de biens ont enregistré des hausses significatives. L’augmentation de prix la plus forte a été celle des carburants, soit d’environ 6,5 %, à cause du conflit en Iran. Les prix des produits alimentaires ont également augmenté, notamment dans le cas des produits de base. Le sucre a augmenté de 11 %, le lait de 9 %, la viande de volaille de près de 8 %, l’huile de plus de 7 % tandis que le fromage a augmenté de plus de 6 %. Selon les analystes cette tendance à la hausse se poursuivra au moins jusqu’à la mi-année.
Dragos Frumosu, président de la Fédération nationale des syndicats de l’industrie alimentaire, a déclaré que la Roumanie traversait une période très difficile, tant pour l’industrie que pour les consommateurs. Pourquoi ? C’est Dragos Frumosu qui nous explique :
« Parce que les prix ont augmenté. Les effets négatifs de ces hausses se font sentir tant pour le producteur que pour le transformateur. Les ventes diminuent à cause du pouvoir d’achat faible, ce qui entraîne des pertes. Les commerçants essaient de ne pas augmenter les prix tant qu’ils réussissent à faire profit. Lorsqu’ils atteignent le seuil de rentabilité, il est logique qu’ils revoient leurs calculs. C’est pourquoi les hausses des prix apparaissent avec des taux et à des moments différents pour le consommateur. Comme je le disais, le pouvoir d’achat est très faible, ce qui oblige les gens à acheter des aliments plus chers, à réduire leurs achats et, enfin, le problème qui m’inquiète le plus, à se tourner vers des produits moins chers, mais de moindre qualité. »
Dragos Frumosu a également expliqué que certains producteurs résistaient encore sur le marché, mais que de nombreuses petites et moyennes entreprises n’avaient pas pu faire face à l’impact et que beaucoup d’entre elles avaient dû déposer le bilan. Cela engendre également des pertes pour le budget de l’Etat, a-t-il ajouté.
Prévisions pessimistes
Rappelons-le, la Banque nationale de Roumanie a revu à la hausse ses prévisions d’inflation pour fin 2026, de 3,7 % à 3,9 %. Elle a également annoncé que le taux d’inflation devrait augmenter d’ici juin, atteignant des valeurs supérieures aux prévisions, surtoutà cause des répercussions attendues de la hausse des prix des carburants, dans un contexte d’une flambée des prix du pétrole et du gaz naturel liée au conflit au Moyen-Orient.
Par ailleurs, la Banque mondiale a revu à la baisse ses estimations de croissance pour l’économie roumaine cette année, de 1,4 % à 0,7 %.