Réforme majeure des entreprises d’Etat
Le gouvernement de Bucarest entame une réforme majeure des entreprises publiques inefficaces, inactives et fortement endettées
Corina Cristea, 17.04.2026, 13:58
Alors que des dizaines d’entreprises publiques roumaines rapportent des pertes historiques, l’exécutif de Bucarest prépare une réforme majeure. Ce projet pilote, cible 22 entreprises des secteurs de l’énergie, des transports et de l’industrie, a déclaré la vice-Première ministre Oana Gheorghiu. Elle a expliqué que les mesures visaient, selon les cas, à liquider, restructurer, consolider ou coter en bourse ces entreprises. La liste sera soumise au gouvernement qui doit l’adopter sous forme de mémorandum. La Roumanie compte plus de 1 500 entreprises publiques, dont beaucoup enregistrent des pertes historiques, s’élevant à environ 14 milliards de lei (l’équivalent d’environ 2,7 milliards d’euros), a précisé la vice-Première ministre Oana Gheorghiu. Elle a expliqué que cette réforme impliquait que l’État roumain commence à se comporter comme un propriétaire responsable, connaissant précisément le nombre d’entreprises qu’il possède, le rôle de chacune, le coût de l’inaction et les décisions à prendre. Oana Gheorghiu (track) : « Certaines entreprises doivent être consolidées car elles jouent un véritable rôle stratégique, d’autres doivent être transformées ou restructurées, d’autres doivent être intégrées, et d’autres encore doivent être fermées, d’une manière disciplinée, car leur maintien sous leur forme actuelle ne sert ni l’intérêt public, ni l’économie et ni le contribuable. » a déclare la vice-première ministre roumaine. Elle a ajouté qu’il s’agissait de véritables trous noirs pour l’éconmie roumaine et que le problème n’était point comptable. Ces compagnies ne peuvent pas être traitées d’une manière unitaire – certaines sont des infrastructures critiques dont la continuité est essentielle, d’autres sont des plateformes industrielles stratégiques dont la valeur ne peut pas être estimée exclusivement d’une manière financière, d’autres encore sont des entités commerciales ou de véhicules résiduels qui impliquent des couts pour le budget public chaque jour qu’une décision n’est pas prise.
Une dette enorme
Les 22 entreprises du groupe pilote ont accumulé, au cours de la dernière année fiscale, une dette au budget d’environ 4,2 milliards de lei et, de surcroît, des pertes nettes d’environ 1,1 milliard de lei, a déclaré la vice-Première ministre Oana Gheorghiu. Elle a précisé que c’était la facture annuelle que supportent les Roumains, et ce, parce que l’État n’a pas encore entrepris de réformes. Dans une publication sur ses réseaux sociaux, le Premier ministre libéral Ilie Bolojan a expliqué que certaines entreprises d’infrastructures critiques, telles qu’ELCEN, Oil Terminal ou CFR SA, bénéficieront d’investissements, et que pour Avioane Craiova ou Romaero, une meilleure exploitation du potentiel industriel est envisagé. Les entreprises en difficulté, telles que CFR Călători, Metrorex ou TAROM, entameront un processus de redressement opérationnel. Parallèlement, une liste d’entreprises qui seront cotées en bourse, par le biais de la vente de participations minoritaires, est en cours d’élaboration ; parmi elles figurent Hidroelectrica, Romgaz et CEC Bank. Dans une réaction ultérieure, le PSD, partenaire de la coalition gouvernementale, au côté des libéraux, a annoncé rejeter catégoriquement la vente d’entreprises stratégiques de l’État roumain, tout en soutenant la nécessité de restructurer certaines entreprises publiques. Ce message des sociaux-démocrates intervient dans un contexte de dégradation de l’équilibre politique au sein de la coalition gouvernementale à Bucarest.