Quel impact du conflit au Moyen Orient sur le tourisme ?
Sans doute, le conflit au Moyen Orient a frappé de plein fouet le tourisme, si bien que l’on voit déjà les tendances changer. Enquête.
Eugen Cojocariu, 26.04.2026, 10:22
Des Roumains bloqués à l’étranger au moment où la guerre en Iran a éclaté
Le conflit au Moyen Orient n’est pas sans conséquences sur le tourisme. On l’a vu dès le premier jour, lorsque des milliers de Roumains se trouvant en vacances à l’étranger, surtout dans les pays du Golfe ou des pays asiatiques plus éloignés, ont eu de grandes difficultés à rentrer au pays, nécessitant même des rapatriements opérés par le biais des autorités roumaines. A préciser qu’en Roumanie c’était même la fin d’une période de vacances scolaires, lorsqu’on organise des voyages scolaires, y compris à l’étranger, et lorsque de nombreuses familles ont l’habitude de faire des escapades dans des pays qui ne sont pas recommandés à d’autres saisons.
Des coûts à la hausse
Sans doute, le conflit au Moyen Orient a frappé de plein fouet le tourisme, si bien que l’on voit déjà les tendances changer. Partout dans le monde, de nombreux touristes ont annulé leurs séjours ou ont décidé de changer de destination. Eviter les zones à risque n’est pas le seul problème. Les coûts des vacances sont également à la hausse, sur toile de fond des pressions sans précédent sur le marché du pétrole, qui entrainent la hausse des tarifs du transport aérien. Tout cela pousse les Européens à se réorienter vers des destinations alternatives, plus accessibles, y compris des séjours à l’intérieur de leur propre pays, comme le constate une enquête réalisée par un site d’investissements financiers.
Des touristes plus prudents
Et la Roumanie n’y fait pas exception. Des tendances similaires y sont constatées par les spécialistes du domaine. Selon les données fournies par la presse locale, les touristes roumains portent désormais une attention accrue à la sécurité des destinations exotiques et sont plus prudents au moment où ils prennent leurs décisions en matière de voyage. Les destinations internes ont regagné leur intérêt : les vacances de la Pâque orthodoxe en sont la preuve, lorsque les Roumains ont privilégié les stations de montagne locales, le littoral roumain ou encore le delta du Danube. Même parmi ceux qui avaient déjà prévu de voyager plus loin, près de la moitié ont affirmé préférer se réorienter vers une destination locale ou européenne si la situation géopolitique s’aggravait. Seuls 15 % des personnes interrogées garderaient la destination initiale et 14 % prennent en calcul un ajournement, voire une annulation de leur séjour. Seulement 22 % des Roumains questionnés ne souhaitent pas changer de plans de vacances.
De nouvelles tendances
Les incertitudes internationales, la baisse de la valeur des chèques-vacances et la célébration plus tôt que d’habitude de la Pâque orthodoxe – sont autant de raisons qui ont déterminé un changement de comportement dans les rangs des touristes roumains, selon les récentes enquêtes spécialisées. Plus concrètement, ils achètent moins de séjours à l’avance, en privilégiant les offres de « dernière minute », comme l’explique le vice-président de l’Association nationale des Agences de Tourisme (ANAT), Adrian Voican. Prenons toujours l’exemple des vacances de Pâques. C’est à cause des incertitudes internationales que de nombreux Roumains ont changé leurs destinations exotiques pour des pays d’Europe, tels l’Espagne, la France et l’Italie. En fait, ils sont de plus en plus nombreux à renoncer au Moyen Orient et à l’Asie, en faveur de l’Amérique du Sud, précise encore Adrian Voican.
Davantage de touristes étrangers en Roumanie
En fait, il remarque aussi une chute de l’appétit des Roumains pour des séjours de vacances, doublé par une hausse de l’intérêt des touristes étrangers pour la Roumanie. Par exemple, en début de cette année, les statistiques faisaient état d’une hausse de 7 % des étrangers arrivés en Roumanie, une tendance qui ne semble pas s’estomper. Et pour cause. « La Roumanie est un pays sûr, membre de l’espace Schengen, et les gens vont opter de plus en plus pour l’Europe, et donc pour la Roumanie aussi. Pourtant, il ne faut pas s’attendre à un rythme trop rapide de ce phénomène, puisque la Roumanie n’a pas encore de stratégie précise, claire de promotion internationale », estime encore Adrian Voican, vice-président de l’Association nationale des Agences de Tourisme (ANAT).
Quelles autres destinations fascinent plus récemment les Roumains ?
Ce sont, par exemple des zones autour de la Méditerranée, telles aue l’Andalousie, les Pouilles ou les circuits culturels en Turquie, notamment en Cappadoce ou à Pamukkale. Du moins, ce sont les destinations se trouvant en tête de liste des vacances de Pâques, d’une agence de tourisme roumaine. Une autre énumère plusieurs villes où les Roumains ont fait de courts séjours, de 4-5 jours, ce printemps, à savoir : Athènes, Rome, Amsterdam, Barcelone et Madrid, avec un accent mis sur la détente, la visite des principales attractions touristiques et le shopping. Certains n’ont pas contourné l’aspect religieux de ces vacances et se sont tournés vers la Grèce par exemple, pays orthodoxe comme la Roumanie, où ils ont pu marier détente et traditions pascales. Enfin, le goût de l’inconnu reste assez fort chez les Roumains, toute une catégorie ayant opté pour des pays aux cultures très différentes, tels l’Egypte et le Sri Lanka ou pour des circuits du type Azerbaïdjan-Géorgie-Arménie ou encore Vietnam–Cambodge.
Autant de tendances en train de changer dans les rangs des touristes roumains sous la pression d’un contexte géopolitique tendu. (trad. Valentina Beleavski)