Collaboration entre le PSD et l’AUR pour une motion de censure.
En Roumanie, le parti parlementaire le plus important, le Parti social démocrate et le parti en tête des sondages d’opinion, l’Alliance pour l'Union des Roumains ont annoncé unir leurs forces afin de destituer le gouvernement minoritaire réunissant le Parti national libéral, l’Union Sauvez la Roumanie et l’Union démocrate magyare de Roumanie dirigé par le libéral Ilie Bolojan.
Ştefan Stoica, 28.04.2026, 13:30
Les sociaux-démocrates ont fait jusqu’à très récemment partie de la coalition gouvernementale mise en place justement afin d’isoler les populistes ultranationaliste qui se revendiquent souverainistes de l’Alliance pour l’Union des Roumains. Le PSD a quitté cette alliance parce qu’il ne voulait plus Ilie Bolojan comme premier ministre. L’annonce selon laquelle le PSD et l’AUR déposeraient ensemble une motion de censure à l’encontre du gouvernement a surpris la société roumaine et elle n’a pas été prononcée par les présidents des deux partis, Sorin Grindeanu et George Simion. Lundi matin, au moment même de l’annonce Grindeanu et Bolojan participaient à des consultations organisées par le président Nicuşor Dan avec les partis pro-européens. Ensuite, Sorin Grindeanu a expliqué que la démarche commune entreprise avec l’AUR visait exclusivement à faire chuter le gouvernement Bolojan et elle ne serait point suivie d’une collaboration entre sociaux-démocrates et populistes. Le chef de file des sociaux-démocrates a demandé aux préfets et secrétaires d’Etat proposés par le PSD de se retirer de leurs fonctions dans la période qui suit, selon le modèle des ministres sociaux-démocrates qui ont démissionné la semaine dernière.
De son côté le chef de l’AUR, George Simion, a affirmé que l’objectif de l’alliance avec le PSD était de destituer le gouvernement Bolojan.
La motion bénéficiera probablement du soutien des élus nationaux souverainistes, en plus de celui de l’AUR. Conformément à leurs déclarations faites par le passé, le PSD et l’AUR avaient exclu jusqu’ici toute forme de collaboration. Le PNL a réagi en affirmant que les sociaux-démocrates avaient rendu officielle leur collaboration avec l’AUR et qu’ils avaient fait état d’irresponsabilité. Conformément aux mises en garde des libéraux, si le PSD participe au renversement du Cabinet pro-européen par motion de censure, toute collaboration à l’avenir avec celui-ci serait impossible. Le PSD, celui qui a dynamité le gouvernement, transgressant toutes les ententes faites jusqu’ici. Il est à la recherche d’alliés d’un côté pour renverser le gouvernement par motion de censure et de l’autre pour entamer une nouvelle alliance a affirmé Ilie Bolojan soulignant que nous assistons en fait à la formation d’une nouvelle coalition. Le leader de l’USR, Dominic Fritz, a également exclu toute collaboration avec le PSD si les sociaux-démocrates votent la motion de censure.
Les leaders politiques envisagent également le scénario des élections anticipées.
L’AUR insiste pour le retour des Roumains aux urnes. Les populistes évoquent les élections depuis décembre 2024, lorsque la Cour Constitutionnelle a annulé le scrutin présidentiel, à cause de la campagne électorale illégale, influencée de l’extérieur en faveur de l’extrémiste pro-russe Călin Georgescu, que l’AUR a constamment soutenu.
Une crise politique qui menace l’absorption des fonds européens et la note souveraine
Reuters et Bloomberg notent que la PSD, le parti le plus important du Parlement de Bucarest, s’allie avec l’opposition justement pour renverser le gouvernement pro-européen, impliquant ainsi la perte des fonds de l’UE pour la Roumanie et une baisse de sa note souveraine. Afin de pouvoir destituer le Gouvernement, il faut réunir au moins 233 voix favorables à la motion de censure.