« Catane », un film pas comme les autres
Catane n’est pas un village comme les autres. Ici, presque chaque foyer a déclaré abriter une personne handicapée afin d’obtenir des exemptions d’impôts. Une situation qui attire l’attention des autorités, qui décident de se rendre au village pour mener une enquête sur une possible fraude fiscale massive. C'est le sujet du premier long-métrage d'Ioana Mischie, une comédie qui invite cependant à une réflexion profonde sur les petites communautés isolées sur le rapport avec les autorités et sur les rapports au sein de la société dans son ensemble. Cinéma.
Valentina Beleavski, 02.05.2026, 10:36
C’est une comédie, mais elle pose des questions bien sérieuses. C’est un film plein de couleurs, mais qui met en lumière une réalité biens sombre. C’est un film qui fait rire et réfléchir en même temps. C’est « Catane », le premier long métrage réalisé par Ioana Mischie.
Catane est un tout petit village, avec une poignée d’habitants très pauvres, perdu quelque part dans les superbes montagnes de la Roumanie. Mais ce n’est pas un village comme les autres. Ici, presque chaque foyer a déclaré abriter une personne handicapée afin d’obtenir des exemptions d’impôts. Une situation qui attire l’attention des autorités, qui décident de se rendre au village pour mener une enquête sur une possible fraude fiscale massive. Tout à coup, la routine paisible de Catane est perturbée par l’arrivée des inspecteurs, face auxquels le village entier se mobilise. On improvise des mises en scène, on répète des rôles, on transforme les maisons en décors crédibles. Les inspecteurs, d’abord sceptiques, se retrouvent plongés dans un théâtre collectif où la frontière entre mensonge et solidarité devient de plus en plus floue. Pourquoi un tel déploiement d’efforts ? Parce que pour les habitants de Catane, leur mensonge n’est pas un crime, mais une stratégie de survie, dans une région frappée par la pauvreté et l’abandon. La vérité fait surface, les deux parties (villageois et autorités) s’affrontent ouvertement. Le débat est vaste. En salle, le public ne peut pas rester indifférent.
En fait, c’est le débat auquel nous invite la réalisatrice Ioana Mischie : quel devrait être le rapport entre les autorités et la population, dont notamment les catégories les plus vulnérables de notre société ? Le mensonge est-il permis lorsqu’il s’agit de corriger une iniquité ? La fraude aussi ? Comment la solidarité se manifeste-t-elle au sein des différentes couches de la société ? Et la liste n’est pas terminée. Nous avons invité Ioana Mischie au micro de RRI pour parler de son tout premier long métrage, qui s’est fait tout de suite remarquer dans le paysage cinématographique roumain.