Niveau record de l’indice BET de la Bourse de Bucarest
La Bourse de Valeurs de Bucarest a atteint un nouveau niveau maximum historique. Et cela au beau milieu d’une crise politique.
Mihai Pelin, 11.05.2026, 13:51
L’impact des crises politiques sur la Bourse de Valeurs de Bucarest a constamment diminué ces dernières années, illustrant désormais la maturité du marché local des capitaux. Le constat des analystes du secteur intervient alors que la Roumanie traverse actuellement une crise qui s’ajoute à des difficultés externes. Cette situation a conduit le leu à son plus bas niveau historique face à l’euro il y a quelques jours, suite à la destitution du gouvernement de Bucarest par motion de censure. Le contexte macroéconomique semble se stabiliser : le leu s’est apprécié de 0,7 % sur le marché interbancaire, se redressant après avoir atteint récemment des niveaux historiquement bas. L’indice de référence de la Bourse de Bucarest, le BET, a clôturé la séance de vendredi, la dernière de la semaine, en hausse de 1,2 %, atteignant un nouveau record historique à 29 720 points, après avoir progressé de plus de 5 % durant la semaine de la destitution du gouvernement du libéral Ilie Bolojan. Entre temps, Hidroelectrica, le producteur d’électricité le plus important de Roumanie et la compagnie roumaine la plus valeureuse a atteint un nouveau record historique avec une capitalisation de 76 milliards de lei (14,6 milliards d’euros), la plus élevée de la Bourse de Roumanie (BVB).
Redressement des principaux paramètres boursiers après le choc de la motion de censure
Depuis le début de l’année, l’indice BET, qui reflète la performance des 20 entreprises roumaines les plus liquides, a progressé de 21 %, enregistrant une hausse de plus de 80 % sur les douze derniers mois. Par ailleurs, le rendement des obligations sur 10 ans a diminué de 0,43 % pour s’établir à 6,95 %. Les coûts d’emprunt de l’État ont commencé à baisser suite aux signaux positifs relayés à l’échelle internationale concernant la réduction des tensions au Moyen-Orient, explique le ministre des Finances par intérim, Alexandru Nazare. Selon lui, l’intérêt des investisseurs pour les titres d’État roumains a fortement progressé lors de la dernière émission de titres de Trésor sur 12 mois, la Roumanie attirant plus du double du montant initialement prévu. « C’est un signe de confiance accrue des investisseurs dans la capacité de la Roumanie à maintenir sa stabilité financière », conclut Alexandru Nazare.
Moratoire sur la vente de paquets d’actions aux entreprises d’Etat
C’est dans ce contexte que la vente d’actifs de l’Etat aux entreprises stratégiques devrait être interdite temporairement jusqu’à la fin 2027, conformément à un projet de loi soumis à la Chambre des Députés par le PSD, le parti parlementaire le plus important, membre jusqu’alors de la coalition gouvernementale. Le texte législatif vient d’être adopté par le Sénat. Ses initiateurs déclarent ne pas contester la cotation en bourse des entreprises, mais plutôt la méthode et le moment choisi pour le faire. Ils soulignent que le programme de gouvernement ne prévoit en aucun cas la vente d’actifs d’entreprises telles CEC Bank, le port de Constanta, la Compagnie d’exploitation du sel SALROM ou bien de la société Hidroelectrica.
Coter ou ne pas coter en bourse les entreprises d’Etat ?
De l’autre côté, l’USR a expliqué que l’intention du gouvernement était de coter en bourse des paquets d’actions de toutes ces compagnies pour que tout Roumain ou tout fonds d’investissement puisse en acheter. Conformément au projet, les compagnies qui seront exceptées au moratoire de la vente des actifs de l’Etat sont celles ayant rapporté des pertes pour plus de 5 ans consécutifs ou qui font l’objet d’une procédure d’insolvabilité aux termes d’une décision définitive de la Justice, ainsi que les actions dont la valeur totale ne dépassait pas un million d’euros le 31 décembre de l’année fiscale précédente.