Fonds européens pour la Roumanie
Bruxelles valide une nouvelle tranche du PNRR roumain : 2,6 milliards d’euros pour accélérer les réformes
Daniela Budu, 15.05.2026, 12:00
La Commission européenne a donné son aval à une nouvelle demande de paiement déposée par la Roumanie dans le cadre du Plan national de relance et de résilience (PNRR), ouvrant la voie au versement de 2,6 milliards d’euros de fonds européens non remboursables. Cette décision confirme, selon l’exécutif européen, les avancées réalisées par Bucarest dans plusieurs domaines clés, parmi lesquels la réforme fiscale, la réduction de la pollution ainsi que la modernisation des systèmes judiciaire, sanitaire et éducatif. Dans son évaluation, Bruxelles souligne notamment les progrès accomplis en matière de fiscalité. Les autorités roumaines ont adopté des modifications législatives visant à instaurer un système fiscal plus équitable et plus efficace, caractérisé par une réduction de la bureaucratie et une clarification des règles applicables aux entreprises comme aux contribuables. Selon le ministre roumain des Investissements par intérim, Dragoş Pîslaru, cette quatrième demande de paiement, qui inclut des réformes complexes portant sur la gestion durable des forêts, la décarbonation, la numérisation et la révision du cadre fiscal, a été approuvée sans aucune correction financière. Le responsable a également détaillé les prochaines étapes de la procédure :
« Après la décision de la Commission européenne, l’évaluation a été transmise au Comité économique et financier. Nous attendons désormais la finalisation de cette procédure le 27 mai, puis la décision finale du Conseil prévue le 5 juin. Les fonds pourront ensuite être versés à la Roumanie. »
Avec cette nouvelle validation, le taux de mise en œuvre du PNRR roumain dépasse désormais les 60 %. Bucarest doit encore obtenir environ 10 milliards d’euros à travers les demandes de paiement n°5 et n°6 afin d’achever l’ensemble du programme. Pour rappel, le Plan national de relance et de résilience de la Roumanie représente plus de 21 milliards d’euros, dont près de 13,5 milliards sous forme de subventions et le reste sous forme de prêts.
Bucarest sous pression budgétaire pour la réforme des salaires
Parmi les engagements encore attendus figure la réforme de la loi sur la rémunération dans le secteur public, considérée comme l’une des conditions essentielles pour garantir l’accès continu aux financements européens. Le Premier ministre par intérim, Ilie Bolojan, a rappelé que le système salarial roumain avait été profondément déséquilibré ces dernières années par des augmentations jugées arbitraires et par plusieurs décisions de justice ayant entraîné des hausses significatives des dépenses publiques. Le chef du gouvernement a insisté sur la nécessité d’introduire davantage de transparence et de règles claires, dans un contexte où les dépenses salariales de l’État sont désormais proches des limites budgétaires autorisées. Ilie Bolojan a précisé :
« Les contraintes auxquelles nous faisons face concernent le maintien de la masse salariale publique à un niveau légèrement supérieur à 8 % du PIB roumain. À l’heure actuelle, ce ratio atteint déjà 8,1 % du PIB. Dans les années à venir, nous ne pourrons donc pas augmenter davantage cette part des dépenses salariales, non pas parce qu’une autorité extérieure nous l’interdit, mais tout simplement parce que nos capacités budgétaires ne le permettent pas. »
La Commission européenne rappelle par ailleurs que le mécanisme du PNRR arrivera à échéance à la fin de l’année 2026. Les États membres devront avoir rempli l’ensemble des objectifs et jalons restants d’ici août 2026 et déposer leurs dernières demandes de paiement avant la fin du mois de septembre de la même année.