Consultations pour la formation d’un nouveau gouvernement
Lundi prochain, le président roumain entamera à Bucarest des consultations officielles avec les partis représentés au parlement, afin de désigner un nouveau Premier ministre.
Corina Cristea, 15.05.2026, 12:18
Le président Nicușor Dan convoquera lundi prochain les partis représentés au parlement à des consultations officielles afin de désigner le nouveau Premier ministre de Roumanie. Cet événement a lieu deux semaines après le vote d’une motion de censure qui a fait tomber le gouvernement d’Ilie Bolojan. Cette motion avait été initiée par son ancien partenaire de coalition, le Parti Social Démocrate qui s’était allié dans cette démarche au parti d’extrême droite populiste et ultranationaliste l’Alliance pour l’Union des Roumains (AUR), dont les membres se proclament souverainistes. Lors des pourparlers, chaque délégation disposera d’une heure pour présenter ses propositions de gouvernement.
Le président Nicusor Dan a déjà annoncé qu’il ne désignerait le nouveau Premier ministre que si une formule de nomination recueillait le soutien du Parlement. Le chef de l’Etat a par ailleurs réaffirmé que la crise politique intérieure actuelle serait résolue « avec une orientation pro-européenne » et dans un délai qu’il juge relativement court. Selon lui, pour toute proposition de gouvernement reçue, sa question sera de savoir si une majorité a déjà été négociée.
« Conformément aux discussions préliminaires et aux options déjà présentées publiquement par les partis, les possibilités de former un gouvernement majoritaire au Parlement sont relativement limitées, et je ne prendrais pas le risque d’une formule gouvernemental expérimentale », a déclaré Nicusor Dan.
« Je ne pense pas qu’il soit utile pour la Roumanie de mener des expérimentes consistant à proposer des Premiers ministres et à les laisser voir s’ils parviennent à obtenir une majorité », a déclaré le chef de l’Etat. Concernant l’option d’un Premier ministre technocrate ou d’un gouvernement de technocrates il a précisé qu’il s’agissait « d’un scénario envisageable ».
Parallèlement, les dirigeants des partis continuent d’analyser les voies qui permettraient de sortir de cette crise politique. Le Parti National Libéral (PNL) et l’Union Sauvez la Roumanie (USR), qui forment le gouvernement intérimaire aux côtés de l’Union Démocrate Magyare de Roumanie (UDMR), ont officiellement décidé de coordonner leurs actions et leurs positions, devenant ainsi le plus grand groupe politique au Parlement. Ces deux partis ne souhaitent plus collaborer avec le Parti Social Démocrate. Quant au Premier ministre Ilie Bolojan, il se déclare prêt à accepter une nouvelle nomination si les sociaux-démocrates ne parviennent pas à former un gouvernement. Le PNL a retrouvé sa dignité, ce qu’aucun poste ni sondage ne peut acheter, a déclaré Ilie Bolojan devant les libéraux après la décision de rompre l’alliance avec les sociaux-démocrates. Malgré cela, certaines voix au sein du parti restent favorables à l’idée de maintenir le gouvernement.
Les options des partis parlementaires
Les sociaux-démocrates mènent quant à eux des consultations pour obtenir une majorité parlementaire avec l’Union Démocrate Magyare de Roumanie, le groupe des minorités nationales, mais aussi avec des sénateurs et des députés indépendants. Selon la vice-présidente du Parti Social-Démocrate, Lia Olguţa Vasilescu, le parti souhaite toujours une majorité parlementaire avec les partis pro-européens, mais l’issue des négociations reste incertaine.
En fin de semaine le Conseil des représentants de l’Union Démocrate Magyare de Roumanie fixera le mandat pour le rendez-vous avec le président, mais la première option du parti reste de rétablir l’ancienne coalition gouvernementale.
Parallèlement, l’Alliance pour l’Union des Roumains se déclare prête à entrer au gouvernement sous conditions. Aux dires de plusieurs de ses députés, ils soutiendront tout gouvernement, quelle que soit son orientation politique, s’il propose un programme de mesures favorables au milieu des affaires. De son côté, le groupe « Paix, la Roumanie d’abord » déclare qu’il soutiendra tout exécutif qui adoptera des mesures en faveur des citoyens.