Le courrier des auditeurs du 05.06.2026
Alex répond à vos questions et messages
Alex Diaconescu, 05.06.2026, 13:13
Bonjour à toutes et à tous ! Je suis très heureux de vous rencontrer à nouveau sur les ondes de RRI, en ce début d’été, qui s’installe assez timidement en Roumanie. Les épisodes de pluies et d’orages alternent avec les journées ensoleillées, mais le plus souvent c’est en weekends qu’il pleut. N’empêche, les Roumains ont profité de deux weekends prolongés, puisque le lundi 1er juin et le vendredi, 5 juin, sont des jours fériés. Certains se sont rendus à la montagne, d’autres à la mer, alors que d’autres encore ont eu à choisir entre les innombrables festivals de rue qui se tiennent en début d’été dans la Capitale roumaine. Un air de vacances commence à se répandre en Roumanie, alors que l’année scolaire est en train de s’achever. C’est une atmosphère qui contraste fortement avec les différents évènements de l’actualité qui font couler beaucoup d’encre dans la presse et sur les réseaux : cela fait un mois déjà que la Roumanie est dirigée par un gouvernement par intérim, déchu par motion de censure, la Roumanie a terminé troisième à l’Eurovision de la chanson, le cinéaste Cristian Mungiu a remporté le Palme d’or à Cannes et un drone russe s’est écrasé sur un immeuble au centre-ville de Galati (est). Difficile donc de s’échapper à l’actualité quoi qu’on en veuille.
Naghmouchi Nouari – « Vaut-il mieux acheter ou louer un logement en Roumanie ? ».
Je passe maintenant à vos questions et messages et je commence par un sujet proposé par notre ami auditeur Naghmouchi Nouari d’Algérie qui nous demande : « Vaut-il mieux acheter ou louer un logement en Roumanie ? ».
Eh bien, cette question très répandue dans le monde occidental commence peu à peu à être posée en Roumanie aussi. Je dirai qu’elle s’est transformée en une véritable question fétiche pour les podcasters et youtubers qui s’érigent en spécialistes des finances et de l’immobilier. Et le plus souvent, pas mal d’entre eux reprennent le message de leurs confrères des Etats-Unis et encouragent leur public à louer plutôt qu’à acheter. Ont-ils raison ? Oui et non. Il faut d’abord savoir que le marché immobilier de Roumanie a une certaine spécificité : le pays a le taux de propriétaires immobiliers le plus élevé de l’UE. En effet, plus de 94 % des Roumains habitaient en 2024 un logement dont ils étaient les propriétaires. C’est quand même un taux à la baisse, puisqu’en 2020 ils en comptaient pour 96 %. Néanmoins, on pourrait toujours dire que la Roumanie est un pays de propriétaires. Pour comparaison, au niveau de l’UE, plus de deux tiers des habitants détenaient les logements qu’ils habitaient. Selon les donnes d’Eurostat, au niveau de l’Union européenne, plus de la moitié des citoyens des Etats-membres étaient propriétaires de leurs logements. En Allemagne, par exemple, les citoyens qui louent leur appartement sont plus nombreux que les propriétaires. Malheureusement, selon les mêmes études, la qualité de la vie dans ces immeubles est une des plus faibles de l’UE. En effet, ils disposent de la superficie la plus basse d’espace habitable par personne de l’UE, avec en moyenne, 1,1 pièce par personne. Entre temps, les Roumains sont de plus en plus confrontés à une flambée des prix dans l’immobilier. Au niveau national, le prix moyen demandé pour les appartements proposés à la vente par les propriétaires et les entrepreneurs se chiffre à 2.025 euros par mètre carré utilisé, après une avancée de 12 % par an, selon le site spécialisé imobiliare.ro. Et malgré cette progression spectaculaire, la baisse des taux d’intérêt des crédits hypothécaires fait baisser la mensualité payée pour un crédit immobilier nécessaire pour acheter un appartement à Bucarest, à un niveau inférieur au loyer moyen pour le même logement, selon l’analyse d’une compagnie de conseil du marché bancaire et résidentiel, cité par le site wall-street.ro. Cela fait que la mensualité moyenne d’un crédit hypothécaire d’une valeur de 85 000 euros s’étalant sur 25 ans, avec un taux d’intérêt fixe de 4,55% par an, nécessaire pour acheter un appartement populaire à deux pièces d’une valeur de 100 000 euros, construit avant l’an 2000, à Bucarest, s’est chiffré à 2469 lei, soit près de 500 euros. Entre temps, le loyer moyen demandé pour le même type d’appartement est de 2 693 lei, soit d’une vingtaine d’euros de plus. Certes, pour acheter un appartement il faut pouvoir payer une avance s’élevant dans ce cas précis à 15 000 euros et prévoir des coûts initiaux de 2500 euros (frais d’évaluation, assurances, commissions bancaires, frais de notaires). Mais en termes de cout mensuel, somme toute, en Roumanie, il est moins cher d’acheter un appartement, que de le louer. Selon la même source, depuis une année, les loyers ont carrément explosé en Roumanie et notamment à Bucarest, avec une hausse de 21,5 % début 2026, par rapport au début de l’année 2025. Donc, pour le moment en termes d’argent, il est indéniable qu’il vaut mieux acheter que louer. Et en plus, à la fin du crédit, le locataire est pleinement propriétaire de son logement. Mais n’oubliez pas que c’est un choix très personnel. Certains préfèrent la flexibilité qu’offre la location s’ils changent souvent d’emploi et choisissent de déménager d’une ville à l’autre. Parfois, même changer d’emploi à Bucarest peut impliquer une navette d’une heure et demi entre le travail et la maison et vice-versa. Mais en règle générale, ceux qui louent des logements en Roumanie le font pour une période prédéterminée de temps et ne souhaitent pas s’engager à contracter un crédit hypothécaire.
Christian Louhou – les relations entre la Roumanie et la République du Congo (Congo-Brazzaville).
Je passe maintenant à Christian Louhou de France qui s’intéresse aux relations entre la Roumanie et la République du Congo (Congo-Brazzaville). Notre auditeur nous écrit : « Je suis ressortissant de la République du Congo qui est un pays situé en Afrique centrale. Je suis âgé de 48 ans et je vis en France depuis 23 ans. Je m’intéresse beaucoup à la Roumanie qui est un pays d’Europe qui a beaucoup aidé mon pays la République du CONGO (Congo-Brazzaville) dans la formation des cadres et techniciens Congolais à l’époque communiste. En effet, plusieurs Cadres et techniciens Congolais ont étudié par le passé dans les années 1970 et 1980 dans les universités Roumaines. Enfin, en 2024 ou 2025, à combien s’élève les échanges commerciaux entre la Roumanie et la République du Congo (Congo-Brazzaville)? quels produits la Roumanie exporte au Congo-Brazzaville et quels produits la Roumanie importe du Congo-Brazzaville? Bonne journée. »
Eh bien, cher auditeur, sachez que la Roumanie a reconnu la République du Congo en 1966 lorsqu’elle a établi des relations diplomatiques au niveau d’ambassade et les deux Etats ont entamé timidement des relations économiques. Le dirigeant communiste roumain Nicolae Ceausescu a visité ce pays en 1972, avec un dossier rempli de projets économiques visant différents secteurs, de l’exploitation des ressources naturelles jusqu’au développement de l’agriculture et à la création d’une industrie nationale, le tout dans le cadre d’un crédit de 25 millions de dollars que la Roumanie proposait à la République du Congo. De l’autre côté, le dirigeant congolais, Marien N’Gouabi souhaitait avoir surtout des spécialistes soit roumains soit congolais formés en Roumanie, afin de combler un déficit de personnel hautement qualifié. Et c’est ainsi qu’a commencée l’histoire des étudiants congolais en Roumanie. Selon les chiffres publiés sur le site du ministère des Affaires Etrangères de Bucarest, environ un millier de cadres congolais ont été formés en Roumanie, en vertu des bourses accordées par l’Etat roumain. Nicolae Ceausescu voulait en faire les futures élites qui devraient bâtir le socialisme dans ce pays. Aujourd’hui, les échanges commerciaux entre les deux Etats sont assez modestes et leur valeur s’élève à une douzaine de millions de dollars. C’est une balance commerciale fortement excédentaire pour la Roumanie, dont les exportations ont constamment augmenté ces dernières années. La Roumanie exporte surtout du blé, de la viande de volaille et des tubes et tuyaux en métal. Les importations provenant de la République du Congo sont carrément insignifiantes et se chiffrent à moins d’un million de dollars. Il s’agit notamment de caoutchouc et de diamants. Tous ces chiffres portent sur l’année 2024 et font partie des seules statistiques disponibles sur le web. Mais, apparemment, une tendance à la hausse des relations économiques bilatérales se fait remarquer timidement. Espérons-le bien !
Et c’est tout pour ce courrier des auditeurs ! Prochain rendez-vous d’ici plusieurs semaines lorsque la chaleur sera pleinement installée en Roumanie ! A bientôt !