Le courrier des auditeurs du 10.07.2026
Ioana répond à vos lettres et à vos messages.
Ioana Stăncescu, 10.07.2026, 10:19
Madame, Monsieur, bien le bonjour. J’ai le plaisir de vous retrouver au micro du courrier des auditeurs en cette fin de semaine, quand je fête mes 51 ans. Donc, j’ai le plaisir de célébrer mon anniversaire en votre compagnie !
Cette année, j’ai prévu une petite escapade à la mer, avec ma meilleure amie, histoire de passer une petite heure sur la plage, mais aussi de voir un spectacle de théâtre, une mise en scène moderne d’après La Cerisaie, la célèbre pièce de théâtre d’Anton Tchekhov créée en 1904. C’est un spectacle qui a été récompensé dernièrement du prix des meilleurs décors lors du Gala de l’Union théâtrale de Roumanie.
L’Art de la traduction littéraire
Je voudrais vous inviter dans les minutes suivantes en France pour un petit coucou amical à notre ami Paul Jamet. Récemment, notre auditeur m’a envoyé un lien vers une émission diffusée sur France Culture où deux traductrices étaient invitées à parler de l’Art de la traduction littéraire. Comment traduire une œuvre sans la trahir ? Faut-il privilégier la langue d’origine ou celle du lecteur ? Josée Kamoun et Valérie Zenatti ont donné leur opinion sur le métier de traducteur, sur la fidélité envers le texte, mais aussi sur les défis de la traduction littéraire à l’heure de l’intelligence artificielle.
Dans son intervention sur les ondes de France Culturel, Valérie Zenatti a affirmé « Lorsque je suis face à une répétition, je n’ai pas une position de principe ou dogmatique. Je vais la restituer ou non en fonction de la musicalité en français ». Quant à Josée Kamoun, elle a raconté qu’elle luttait depuis des décennies pour préserver certaines répétitions voulues par les auteurs : « À force de vouloir substituer un mot complexe à un mot relativement simple et fluide, vous avez une traduction qui sent la traduction, parce qu’elle est ampoulée », a-t-elle déclaré.
Ces propos m’ont fait penser à une enquête que la publication littéraire de Roumanie, Dilema veche a menée auprès de plusieurs traducteurs roumains, en partant de l’expression latine « Traduttore, traditore », qui signifie « traduire c’est trahir ».
Pour Simina Popa, membre de l’Association des traducteurs littéraires et traductrice en roumain de grands noms de la littérature portugaise, tels José Saramago ou encore de Luis Peixoto, cette expression Traduttore, traditore risque de semer la méfiance du public envers la profession de traducteur. Il faut, dit-elle, que les écrivains fassent confiance à leurs traducteurs. Que les lecteurs leur fassent confiance aussi. Pareil pour les éditeurs. Quant il s’agit d’une traduction littéraire, les chemins sont multiples. Il n’y a pas qu’un seul mot pour traduire un autre. Or, ce métier, c’est un métier plein de subjectivité. Le traducteur a le droit et la possibilité de choisir parmi plusieurs mots. Peut-être que d’une certaine manière, il finit par trahir le texte de base, mais cette trahison se produit seulement en rapport avec les autres possibilités de traductions.
D’ailleurs, cette idée est soutenue aussi par les deux traductrices invitées sur France Culture. Josée Kamoun considère que la traduction est « une science merveilleusement inexacte » et que « l’œuvre ne trouve pas de dernière demeure ». Quant à Valérie Zenatti, elle affirme « qu’il y a un infini dans la traduction. »
Pour Claudiu Sfirschi Laudat, traducteur roumain du grec, « à chaque fois lorsqu’un traducteur entame une nouvelle traduction littéraire, il le fait avec l’idéal de la fidélité à l’esprit, mais il termine toujours la traduction avec un goût amer de trahison. Ce n’est pas parce que nous serions des traîtres, mais précisément parce que nous sommes nous-mêmes les premiers trahis – à savoir par notre propre langue. Les limites du langage deviennent celles de la traduction, et ainsi, la traduction n’est plus une trahison, c’est une adaptation, de l’inventivité, c’est la liberté dans un espace restreint, c’est de l’empathie.
Et puisque c’est de l’empathie, comment une Intelligence artificielle pourrait-elle remplacer le traducteur, sa sensibilité, le choix des mots, la mélodie de la phrase ? Lors du débat diffusé sur France Culture, Valérie Zenatti reconnait que l’IA est une concurrente potentielle. Pourtant, la traduction qu’elle arrive à produire est « privée de singularité », elle n’a pas de souffle. Une idée partagée également par Josée Kamoun selon laquelle « la richesse de la traduction n’est pas seulement la qualité du résultat : c’est le regard singulier de chaque traducteur ».
Cher Paul Jamet, merci encore une fois d’avoir partagé avec nous le lien de ce débat très intéressant sur un sujet d’actualité. J’espère avoir bientôt de vos nouvelles et à bientôt de vous lire !
Profitez de l’été
Je vous propose de faire un petit clin d’œil amical à notre ami algérien, Nouari Naghmouchi qui nous a envoyé un message très sympa et plein de poésie, que je cite « Juin ouvre grand la porte à l’été. Les journées s’allongent, les jardins reprennent leurs couleurs, les terrasses se remplissent et les projets de vacances commencent à prendre forme. C’est une période qui nous invite à ralentir un peu, à explorer davantage et à profiter des petits plaisirs qui font le charme de la saison. » Merci à vous pour vos belles paroles. Effectivement, l’été on a l’impression que le temps s’allonge, que les soucis sont moins pesants et que l’optimisme s’installe plus facilement. Bien évidemment, à condition que la paix et la santé soient de compagnie. Je vous souhaite une belle fin de semaine à l’écoute de nos programmes !
Orages et canicule
Retournons en France, plus précisément du côté de Biganos, pour un coucou amical à M. Philippe Marsan. Comment allez-vous ? Merci bien de votre rapport d’écoute qui sera confirmé par une jolie carte QSL. Nous nous réjouissons de vous savoir à l’écoute de nos programmes, notamment de la chronique touristique Visitez la Roumanie, du programme de musique consacré au Jazz roumain ou encore du Courrier des auditeurs. Effectivement, les orages ayant touché dernièrement la Roumanie ont dominé dernièrement le Volet Actualité sur RRI. Et pour cause : les pluies torrentielles et les fortes rafales ont provoqué des dégâts importants dans une soixantaine de localités d’une vingtaine de départements de Roumanie, y compris de Bucarest. La capitale s’est retrouvée sous les eaux, une station de métro a été inondée et obligée de fermer, des arbres ont été déracinés, des poteaux électriques sont tombés, des rues et des boulevards ont été couverts d’eaux. Je sais qu’en France aussi, vous avez des soucis provoqués par la météo. Notamment par la canicule et la sécheresse qui ont provoqué des incendies de végétation dans le sud. Le ministère roumain des Affaires Etrangères conseille aux Roumains qui souhaitent se rendre en France durant les vacances d’été d’éviter les zones en proie aux feux de végétation. Et quand je pense que moi, j’ai réservé une semaine dans un airbnb dans Le Var ! Merci à vous, M. Marsan de votre fidélité et à bientôt sur nos ondes !
Réception de très bonne qualité
Dernière réponse aujourd’hui et je dis bonjour ou bonsoir à M. René Grondin, de l’Ile de la Réunion. Comment allez-vous ? Merci bien de votre rapport d’écoute. Je suis particulièrement heureuse de vous savoir à l’écoute de ma rubrique « Le coup de cœur du libraire », un programme en partenariat avec la librairie française Kyralina. Nous sommes contents d’apprendre que la réception est de très bonne qualité sur l’Ile de la Réunion et que la radio à ondes courtes reste pour vous un média précieux qui touche les auditeurs des régions plutôt isolées comme la votre. Vous dites et je cite « Radio Roumanie Internationale contribue à nous informer et à nous divertir ». Votre rapport d’écoute sera confirmé par une jolie carte QSL. Merci encore une fois de votre fidélité !
Madame, Monsieur, c’est tout pour aujourd’hui. Je vous remercie de votre attention et je vous donne rendez-vous d’ici un petit mois au micro du courrier. En attendant, portez-vous bien et profitez de l’été !