Villages issus d’un conte de fées dans le département d’Alba
Nous mettons le cap sur les Monts Apuseni pour y découvrir la beauté des villages traditionnels du département d’Alba. Loin du tumulte quotidien, de nombreuses maisons traditionnelles ont été soigneusement restaurées pour se transformer en un véritable musée à ciel ouvert. Les maisons préservent l’architecture traditionnelle à l’extérieur, tout en offrant un confort moderne à l’intérieur, avec des éléments authentiques tels les matelas remplis de paille et de lavande. Incursion dans les Monts Apuseni
Daniel Onea, 25.06.2026, 09:51
Le département d’Alba et surtout la région des Monts Apuseni, dans l’ouest de la Roumanie, attirent annuellement des milliers de touristes roumains et étrangers à la recherche de l’authenticité. Le tourisme rural a considérablement évolué ces dernières années, offrant de nos jours pas seulement un retour nostalgique dans le passé, mais aussi une expérience complexe qui intègre harmonieusement nature, métiers traditionnels et confort contemporain.
Un exemple éloquent en est le village de Glod, où les vieilles maisons traditionnelles ont été sauvées, soigneusement reconditionnées et réintroduites au circuit touristique, tout en formant de petites communautés de vacances autonomes. Afin de satisfaire aux exigences des touristes internationaux et urbains, l’architecture archaïque cache à l’intérieur des facilités de dernière génération. Par exemple, dans une de ces maisons, les visiteurs disposent d’une piscine extérieure pour se détendre, un sauna, ainsi que d’une mine de sel artificielle dotée d’un halogénateur ou un générateur de sel, reconnu pour ses bénéfices thérapeutiques.
Et pourtant, ce l’endroit demeure fortement ancré dans le passé. Alin Mușat, promoteur du tourisme rural dans le département d’Alba et propriétaire d’une maison traditionnelle explique la manière dont cet équilibre a été réalisé :
« Nous vous invitons à expérimenter la spécificité des Monts Apuseni tout en bénéficiant des dotations les plus modernes. Nous utilisons évidement des matelas modernes aux ressorts et toute sorte d’appareils censés améliorer nos vies, mais les touristes peuvent toujours découvrir le « strujac ». C’est un matelas traditionnel fabriqué en chanvre à la machine à tisser et rempli de pailles d’avoine. Nous mettons aussi sur les lits des fleurs de lavande, dont le parfum combiné au silence et à l’air pur des Apuseni nous aide à avoir un sommeil très reposant. Ensuite, nos touristes souhaitent participer aux activités de la ferme. Même si certaines maisons d’hôtes ou maisons traditionnelles n’ont pas d’animaux, on peut aller dans le village en chariot où à la bergerie pour voir les moutons. Ce sont quelques-unes des activités préférées des touristes. D’habitude, les familles avec des enfants souhaitent observer des activités telles la traite des vaches et des moutons, joueur avec les chevreaux, avec les chiens ou les chats. Cette expérience les réjouit énormément, surtout que de nos jours les enfants ne savent plus d’où provient le lait ou quelle est vraiment la taille d’un chien de bergerie. »
Des plats uniques
Hormis l’architecture et le cadre naturel, la gastronomie est un pilier central de l’offre touristique de la région. Alin Mușat souligne la différence majeure que ressentent les étrangers, habitués surtout aux produits alimentaires des grandes surfaces.
« La gastronomie locale joue un rôle très important, et les points gastronomiques locaux, une trentaine dans le département d’Alba, nous aident énormément. Ils utilisent des produits de leur propre élevage ou du village, réalisés à proximité du consommateur. Les gens sont souvent émerveillés et nous demandent : « C’est du beurre ou du fromage ? Ah…c’est du beurre ? Je n’ai jamais vu un beurre tellement jaune. » La viande, les œufs, les tomates, tous ces produis ont le goût recherché par les visiteurs. Nous nous réjouissons lorsque les touristes viennent à Alba et dans les monts Apuseni pour manger exactement comme chez nous, en cherchant le goût traditionnel, tellement différent de celui des produits du supermarché auquel ils sont habitués. Je recommande à tous les touristes, roumains et étrangers, d’essayer les plats faits maison le même jour, préparé avec des ingrédients locaux. Rien ne peut se comparer au goût de la soupe obtenue en utilisant l’eau de source, une poule du poulailler et une carotte fraichement récoltée de la terre. Nous avons rencontré des touristes belges qui ont apporté avec eux leurs propres ingrédients pour quelques jours. Lorsque ceux-ci se sont achevés et qu’ils ont goûté aux produits locaux, ils ont profondément regretté ne pas l’avoir fait dès le premier jour, puisqu’ils ne savaient pas à quoi s’attendre. Nous avons été enchantés de découvrir que le goût traditionnel roumain a été tellement apprécié »
L’expérience est complétée par l’implication directe des touristes dans le processus de production et un contact direct avec l’histoire des lieux. Selon Alin Mușat, l’utilisation des techniques ancestrales et l’effort de conserver les métiers constitue le principal avantage des Apuseni sur le très compétitif marché touristique international.
« Nous préparons du pain ensemble, surtout que dans les Apuseni nous cultivons l’alac, un type de blé primordial utilisé dès l’an 6 500 av Jésus Christ. Les gens sont curieux d’apprendre comment on fabrique le pain d’alac, comment on prépare une soupe traditionnelle, comment on prépare le cozonac/la brioche traditionnelle à Pâques, comment on prépare les plats du repas festif à Noël. Nous avons rencontré des touristes qui n’ont pas hésité à nous aider aux travaux de la ferme. Le fait que les gens arrivent à sentir la chaleur des lieux et qu’ils arrivent à s’intègrent dans notre famille est très important. Dans les villages du département d’Alba il y a de nombreux artisans talentueux : certains font des tulnice, c’est-à-dire une sorte de « didjeridoo », d’autres sculptent la pierre ou le bois, où confectionnent des sabots en cuir. C’est très réjouissant de voir des gens qui continuent la tradition. Le travail manuel, minutieusement réalisé est quelque chose que l’intelligence artificielle ne pourra jamais remplacer. Voici notre victoire face à la technologie et l’aspect qui fait la différence. »
Des vacances en famille
Les jeunes familles constituent une catégorie particulière de visiteurs, en quête d’un refuge loin du tumulte de la ville et du stress lié aux technologies. Grâce aux ateliers créatifs et aux activités pratiques, le tourisme rural leur offre une alternative essentielle à la surexposition croissante au numérique. Alin Mușat, propriétaire d’une maison de vacances, souligne l’impact positif de cette déconnexion numérique sur les enfants.
« Il y a des ateliers dans le cadre desquels les touristes et surtout les enfants peuvent confectionner différents objets, peuvent apprendre à préparer des nouilles-maison ou des brioches-cozonac. Nous offrons aux enfants des morceaux en bois à peindre ou les matériaux nécessaires pour tisser des bracelets. Les enfants adorent ces activités et les parents apprécient le fait que les petits oublient leurs téléphones et se concentrent sur les objets qu’ils confectionnent de leur propre main. A cette époque où les enfants sont attirés uniquement par les écrans et oublient la nature, ces expériences sont essentielles. Rien qu’un exemple : un groupe d’enfants a dû renoncer aux téléphones dès le premier jour. Nous avons fait des randonnés, toute sorte d’activités pratiques et on leur a enseigné toute sorte de choses. Certes, en soirée, ils ont utilisé leurs téléphones pour parler à leurs parents. Ils ont voyagé en chariot, ils ont fait de la peinture, ils ont mis leurs mains dans la pâte à pain et utilisé la machine à tisser. A la fin des vacances, les parents ont été extrêmement contents et les enfants ont exclamé : « Ce furent les meilleures vacances que l’on a jamais eues. » »
En gardant l’équilibre entre identité historique, respect de la nature et demandes actuelles de confort, les communautés locales du département d’Alba réussissent à transformer un simple séjour en une véritable leçon sur le retour aux racines et à la simplicité. Les prix pour une nuitée partent de 350 – 450 lei, soit entre 70 et 90 euros pour une chambre, variant en fonction des saisons et des services inclus et du niveau de confort choisi.
Bonnes vacances !