Des violences à Bucarest
Une manifestation d’éleveurs d’animaux organisée mardi à Bucarest a dégénéré en affrontements.
Newsroom, 16.09.2026, 10:58
La protestation organisée mardi, à Bucarest, par des éleveurs d’ovins et de caprins a dégénéré en affrontements violents avec les forces de l’ordre. Les fermiers, pour la plupart des éleveurs de chèvres et de moutons ont protesté à Bucarest contre une décision adoptée par Bruxelles en juin dernier par laquelle l’UE prolongeait jusqu’à la fin de l’année la suspension des exportations des ovins et des caprins depuis la Roumanie vers les pays tiers. Mais, la situation est devenue tendue après qu’un groupe de manifestants a franchi les barrières de sécurité et lancé des projectiles sur les forces de l’ordre, qui ont utilisé des gaz lacrymogènes.
Plusieurs personnes blessées
Suite aux incidents, des dizaines de personnes ont été conduites dans des commissariats et entendues par la police, tandis que plusieurs gendarmes et protestataires ont reçu des soins médicaux. Răzvan Răducan, représentant d’une fédération des éléveurs d’ovins, a dénoncé la présence des personnes cherchant à orienter le mouvement des bergers et à provoquer le chaos. A ses dires, ces personnes-là sont venues de l’extérieur et elles ont commencé à forcer les cordons et agitaient des grands bâtons. Interrogé par la presse, M. Raducan a expliqué que les problèmes auxquels les fermiers se confrontent ces dernières années sont devenus de plus en plus graves et que les gens ne voient plus d’issue. Et lui d’ajouter que les éleveurs se sont préparés à protester plusieurs journées de suite. Les incidents de mardi ont bloqué la circulation sur la Place de la Victoire, dans le centre de la capitale, tout comme dans les rues environnantes. Le trafic a repris dans la soirée, après l’intervention des gendarmes et des policiers.
Un appel au calme
Suite aux violences du 15 septembre, sur la place de la Victoire, les responsables politiques ont lancé un appel au calme, tout en condamnant l’escalade du conflit.
Le président roumain, Nicuşor Dan, a qualifié les incidents de particulièrement graves et a désapprouvé la tentative de transformer une manifestation légitime en affrontements de rue. Le chef de l’État a affirmé que la tentative de certains politiciens irresponsables d’amplifier artificiellement les tensions sociales était tout aussi grave et condamnable.
Le Premier ministre par intérim, Ilie Bolojan, a appelé à la fin des violences. Il a affirmé avoir pris connaissance des revendications des éleveurs et en avoir discuté avec les représentants du ministère de l’Agriculture. Le chef du Parti Social Démocrate, Sorin Grindeanu, a précisé que le dialogue avec les représentants des fermiers aurait pu empêcher l’escalade du conflit et a accusé des forces extrémistes d’en profiter pour semer le chaos. Le chef de l’Alliance pour l’Unité des Roumains, AUR (opposition populiste et ultranationaliste), George Simion, a déclaré que les manifestants ayant pris part aux protestations violentes de la place de la Victoire « avaient été gentils et bien trop patients ».