L’UE face à une nouvelle flambée des prix de l’énergie
Un responsable de l'UE avertit les États membres qu'ils doivent réduire davantage leur consommation de gaz naturel et d'électricité.
Newsroom, 28.09.2026, 12:33
L’Union européenne est confrontée à une crise des prix de l’énergie, alimentée par les perturbations qui affectent les marchés du pétrole et du gaz dans le sillage de la guerre avec l’Iran. Dans ce contexte, les États membres devraient envisager de nouvelles mesures destinées à réduire leur consommation de gaz naturel et d’électricité. L’appel a été lancé par le commissaire européen à l’Énergie, Dan Jorgensen, dans une lettre adressée aux ministres chargés de l’Énergie des États membres. « Nous sommes confrontés à une crise des prix liée à une crise de l’approvisionnement », leur a écrit le commissaire, cité par Reuters. L’Europe demeure fortement dépendante des importations d’hydrocarbures, les fournisseurs extérieurs couvrant environ 80 % des besoins en gaz du bloc communautaire. Cette dépendance expose l’UE à la hausse des cours mondiaux provoquée par la fermeture du détroit d’Ormuz, par lequel transitent habituellement près de 20 % du pétrole et du gaz naturel liquéfié consommés à l’échelle mondiale. Selon Dan Jorgensen, l’Europe ne connaît pas, à ce stade, de pénurie d’approvisionnement. L’envolée des prix exerce toutefois une pression croissante sur les États qui s’efforcent de remplir leurs réserves de gaz avant l’hiver. Des analystes n’excluent pas une remontée brutale des prix au-delà de 100 euros par MWh au plus fort de la saison froide, si les volumes de gaz naturel liquéfié exportés depuis le Golfe persique n’augmentent pas ou si les opérations de maintenance en Norvège venaient à prolonger les restrictions sur les exportations. D’après les données de Gas Infrastructure Europe, les stocks de gaz de l’UE sont actuellement remplis à environ 70 %, soit 12 points de moins qu’à la même période l’an dernier.
Bruxelles appelle à modérer les objectifs de stockage
« Je vous invite à envisager l’adoption ou la poursuite de mesures susceptibles de soutenir l’injection de gaz dans les réserves ou de réduire la demande de gaz et d’électricité aussi longtemps que nécessaire », a également indiqué le commissaire européen. Parmi les mesures envisagées figurent la limitation des températures dans les bâtiments publics, la restriction du chauffage des espaces extérieurs ainsi que l’extinction des éclairages publics qui ne sont pas indispensables. Selon Dan Jorgensen, une diminution de la consommation d’électricité pendant les heures de pointe permettrait également de réduire la quantité de gaz utilisée par les centrales électriques, atténuant ainsi la pression exercée à la fois sur l’approvisionnement en gaz et sur les prix de l’électricité. Le commissaire a par ailleurs encouragé les capitales européennes à envisager un objectif de remplissage des stocks de 80 %, plutôt que de s’employer à atteindre coûte que coûte le seuil de 90 %. En Roumanie, le secrétaire d’État au ministère de l’Énergie, Cristian Bușoi, annonçait récemment que le pays devrait atteindre, à la fin du mois, un taux de remplissage de ses réserves de gaz de 79 à 80 %, puis avoisiner les 90 % d’ici à la fin de l’année. Bien qu’elles se situent au-dessus de la moyenne européenne, les réserves roumaines restent nettement inférieures à leur niveau de l’an dernier : à la même période, les capacités de stockage étaient alors remplies à plus de 90 %.