Le futur gouvernement : les négociations progressent
Après un premier round de discussions avec les partis parlementaires, le Premier ministre désigné, Luca Niculescu, affirme que les négociations en vue de la création d’un nouvel Exécutif ont progressé.
Daniela Budu, 13.10.2026, 12:21
Luca Niculescu appelle à un consensus politique
A Bucarest, le premier ministre désigné, Luca Niculescu, a entamé lundi un premier round de négociations avec les partis parlementaires concernant le soutien qu’ils pourraient accorder à son futur cabinet, dans le contexte où il doit présenter jeudi au Parlement sa liste de ministres ainsi que son programme gouvernemental. Il leur a proposé un accord politique ou une formule mixte qui, à son avis, pourrait offrir davantage de stabilité pour mettre en œuvre les mesures nécessaires, telles que le collectif budgétaire, l’adoption du budget, les mesures destinées au secteur de l’énergie, la relance économique ou encore le renforcement de la capacité de défense de la Roumanie. Il existe également des solutions alternatives, affirme-t-il, allant d’un gouvernement hybride jusqu’à un cabinet de technocrates soutenu par un accord politique de six mois.
Luca Niculescu : « Je leur ai proposé de réfléchir à un accord de soutien sur six mois, par exemple, pour les réformes prioritaires et les démarches prioritaires que la Roumanie doit mettre en œuvre. J’espère que les partis parviendront à un consensus pour pouvoir travailler ensemble et trouver une formule permettant d’aider le pays à sortir de cette crise politique, économique et sociale. Des progrès ont été réalisés. La situation n’est plus la même qu’il y a une semaine, mais il faut encore accélérer. »
Alors que le Parti Social-Démocrate (PSD) plaide pour une collaboration avec le Parti National Libéral (PNL) et l’Union démocrate magyare de Roumanie (UDMR) au sein du futur cabinet, les libéraux dirigés par Ilie Bolojan rejettent catégoriquement une telle variante. Dans ces conditions, les sociaux-démocrates affirment prendre sérieusement en considération l’option d’élections anticipées, même si les discussions avec le premier ministre désigné progressent.
Le président du Parti social-démocrate, Sorin Grindeanu : « Le Bureau Permanent National a voté la création d’une commission chargée d’analyser la législation électorale. Elle doit examiner le cadre législatif relatif à l’éventuel scénario d’élections anticipées ainsi que les modifications qui seraient nécessaires en ce sens. Ce n’est pas un scénario que nous souhaitons, et ce non pour des raisons électorales, mais nous n’excluons pas une telle hypothèse et nous serons prêts. »
De son côté, le PNL reste fermement attaché à sa position et refuse de rejoindre un cabinet aux côtés des sociaux-démocrates. Le président du Sénat, Mircea Abrudean, souligne que son parti est disposé à voter l’investiture du cabinet de Luca Niculescu afin de surmonter le blocage politique actuel, tout en excluant catégoriquement toute formule hybride ne correspondant pas à la stratégie définie par le parti.
Mircea Abrudean : « Sans aucun doute, cela affecterait la possibilité d’accorder un vote d’investiture au gouvernement de Luca Niculescu, parce que les décisions ont été claires. Je ne pense pas que l’on puisse envisager une telle décision si l’on souhaite obtenir un vote favorable de la part du Parti national libéral. »
Dans ces conditions, le premier ministre désigné a tenté d’obtenir le soutien des autres formations et groupes du Parlement de Bucarest.
De son côté, l’Union Sauvez la Roumanie (USR) a de nouveau rejeté l’idée de soutenir un gouvernement comportant des ministres sociaux-démocrates. A leur tour, les représentants de l’Union démocrate magyare de Roumanie ont fait part de leur intention de voter en faveur du futur cabinet, même s’ils n’en font pas partie. Enfin, les groupes représentant les minorités nationales ainsi que les autres partis plus petits – PACE – Intai Romania (Paix – La Roumanie avant, un parti souverainiste) et Uniti pentru Romania (Unis pour la Roumanie) se disent favorables au futur gouvernement, mais demandent en contrepartie des mesures de protection sociale et de relance économique.