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Le groupe anticommuniste « La Roumanie indépendante »

Après l’installation brutale du communisme en Roumanie, les mouvements de résistance organisés par les partis démocratiques n’ont pas tardé. Le groupe « La Roumanie indépendante », créé par les jeunes du Parti National Paysan (PNŢ) compte parmi eux. Pendant l’été 1947, la direction du PNŢ a été arrêtée par le gouvernement communiste, suite à l’incident de Tămădău.

Le groupe anticommuniste « La Roumanie indépendante »
Le groupe anticommuniste « La Roumanie indépendante »

, 19.01.2015, 13:30

Après l’installation brutale du communisme en Roumanie, les mouvements de résistance organisés par les partis démocratiques n’ont pas tardé. Le groupe « La Roumanie indépendante », créé par les jeunes du Parti National Paysan (PNŢ) compte parmi eux. Pendant l’été 1947, la direction du PNŢ a été arrêtée par le gouvernement communiste, suite à l’incident de Tămădău.



Il s’agit du moment où les leaders de cette formation politique se virent offrir un avion pour quitter le pays. En fait, les communistes leur avaient tendu un piège, afin d’avoir un prétexte pour arrêter l’opposition démocratique.



Pourtant, les choses ne se sont pas arrêtées là. L’opposition s’est rendu compte qu’une nouvelle étape approchait : celle des affrontements armés, après que les communistes soutenus par les Soviétiques eurent accaparé le pouvoir, entre 1944 et 1947.



A l’initiative des jeunes membres du Parti National Paysan, des groupes de résistance furent créés, dont « La Roumanie indépendante », organisé en 1947.



Nistor Bădiceanu, sénateur du Parti National Paysan Chrétien et Démocrate entre 1992 et 1996, a participé à l’organisation du groupe « La Roumanie indépendante ». Il raconte comment les choses se sont passées dans un entretien conservé par le Centre d’Histoire Orale de la Radiodiffusion roumaine.



Nistor Bădiceanu: « Nous, jeunes membres du Parti Paysan, avons essayé de jeter les fondements d’un réseau subversif. C’est ainsi qu’est née toute une série d’organisations : Vlad Ţepeş (soit Vlad l’Empaleur), Vulturii (Les Vautours), Grupul 4 (Le groupe 4), România Independentă (La Roumanie indépendante). Nous avons estimé que nous devions nous préparer, rester en contact, nous armer et démarrer une rébellion armée au bon moment. Nous espérions que l’occasion d’une intervention se présenterait, nous pensions qu’une nouvelle guerre allait éclater… Les jeunes étaient enthousiastes — et pas seulement eux. J’étais resté le contact avec toute une série d’anciens membres, présidents et militants du parti dans la partie Nord du comté de Bihor dont je provenais, et j’ai essayé de refaire la filière. Les gens ont répondu avec joie et confiance, ils se sont engagés. J’ai mis chacun d’entre eux en garde sur les risques d’une telle action. Malgré notre enthousiasme, nous nous rendions bien compte du danger, nous savions à qui nous avions affaire et quelles méthodes ils pouvaient utiliser, sans hésitation. »



Nistor Bădiceanu nous parle de la structure du groupe et de ses membres : « Il y avait un noyau de 32 à 35 membres. Finalement, à vrai dire, je ne sais plus combien on était au total. Plusieurs centaines, de toute façon ! L’idée s’était répandue, tous ne se connaissaient pas entre eux. Un membre sur trois recrutait trois autres membres et ainsi de suite. Si une révolte éclatait, on pouvait agir en force. Le groupe avait été organisé dans l’ouest du pays et la plupart de ses membres avaient été recrutés dans la région de la ville d’Oradea et du côté de Marghita, où je connaissais des gens auxquels je pouvais faire confiance. De nombreux souvenirs nous liaient : notre vie de lycéens passée ensemble, les bals ou les différentes activités au sein du parti. Je connaissais leur choix, leurs convictions, leur force de caractère. On ne pouvait pas recruter n’importe qui. »



Quel rôle Bădiceanu a-t-il joué au sein du groupe « La Roumanie indépendante »? Eh bien, celui d’un initiateur, d’un révolutionnaire qui tâchait d’éveiller les autres, de leur faire prendre conscience du danger qui menaçait la Roumanie.



Nistor Bădiceanu : « J’étais « l’instigateur », si vous voulez, l’organisateur. Parce que là, il ne s’agissait pas de direction démocratique, de tenir des conférences ou des congrès, d’élire démocratiquement un dirigeant. C’était un groupe paramilitaire et il fonctionnait comme tel. Nous nous apprêtions à lutter contre le pouvoir ; ce que nous faisions était vraiment ce que les communistes qualifiaient de « crime ourdi contre l’ordre social » – prévu dans le Code pénal et puni comme tel ; son but était en effet de changer l’ordre social par la force. Nous avions des armes — pendant la guerre c’était permis. Nous avions même une charrette à grenades, ensuite des pistolets et des mitraillettes. Ce n’était pas un problème pour nous. Les Allemands s’étant retirés en désordre, des soldats étaient morts, l’arme à côté. Ceux qui l’ont trouvée l’ont prise et cachée. Je parcourais les villages, je rassemblais les gens dignes de confiance et je leur disais ce qu’ils devaient faire, où parler aux autres, à quoi faire attention. Le cercle se resserrait : on avait introduit les quotas, on prélevait le blé des champs, la politique devenait de plus en plus répressive et les conditions pour notre activité de plus en plus propices. »



Bădiceanu avait voulu organiser un groupe de partisans qui devait se retrancher dans les montagnes et mener une lutte armée. Des militaires de l’armée royale, d’anciens membres de la Légion de l’Archange Michel et des paysans dépossédés de leurs terres ont rejoint les membres du PNŢ pour participer à ce mouvement de résistance anticommuniste. 8 mois plus tard, le groupe « La Roumanie indépendante » a été découvert et son noyau arrêté, une personne nouvellement recrutée n’ayant pas gardé le secret.



Ce groupe a prouvé que devant cette hydre du mal, certains ne se sont pas laissé intimider. (Trad.: Dominique)


Après l’installation brutale du communisme en Roumanie, les mouvements de résistance organisés par les partis démocratiques n’ont pas tardé. Le groupe « La Roumanie indépendante », créé par les jeunes du Parti National Paysan (PNŢ) compte parmi eux. Pendant l’été 1947, la direction du PNŢ a été arrêtée par le gouvernement communiste, suite à l’incident de Tămădău.



Il s’agit du moment où les leaders de cette formation politique se virent offrir un avion pour quitter le pays. En fait, les communistes leur avaient tendu un piège, afin d’avoir un prétexte pour arrêter l’opposition démocratique.



Pourtant, les choses ne se sont pas arrêtées là. L’opposition s’est rendu compte qu’une nouvelle étape approchait : celle des affrontements armés, après que les communistes soutenus par les Soviétiques eurent accaparé le pouvoir, entre 1944 et 1947.



A l’initiative des jeunes membres du Parti National Paysan, des groupes de résistance furent créés, dont « La Roumanie indépendante », organisé en 1947.



Nistor Bădiceanu, sénateur du Parti National Paysan Chrétien et Démocrate entre 1992 et 1996, a participé à l’organisation du groupe « La Roumanie indépendante ». Il raconte comment les choses se sont passées dans un entretien conservé par le Centre d’Histoire Orale de la Radiodiffusion roumaine.



Nistor Bădiceanu: « Nous, jeunes membres du Parti Paysan, avons essayé de jeter les fondements d’un réseau subversif. C’est ainsi qu’est née toute une série d’organisations : Vlad Ţepeş (soit Vlad l’Empaleur), Vulturii (Les Vautours), Grupul 4 (Le groupe 4), România Independentă (La Roumanie indépendante). Nous avons estimé que nous devions nous préparer, rester en contact, nous armer et démarrer une rébellion armée au bon moment. Nous espérions que l’occasion d’une intervention se présenterait, nous pensions qu’une nouvelle guerre allait éclater… Les jeunes étaient enthousiastes — et pas seulement eux. J’étais resté le contact avec toute une série d’anciens membres, présidents et militants du parti dans la partie Nord du comté de Bihor dont je provenais, et j’ai essayé de refaire la filière. Les gens ont répondu avec joie et confiance, ils se sont engagés. J’ai mis chacun d’entre eux en garde sur les risques d’une telle action. Malgré notre enthousiasme, nous nous rendions bien compte du danger, nous savions à qui nous avions affaire et quelles méthodes ils pouvaient utiliser, sans hésitation. »



Nistor Bădiceanu nous parle de la structure du groupe et de ses membres : « Il y avait un noyau de 32 à 35 membres. Finalement, à vrai dire, je ne sais plus combien on était au total. Plusieurs centaines, de toute façon ! L’idée s’était répandue, tous ne se connaissaient pas entre eux. Un membre sur trois recrutait trois autres membres et ainsi de suite. Si une révolte éclatait, on pouvait agir en force. Le groupe avait été organisé dans l’ouest du pays et la plupart de ses membres avaient été recrutés dans la région de la ville d’Oradea et du côté de Marghita, où je connaissais des gens auxquels je pouvais faire confiance. De nombreux souvenirs nous liaient : notre vie de lycéens passée ensemble, les bals ou les différentes activités au sein du parti. Je connaissais leur choix, leurs convictions, leur force de caractère. On ne pouvait pas recruter n’importe qui. »



Quel rôle Bădiceanu a-t-il joué au sein du groupe « La Roumanie indépendante »? Eh bien, celui d’un initiateur, d’un révolutionnaire qui tâchait d’éveiller les autres, de leur faire prendre conscience du danger qui menaçait la Roumanie.



Nistor Bădiceanu : « J’étais « l’instigateur », si vous voulez, l’organisateur. Parce que là, il ne s’agissait pas de direction démocratique, de tenir des conférences ou des congrès, d’élire démocratiquement un dirigeant. C’était un groupe paramilitaire et il fonctionnait comme tel. Nous nous apprêtions à lutter contre le pouvoir ; ce que nous faisions était vraiment ce que les communistes qualifiaient de « crime ourdi contre l’ordre social » – prévu dans le Code pénal et puni comme tel ; son but était en effet de changer l’ordre social par la force. Nous avions des armes — pendant la guerre c’était permis. Nous avions même une charrette à grenades, ensuite des pistolets et des mitraillettes. Ce n’était pas un problème pour nous. Les Allemands s’étant retirés en désordre, des soldats étaient morts, l’arme à côté. Ceux qui l’ont trouvée l’ont prise et cachée. Je parcourais les villages, je rassemblais les gens dignes de confiance et je leur disais ce qu’ils devaient faire, où parler aux autres, à quoi faire attention. Le cercle se resserrait : on avait introduit les quotas, on prélevait le blé des champs, la politique devenait de plus en plus répressive et les conditions pour notre activité de plus en plus propices. »



Bădiceanu avait voulu organiser un groupe de partisans qui devait se retrancher dans les montagnes et mener une lutte armée. Des militaires de l’armée royale, d’anciens membres de la Légion de l’Archange Michel et des paysans dépossédés de leurs terres ont rejoint les membres du PNŢ pour participer à ce mouvement de résistance anticommuniste. 8 mois plus tard, le groupe « La Roumanie indépendante » a été découvert et son noyau arrêté, une personne nouvellement recrutée n’ayant pas gardé le secret.



Ce groupe a prouvé que devant cette hydre du mal, certains ne se sont pas laissé intimider. (Trad.: Dominique)

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