Un premier paquet fiscal adopté par l’engagement de la responsabilité gouvernementale
La Roumanie détient un record malheureux : elle affiche le déficit budgétaire le plus élevé de l’Union européenne, à savoir 9,3% du PIB. C’est pourquoi elle doit appliquer d’urgence des mesures visant à rééquilibrer les finances du pays.
Corina Cristea, 08.07.2025, 14:00
Les autorités de Bruxelles, ainsi que les agences de notation suivent attentivement les décisions des autorités de Bucarest, qui ont analysé la situation et les variantes de redressement et ont décidé d’engager la responsabilité du gouvernement devant le Parlement pour un premier paquet de mesures fiscales. « La Roumanie s’emprunte à des coûts élevés chaque jour rien que pour fonctionner et si cette pratique ne s’arrête pas, elle pourrait voir sa note dégradée jusqu’au niveau de « junk », c’est à dire un pays déconseillé aux investissements » – a averti le chef de l’Exécutif de Bucarest, Ilie Bolojan.
Il a présenté lundi, devant le Parlement de Bucarest, le premier paquet fiscal : «Ce paquet vise principalement les aspects suivants : la réorganisation de la TVA. Le taux normal sera de 21 %, mais il y aura un taux réduit, de 11 %, pour les produits alimentaires de base, les médicaments, le bois de chauffage, les livres, les eaux usées, l’énergie thermique et le secteur de l’HORECA, du moins temporairement. L’augmentation nécessaire de plusieurs accises. Les droits d’accise augmenteront de 10 % sur l’alcool et les carburants. Ils augmenteront également sur le tabac. Introduction de la contribution à la Santé pour les retraites supérieures à 3 000 lei par mois (600 euros), dont seulement la partie qui dépasse ce seuil qui sera soumise à cette contribution. L’objectif en est d’augmenter le nombre de contribuables à l’assurance maladie. Aujourd’hui, nous comptons un peu plus de 6 millions de contribuables et plus de 16 millions de bénéficiaires. Le système ne peut pas fonctionner dans ces conditions. Imposition des grands capitaux. L’impôt sur les dividendes passera à 16 % à compter du 1er janvier 2026. Les bénéfices supplémentaires des banques et des sociétés de jeux d’argent se verront imposer un impôt supplémentaire tout comme et les gains issus des jeux de fortune. Gel de certaines dépenses budgétaires. En 2026, nous ne pourrons plus augmenter les salaires, ni les retraites du secteur public. Les capacités de financement sont tout simplement insuffisantes. Les embauches et les hausses salariales injustifiées sont également limitées. » a expliqué Ilie Bolojan.
Autant de mesures impopulaires mais absolument nécessaires, affirment les responsables gouvernementaux, étant donné que près de 40 % du déficit est engendré par des dépenses permanentes, notamment pour couvrir les salaires, et que la Roumanie compte également parmi les Etats de l’UE ayant les recettes fiscales les plus basses : à savoir moins de 30 % du PIB, par rapport à 40 % du PIB en Europe Occidentale.
« La situation sera meilleure à la fin de l’année prochaine »,
… a pourtant rassuré le Premier ministre, qui a également annoncé que l’Exécutif préparait un deuxième paquet de mesures, qui sera présenté au Parlement d’ici la fin du mois. Selon Ilie Bolojan, le 2e paquet porte sur la réforme des régimes spéciaux de retraite, la réforme des entreprises publiques, mais aussi de l’administration locale et centrale. Pour l’instant, le premier paquet de mesures budgétaires sera adopté si, au cours des trois jours suivant sa présentation, l’opposition ne dépose pas de motion de censure contre le cabinet Bolojan et que cette motion est également adoptée par le Parlement. Grâce au nombre confortable de sénateurs et députés au sein de la coalition gouvernementale, l’Exécutif ne craint toutefois pas un éventuel rejet de sa proposition.