Le gouvernement explique la hausse des taxes et impôts
Etant donné le vif mécontentement de la population suite à la majoration des taxes et impôts sur les biens et les propriétés, l’Exécutif de Bucarest fait quelques précisions.
Leyla Cheamil, 12.01.2026, 11:42
Les taxes augmentent de 80 %. Le mécontentent est général.
La nouvelle année est arrivée en Roumanie, avec une myriade de majorations de taxes et impôts sur les immeubles, les terrains et les véhicules, suscitant un vaste mécontentement de la part de la population. Et pour cause. Au niveau national, il s’agit d’une hausse moyenne de 70, voire 80 % par rapport aux sommes payées l’année dernière.
Le Gouvernement explique
Sur toile de fond d’un mécontentement général, le gouvernement de Bucarest a fait plusieurs précisions, afin de justifier ces mesures tellement impopulaires. Aux dires de l’Exécutif, les recettes issues de ces taxes étaient plutôt basses, alors que les impôts n’avaient pas été alignés sur le taux d’inflation, ce qui a causé des pertes importantes aux budgets des autorités locales. En même temps, le gouvernement précise que parmi les Etats-membres de l’UE, la Roumanie affichait un des taux les plus bas issus des recettes concernant l’impôt sur les biens et les propriétés, à savoir uniquement 0,55 % du PIB, à comparer avec la moyenne européenne de 1,85 %. Plus encore, il y avait de grands écarts d’impôts d’une localité à l’autre, et, dans le cas des personnes physiques, leur niveau ne tenait pas compte de la valeur sur le marché du bâtiment en question. Plus d’un tiers des impôts n’avait pas été payé, ce qui a causé des pertes importantes de recettes pour les autorités locales, des iniquités entre les contribuables et une chute de la performance au sein de l’administration. Cela s’est également traduit par la hausse des sommes transférées depuis le budget national aux autorités locales, précise encore un communiqué de l’Exécutif de Bucarest.
Une réforme assumée il y a longtemps
D’ailleurs, cette réforme des impôts sur les biens et les propriétés avait été assumée par Bucarest depuis déjà la période 2021-2022, dans le cadre du Plan National de Relance et de Résilience, tout comme dans toutes ses négociations avec la Commission européenne, afin de diminuer le déficit budgétaire, sans oublier le Plan fiscal et budgétaire structurel sur le moyen terme. Elle figure également dans l’engagement assumé par le gouvernement de la Roumanie en décembre 2024 et approuvé en janvier 2025 par la Commission européenne.
Autre priorité : le réforme de l’administration
Et ce n’est pas tout : la réforme de l’administration compte aussi parmi les priorités de l’Exécutif roumain pour ce début d’année, conformément à l’accord conclu au sein de l’coalition gouvernementale. Concrètement, il s’agit de réduire de 10 % les dépenses de l’administration publique centrale et locale. Chaque autorité décidera si cette réduction est faite au niveau des postes ou du personnel. À leur tour, les ministères et toutes les institutions centrales doivent parachever le schéma de réduction, étant donné que le premier ministre libéral, Ilie Bolojan, a déjà annoncé l’intention de son cabinet d’engager sa responsabilité devant le Parlement sur la réforme de l’administration en ce mois de janvier même, dans le cadre une réunion extraordinaire du Législatif.
À noter que la réforme de l’administration publique est une condition essentielle de la construction budgétaire de cette année, qui, selon le premier ministre, ne peut pas dépasser un déficit de 6,4 % du PIB, conformément aux engagements assumés par la Roumanie. Notons pour terminer que les chiffres de l’année dernière du ministère des Finances font déjà état d’une diminution de 32 000 postes occupés au sein des institutions et des autorités publiques en novembre dernier par rapport à janvier 2025. (trad. Valentina Beleavski)