Le gouvernement roumain s’apprête à adopter la réforme sur l’administration publique
Avant d'adopter le budget de l'État pour 2026, le gouvernement de Bucarest s'engagera à réformer l'administration
Daniela Budu, 13.01.2026, 12:31
Les premières consultations entre le Premier ministre libéral Ilie Bolojan et les cinq vice-premiers ministres sur le budget de l’État, priorité affichée de l’exécutif en ce début d’année, se sont tenues lundi à Bucarest. Le projet budgétaire, que le gouvernement doit adopter le mois prochain, devra intégrer un déficit de 6,4 % et inclure les 195 projets inscrits dans le Plan national de relance et de résilience (PNRR), jugés essentiels pour le développement de l’économie et des infrastructures nationales, a précisé Ilie Bolojan. Pour le chef du gouvernement, la réforme de l’administration est indispensable et doit précéder l’adoption du budget. À défaut d’une réduction des dépenses ou des effectifs, a-t-il averti, les fonds publics continueront d’alimenter des administrations jugées inefficaces, au détriment des investissements attendus par les communautés locales. Cette réforme s’impose également au niveau de l’administration centrale, a ajouté le Premier ministre, annonçant que chaque ministre mènera ses propres analyses afin d’identifier les économies possibles en matière de dépenses et de personnel. L’exécutif devra ainsi adopter sans délai la réforme de l’administration locale et centrale, destinée à fixer précisément les allocations financières des ministères et des collectivités territoriales, un chantier repoussé depuis plusieurs mois en raison de divergences au sein de la coalition gouvernementale, ainsi que la réforme des entreprises publiques.
Réforme administrative et rationalisation des entreprises publiques
Dans ce cadre, le gouvernement devra trancher le sort de plus de 1 500 entreprises publiques, certaines devant être dissoutes, d’autres fusionnées ou restructurées. Sur une chaîne de télévision, le ministre de la Défense, Radu Miruţă, a annoncé que la réforme de l’administration publique, tant locale que centrale, serait adoptée lors de la réunion du gouvernement prévue la semaine prochaine. Pour ce texte, le Premier ministre Ilie Bolojan engagera la responsabilité de son gouvernement devant le Parlement, à l’occasion d’une session extraordinaire. Une fois la réforme validée, celle-ci devrait se traduire, selon le ministre, par une réduction globale des dépenses de 10 %. Le ministère des Finances publiera alors les plafonds budgétaires auxquels chaque ministère devra se conformer. Radu Miruţă a également indiqué qu’un projet visant à relever l’âge de départ à la retraite dans les structures de l’ordre public et de la défense (secteurs où ni les salaires ni les effectifs ne peuvent être réduits dans le contexte de la guerre en Ukraine voisine) serait élaboré d’ici la semaine prochaine. L’ensemble de ces dossiers doit être examiné lundi lors d’une nouvelle réunion de la coalition gouvernementale.
Éducation, santé et régimes spéciaux à l’agenda
S’agissant de l’éducation, le ministre a précisé que la réduction de 10 % inclut également les économies déjà réalisées l’an dernier. Dans le domaine de la santé, le gouvernement a évoqué la possibilité d’atteindre cet objectif en révisant les catégories de classement des hôpitaux. Par ailleurs, un autre projet législatif majeur, resté en suspens depuis l’année dernière aux côtés de la réforme administrative, concerne la modification des régimes spéciaux de retraites des magistrats. Le Premier ministre a assuré que le texte respectait pleinement les dispositions constitutionnelles. Après plusieurs reports successifs, une décision de la Cour constitutionnelle sur ce dossier est attendue dans le courant de la semaine.