De nouvelles manifestations s’annoncent en Roumanie
Les syndicalistes roumains reprennent leurs manifestations contre les politiques sociales et salariales du Gouvernement
Bogdan Matei, 02.02.2026, 13:38
Hausse de la TVA, augmentation des accises sur les carburants, impôts et droits de douane parfois de deux à trois fois plus élevés par rapport à l’année dernière, constante flambée des factures d’énergie et de gaz, inflation difficile à maîtriser – autant de problèmes que la société ressent en cette début d’année. D’ailleurs, cet hiver est particulièrement difficile en Roumanie. Par conséquent la reprise des manifestations était inévitable. Les syndicalistes contestent les politiques sociales et salariales de la coalition gouvernementale qui réunit le Parti Social-Démocrate, le Parti National Libéral, l’Union Sauvez la Roumanie et l’Union Démocrate Magyare de Roumanie.
L’Education
D’ailleurs, les syndicats de l’éducation recueillent déjà des signatures pour organiser une grève. Celle-ci aurait lieu pendant les simulations de l’examen du baccalauréat, prévues en mars. Les enseignants sont particulièrement mécontents de l’augmentation du nombre d’heures didactiques de 18 à 20 heures par semaine et de la baisse de leur rémunération par heure. Ils n’ont pas encore d’interlocuteur à la tête du ministère. La porte-parole du gouvernement, Ioana Dogioiu, a déclaré que le Premier ministre Ilie Bolojan soumettrait une proposition pour le poste de ministre de l’Education dans les plus brefs délais. « Je ne peux pas vous donner de date limite et, j’anticipe la question, il n’y a pas de nom », a déclaré Ioana Dogioiu qui a rappelé que le poste de ministre de l’Education était normalement assigné au Parti national libéral. Rappelons-le, à l’heure où l’on parle c’est le Premier ministre qui assure lui-même l’intérim au Ministère de l’Education, suite à la démission, en décembre dernier, de Daniel David, devenu l’un des ministres les plus impopulaires du gouvernement. D’ailleurs, la rentrée scolaire en Roumanie a été marquée par des manifestations d’enseignants, mécontents des modifications prévues dans le plan de réduction du déficit budgétaire, adopté par l’engagement de la responsabilité gouvernementale devant le Parlement. Le 8 septembre, les cours ont été suspendus dans certains établissements scolaires du pays et les enseignants ont refusé de participer aux festivités consacrées à la rentrée scolaire, mécontents de la surcharge de travail, du nombre élevé d’élèves par classe et de la baisse de leurs salaires. Plusieurs élèves les ont rejoints. Ils ont contesté les mesures d’austérité adoptées l’année précédente, qui ont entraîné la réduction du budget des bourses et la suppression de certaines réductions sur les transports en commun.
La santé
Les syndicalistes du secteur de la Santé menacent également de protester. Ils s’inquiètent des coupes budgétaires envisagées et craignent que la réduction de 10 % des dépenses de personnel dans le secteur public ne les concerne également. Les représentants du syndicat Sanitas envisagent donc de déclencher une grève générale, les services médicaux ne devant être assurés qu’en cas d’urgences graves. Le ministre de la Santé, Alexandru Rogobete, a déclaré qu’il n’était pas favorable à une réduction des salaires du personnel médical, mais qu’il préconisait une rémunération basée sur le mérite, reposant sur le travail effectué, sur les résultats obtenus et sur la responsabilité professionnelle.