Le gouvernement roumain se prépare pour des prêts massifs
Le gouvernement de Bucarest estime avoir besoin de quelque 275 milliards de lei (pas moins de 55 milliards d’euros) pour couvrir le déficit budgétaire et pour refinancer sa dette publique de 3,25 milliards d’euros qui arrivera cette année à échéance.
Roxana Vasile, 29.01.2026, 13:59
Trouver des fonds pour couvrir le déficit et la dette publique
L’équivalent d’environ 55 milliards d’euros, c’est la somme dont la Roumanie a besoin pour couvrir son déficit qui ne baissera pourtant pas en dessous des 6 % du PIB cette année. Cet argent lui est nécessaire entre autres pour refinancer sa dette publique de 3,25 milliards d’euros qui arrivera cette année à échéance. Pour ce faire, l’Exécutif de la coalition formée du Parti National Libéral, Parti Social-Démocrate, de l’Union Sauvez la Roumanie et de l’Union Démocrate Magyare de Roumanie vise à contracter des prêts d’environ 34 milliards d’euros sur le marché intérieur et de quelque 21 milliards depuis l’extérieur, selon un projet de décision gouvernementale. Selon le ministère des Finances, à l’origine du document, les sommes à emprunter sur le marché extérieur seront assurées par l’émission d’euro-bonds d’une valeur de 10 milliards d’euros, et le reste proviendra des prêts aux taux avantageux accordés dans le cadre de programmes de l’Union européenne, tels que le Plan National de Relance et de Résilience et l’instrument SAFE, des prêts contractés auprès des institutions financières internationales et d’investissements privés.
Des dettes publiques à la hausse sur l’ensemble de l’UE
Tout cela, dans le contexte où, d’après les dernières données d’Eurostat, l’année dernière, la Roumanie figure parmi les Etats-membres de l’Union européenne ayant enregistré les plus fortes hausses de la dette publique rapportée au PIB. A préciser au niveau de l’UE la dette publique a dépassé les 82 % du PIB, et qu’elle a supérieure à 88 % du PIB dans la zone euro. En fait, par rapport à l’année 2024, cette dette a augmenté tant dans l’UE, que dans la zone euro, ce qui témoigne de la lenteur des ajustements budgétaires et d’un niveau toujours élevé des dépenses publiques, expliquent les journalistes économiques. D’ailleurs, selon eux, la dette publique demeure l’une des principales faiblesses de l’économie européenne. En fait, les disparités entre les États-membres sont considérables : en France, en Italie et en Espagne, la dette publique excède largement les 100 %, tandis qu’à l’opposé, en Bulgarie, en Estonie et au Luxembourg, elle est inférieure à 40 % du PIB.
Clin d’oeil sur l’évolution de la dette publique en Roumanie
En Roumanie, la dette publique, bien qu’inférieure à la moyenne européenne (près de 59 % du PIB), ne cesse d’augmenter. Ici, le déficit budgétaire abyssal contraint l’État à s’emprunter pour financer non seulement ses investissements, mais aussi ses dépenses courantes, étant doublé par des dépenses supérieures aux recettes même en période de croissance économique, des taux d’intérêt élevés sur les crédits déjà contractés et les pressions inflationnistes : autant de facteurs qui, conjugués, rendent la Roumanie plus vulnérable, malgré une dette publique inférieure à celle d’autres pays.
« Ces dernières années, les gouvernements roumains ont fait passer la dette publique d’environ 60 milliards d’euros en 2015 à près de 200 milliards d’euros aujourd’hui », explique l’économiste Radu Nechita pour le site d’informations Digi24. Plus encore, « le triplement de la dette en valeur nominale est un signe de débauche budgétaire et d’irresponsabilité fiscale de la classe politique », ajoute-t-il. Le coût de cette politique budgétaire se répercute directement sur le quotidien des contribuables et sur l’économie privée. Le seul point positif, selon l’économiste, est le fait que les autorités comprennent désormais que cette situation est intenable et que l’objectif budgétaire minimal doit être l’équilibre budgétaire en chaque année de croissance économique. (trad. Alex Diaconescu)