Le courrier des auditeurs du 20 février 2026
Ioana répond à vos lettres et à vos messages
Ioana Stăncescu, 20.02.2026, 10:07
Madame, Monsieur, bonjour ou bonsoir et merci d’être à l’écoute d’une nouvelle édition du courrier des auditeurs. Au micro, Ioana, un peu enrhumée, mais contente de vous tenir compagnie dans les minutes suivantes. Des minutes que je vais consacrer aux feedback très généreux que nous avons reçus de votre part suite à l’émission spéciale concoctée par notre équipe à l’occasion de la Journée mondiale de la radio.
La Journée mondiale de la radio – retours sur notre RRI spécial
Je vous rappelle que cette année, l’UNESCO nous a invité à nous pencher sur une thématique très actuelle : l’intelligence artificielle. Alors, dans la première partie de notre émission, nous avons invité au micro Cristi Movila, un spécialiste de l’IA pour savoir comment celle-ci peut être utilisée dans les productions radio. Nous avons donné également la parole à une application IA au sujet de ses capacités à remplacer le travail d’un journaliste de radio, avant de passer en revue quelques tendances du moment selon les statistiques internationales. Puis, au nom des journalistes, Stylian Deyanov, un de nos confrères bulgares, nous a fait part de son manque de confiance envers l’IA. Dans la seconde partie de notre émission, nous avons donné la parole à la jeune génération pour savoir comment elle voit la place de l’IA dans les productions radiophoniques. Nous avons examiné aussi les opinions des Roumains et leurs pratiques en matière d’utilisation quotidienne de l’intelligence artificielle et nous avons terminé par un regard précis jeté par Robert Schwartz, le Président-Directeur général de la Radiodiffusion Roumaine, sur la position de la Radio publique roumaine au sujet de l’utilisation de l’IA dans la production radiophonique et du rôle de la radio publique parmi les nombreux médias actuels.
Vous avez été nombreux à nous avoir félicités pour cette belle production.
Et je commence par remercier M. Paul Jamet, de France qui nous a félicités chaleureusement. Et voilà ce qu’il nous a écrit : « RRI a vraiment bien répondu à la proposition de l’UNESCO, à savoir aborder les défis liés à l’arrivée de l’I.A. dans le domaine radiophonique. Toutes mes félicitations pour cette très belle émission, très riche en informations, en sujets de réflexion. Bravo, bravo. » Nous sommes très contents que cette émission vous ait plu et que vous êtes restés à l’écoute jusqu’à la fin. Merci à vous et à bientôt sur nos ondes !
Je voudrais passer le bonjour de nous tous à notre jeune auditeur Raphaël Voydis, qui a tenu à nous souhaiter une très belle fête internationale de la radio ! Merci, c’est très sympa de ta part et très encourageant, en sachant qu’il s’agit d’un jeune auditeur qui, comme l’affirme lui-même, «aime rester scotché devant son Transistor ». Et, justement parce qu’il s’agit de quelqu’un si jeune, je pense que c’est intéressant de vous faire part de sa manière à lui de voir la place que l’IA peut occuper dans le métier du journaliste. Voilà donc ce que Raphaël affirme : « Forcément je suis contre l’utilisation de l’IA dans le journalisme, cela s’explique sur plusieurs points. La neutralité : si on demande à une IA de traiter une information, par exemple « Nicușor Dan a décidé de passer la Roumanie à l’Euro » l’IA pourrait prendre un parti en disant « Nicușor Dan à décidé que la Roumanie passerait à l’Euro, une décision qui va fortement ruiner les Roumains », En effet ce n’est pas trop bon pour la Radio Internationale censée être totalement neutre, de diffuser un « Avis caché » d’une information. L’IA ne peux pas remplacer un Journaliste, ajoute Raphaël et continue: « en effet et c’est très pertinent, une bonne partie des taches réalisées par un journaliste ne peux pas être effectuées par une IA, par-exemple aller sur le terrain, je vois mal un ordinateur devant une personne interviewer une personne, ou encore la voix, ce qui me fais écouter la Radio en premier lieu est le fait que c’est vivant, il y a des personnes derrière les micros, et remplacer ces voix humaines par une IA, ca serait tuer le charme de la Radio ». Il y a aussi une question d’éthique, poursuit notre jeune auditeur : « sans étonnement derrière cela il y a l’éthique des licenciements et la destruction des services internationales qui rentrent en jeu, ça serait que supprimer des postes et détruire définitivement la Radio. En conclusion, dit-il, l’IA est bien pour rédiger une rédaction pour les cours, mais pas pour faire du Journalisme, il faut que les voix de nos animateurs préférés restent à l’antenne, cela fait vivre les Ondes.
Et puis, à la fin, il nous donne aussi son généreux retour sur notre émission spécialement réalisée pour la journée de la radio. « 55 Minutes de programme pour cette journée spéciale, pas besoin de rappeler la qualité de ce reportage qui en soit est très intéressant, on y apprend beaucoup de choses, mais surtout on vous la vision du sujet de l’IA et le Journalisme de l’œil de plusieurs personnes !
Merci à toute l’équipe de RRI, à nos Stagiaires Préférés et aux intervenants pour ce merveilleux reportage ! » Merci à toi, Raphaël, cela nous fait chaud au cœur d’avoir des feedbacks si généreux.
Comment allez-vous, cher M. Jacques Augustin de Rosny-sous-Bois ? Je suis très heureuse que ma petite réponse sur les oiseaux vous a fait rêver du Delta du Danube que vous avez eu la chance de découvrir lors de votre premier voyage sur les terres d’Ovide à Tulcea, comme vous le dites. Nous avons bien reçu votre rapport d’écoute et encore une fois, je me réjouis de constater que la Rétrospective culturelle sur 2025 que j’ai concoctée avec Charlotte a suscité votre intérêt. Quant aux lynx, selon les dernières données offertes par la société World Wildlife Fund de Roumanie, à l’heure actuelle et suite aux mesures de protection, le pays recenserait plus de 2700 exemplaires, vivant dans les forêts des Carpates. Selon d’autres sites, tels SilvaNews, la population de lynx serait forte de seulement 1500 exemplaires. De toute manière, une chose est sûre : la Roumanie est le pays avec la population de lynx la plus significative d’Europe. La question sur les syndicats ce sera pour une autre fois. En revanche, je voudrais vous donner quelques informations sur les problèmes auxquels se confronte les médecins et le système de santé de Roumanie.
L’exode des jeunes médecins roumains
En Roumanie, l’exode des jeunes médecins s’explique par toute une série de problèmes auxquels le système se confronte depuis des dizaines d’années, dont notamment la bureaucratie, le gel des embauches, le sous-financement, le manque de dotations. 75 % des étudiants en médecine de Roumanie ne pensent pas pouvoir mener une carrière satisfaisante dans leur pays. Près de la moitié des Internes ne font pas confiance au système public.
Ce sont les résultats d’un sondage en ligne mené auprès 4 200 jeunes médecins âgés de moins de 35 ans. L’étude « Respect pour les jeunes médecins » examine en détail les raisons pour lesquelles les jeunes médecins choisissent de quitter la Roumanie : des conditions de travail très difficiles, le manque de prédictibilité, la méfiance envers la qualité du système, tout cela montre le décalage entre les attentes des médecins et la situation précaire des hôpitaux publics.
Environ 57 % des étudiants qui ont l’intention de quitter la Roumanie dans les dix ans à venir considèrent que le système actuel n’offre pas suffisamment d’opportunités de pratique réelle, invoquant l’absence de contact direct avec les patients et l’impossibilité d’entrer en salle d’opération. Environ 8 médecins internes sur 10 déclarent craindre les conséquences négatives sur leur carrière s’ils refusent d’effectuer des gardes non rémunérées. « Les problèmes ne concernent pas seulement les salaires, plus bas qu’en Occident, mais aussi le respect envers le médecin, la confiance dans le système et le fonctionnement quotidien des hôpitaux, affirment les médecins qui réclament à l’unisson des conditions de travail modernes, des revenus prédictibles et corrects et un système sans pression.
Les pathologies les plus fréquentes en Roumanie
Parlons aussi des pathologies auxquels les Roumains se confrontent dernièrement. Selon un sondage réalisé par Ipsos Roumanie, les médecins généralistes ont constaté ces quatre dernières années une augmentation significative des maladies liées à la santé mentale, des affections oncologiques et cardiaques. De même, selon les médecins généralistes, l’obésité et le diabète sont à la hausse. 9 médecins traitant sur 10 s’accordent à dire que la télémédecine joue un rôle important, et 83 % des médecins interrogés voient les avantages des soins médicaux à distance. Cependant, les médecins soulignent que la télémédecine ne peut pas remplacer complètement la communication entre le médecin et le patient. L’étude Ipsos souligne également qu’un médecin généraliste sur deux rapporte que moins de 29 % de ses patients se font vacciner contre la grippe, et trois médecins généralistes sur quatre déclarent avoir constaté une augmentation du nombre d’enfants souffrant de problèmes respiratoires.
Par ailleurs, après les années de pandémie, les problèmes de santé mentale, tels que le stress, l’anxiété et la dépression, sont devenus de plus en plus importants. L’isolement social, la perte d’emploi, l’incertitude quant à l’avenir et les craintes liées à la santé ont eu un impact majeur sur la santé mentale de la population. Les médecins généralistes, qui sont en première ligne pour entrer en contact avec les patients, jouent un rôle crucial dans la fourniture d’un soutien adéquat à ces derniers », a déclaré une responsable chez Ipsos Roumanie.
Voilà quelques propos la santé des Roumains et les problèmes auxquels le système se confronte. Dernièrement, le premier ministre roumain a véhiculé l’idée d’obliger les jeunes médecins ayant fait leurs études en Roumanie de rester travailler quelques années sur place. Mais pour cela, il fait s’assurer que le système est prêt à les intégrer, ce qui n’est pas du tout le cas.
Madame, Monsieur, c’est tout pour cette semaine. Ioana vous remercie de votre attention et vous donne rendez-vous le mois prochain au micro du courrier. En attendant, prenez soin de vous !