Bucarest rassure et se mobilise face aux tensions au Moyen-Orient
Les autorités roumaines sont en état d'alerte dans le contexte du conflit au Moyen-Orient
Daniela Budu, 02.03.2026, 10:47
La Roumanie « est en totale sécurité et ne fait l’objet d’aucune menace directe », a affirmé le président Nicușor Dan, dans un contexte régional marqué par une nette dégradation de la situation sécuritaire au Moyen-Orient. Le chef de l’État a tenu à rassurer la population, soulignant que, malgré les tensions, « notre pays n’est pas en danger » et que l’ensemble des institutions compétentes en matière de politique étrangère et de sécurité suivaient de près l’évolution des événements, en prenant toutes les mesures nécessaires. Il a également insisté sur la priorité absolue accordée à la sécurité des ressortissants roumains présents dans les zones de conflit, les appelant au calme et au strict respect des consignes émises par les autorités locales et nationales. De son côté, le Premier ministre Ilie Bolojan a assuré les Roumains affectés par la crise de son soutien et de sa compréhension face à leur inquiétude. La protection de chaque citoyen roumain demeure la priorité des autorités de Bucarest, a-t-il déclaré, précisant qu’il suivait personnellement l’évolution de la situation en lien étroit avec le ministère des Affaires étrangères, ainsi qu’avec les ambassades et consulats roumains dans la région. Le personnel diplomatique et consulaire est pleinement mobilisé et prêt à intervenir pour fournir une assistance à tous ceux qui en auraient besoin, a-t-il ajouté. Le chef du gouvernement a également exhorté les ressortissants roumains présents au Moyen-Orient à respecter scrupuleusement les recommandations des autorités locales, à éviter tout déplacement non essentiel et à signaler leur présence auprès des représentations diplomatiques roumaines afin de faciliter toute intervention éventuelle.
Coordination diplomatique et préparation de scénarios d’évacuation
Face à la détérioration rapide de la situation, le Premier ministre a convoqué lundi une réunion gouvernementale consacrée au sort des citoyens roumains bloqués dans les zones limitrophes de l’Iran, dans le prolongement de l’activation d’une cellule de crise par le ministère des Affaires étrangères. Cette réunion, organisée avec la participation en ligne des chefs de missions diplomatiques roumaines dans les pays concernés, visait à renforcer la coordination et à identifier des solutions concrètes pour assurer la sécurité des ressortissants. Les autorités s’emploient à maintenir un contact permanent avec les citoyens concernés et à préparer leur retour dès que les conditions le permettront. La ministre des Affaires étrangères, Oana Țoiu, a appelé les Roumains présents dans les zones de conflit à transmettre leurs coordonnées aux services consulaires, afin de faciliter leur prise en charge. Elle a également indiqué que Bucarest élaborait des plans d’évacuation, conformément aux recommandations des pays de la région, qui pourront être activés dès la réouverture de l’espace aérien et le rétablissement de conditions de transit sûres. Dans ce contexte, le ministère des Affaires étrangères a confirmé suivre en permanence la situation des ressortissants roumains et maintenir un dialogue constant avec ses missions diplomatiques et consulaires. Selon la cheffe de la diplomatie roumaine, les représentations du pays coopèrent étroitement avec le réseau consulaire des autres États membres de l’Union européenne, afin de coordonner l’assistance apportée aux citoyens roumains et européens, tout en renforçant le dialogue politique avec les autorités régionales. Dans le même esprit, elle a participé dimanche soir à une réunion extraordinaire en ligne du Conseil des affaires étrangères de l’Union européenne, convoquée par le haut représentant pour les affaires étrangères et la politique de sécurité, aux côtés de ses homologues européens, afin d’évaluer les développements récents et d’harmoniser la réponse diplomatique face à l’escalade des tensions au Moyen-Orient.