Inquiétudes concernant le prix des carburants
La guerre au Moyen Orient provoque une flambée des prix des carburants, et alors que la situation se complique dans la région du Golfé, l’impact sera encore plus important.
Corina Cristea, 09.03.2026, 14:52
Le Moyen-Orient, une des principales régions productrices de pétrole au monde, joue un rôle majeur dans l’équilibre entre l’offre et la demande sur le marché pétrolier mondial, et tout conflit dans la région entraîne des répercussions en cascade. C’est précisément ce qui se produit actuellement : la guerre lancée par les États-Unis et Israël contre l’Iran, qui s’est ensuite étendue à plusieurs pays, a provoqué une crise dans le détroit d’Ormuz, par lequel transite 20 % du pétrole mondial. Dans ce contexte de guerre au Moyen-Orient, le prix du Brent extrait de la mer du Nord et celui du pétrole brut américain ont tous deux franchi la barre des 90 dollars le baril la semaine dernière, après une hausse sans précédent.
Le marché des carburants est lié à la situation internationale
La Roumanie n’est pas totalement dépendante des importations de pétrole, mais son marché des carburants est fortement lié à l’évolution de la situation internationale. « Dès octobre dernier, nous avons commencé, avec toutes les entreprises roumaines, à mettre en place des voies d’approvisionnement alternatives en carburants, sans savoir que cet événement allait se produire », explique le ministre de l’Énergie, Bogdan Ivan. Cela nous a permis, précise-t-il, de constituer des stocks pour au moins cinq mois, de sécuriser des itinéraires alternatifs, et actuellement, près de 7 % de la consommation totale de pétrole raffiné en Roumanie transite par le détroit d’Ormuz. Ce que je peux vous affirmer très clairement, c’est que grâce aux mesures que j’ai prises au sein du gouvernement roumain, la Roumanie, malgré la hausse du prix des carburants, affiche actuellement l’une des augmentations les plus faibles parmi les États membres de l’UE, a déclaré le responsable.
Le diesel, le champion de la flambée des prix des carburants
Cette hausse a particulièrement affecté le prix du diesel, qui a augmenté de 50 bani par litre en une semaine. La moitié du prix final à la pompe correspond aux taxes perçues par l’État : droits d’accise et TVA. Le ministre Bogdan Ivan a déclaré que le gouvernement envisageait une possible réduction de ces taxes afin d’éviter que le prix n’atteigne 10 lei le litre. Bogdan Ivan : « Nous sommes prêts à toute intervention dans l’intérêt des Roumains et nous envisageons, temporairement, jusqu’à ce que la situation se stabilise dans le détroit d’Ormuz et au Moyen-Orient, d’agir de manière ciblée et ponctuelle afin d’atténuer cet impact négatif. Il est primordial pour nous de ne pas dépasser les deux chiffres. »
Mesures pour protéger les consommateurs de gaz naturel
La semaine dernière, un acte normatif a également été adopté concernant la protection des consommateurs roumains de gaz naturel. Ce texte garantit le plafonnement, pendant un an, du prix payé par le consommateur. « Nous avons tiré les leçons du passé et nous mettons tout en œuvre pour maintenir les prix au plus bas. Nous disposons de suffisamment de carburants », affirme Bogdan Ivan. Les Roumains ne sont cependant pas totalement à l’abri, car la hausse des prix des carburants a des répercussions en chaîne. Dès lors que les transports deviennent plus coûteux, les prix d’une large gamme de produits augmentent, des produits alimentaires aux biens industriels. Et dans une économie déjà marquée par l’inflation et l’incertitude, ces nouvelles pressions sur les coûts pourraient compliquer les efforts de stabilisation économique.