Des disputes politiques autour du budget 2026
Les projets du budget d’Etat et de la sécurité sociale de la Roumanie se retrouveront mercredi en débat au plénum du Parlement, avant le vote final de jeudi.
Corina Cristea, 16.03.2026, 12:33
Atmosphère tendue au sein de la coalition gouvernementale
Atmosphère tendue au sein de la classe politique de Bucarest. La pomme de discorde est la même : le budget d’Etat 2026 qui se laisse attendre. Jeudi soir l’Exécutif a adopté la variante finale de l’acte normatif, résultat des négociations étalées sur des mois entiers au sein de la coalition gouvernementale. Pourtant selon les principaux partis de la coalition, le PSD et le PNL, certains sujets ne font toujours pas l’unanimité.
« Nous avons proposé un budget équilibré, mais qui n’est pas dépourvu de quelques défis : parmi eux, réduire le déficit budgétaire, soit pratiquement le premier pas important qui nous ramène dans la voie que la Roumanie a assumée il y a 3-4 ans pour réduire le déficit suite aux dérapages des années précédentes », a déclaré le premier ministre Ilie Bolojan.
Des mesures sociales non-négociables, selon le PSD
De leur côté, les sociaux-démocrates lui reprochent le sous-financement des programmes sociaux. Mécontent du fait que, dans la forme adoptée par le gouvernement, les mesures qu’ils ont proposées pour le paquet dit « de solidarité » ne seront couvertes que partiellement par le budget d’Etat, les sociaux-démocrates ont décidé dimanche soir de donner leur vote au projet du budget au Parlement, mais n’ont pourtant pas renoncé à l’idée de déposer des amendements visant les mesures sociales.
L’appui aux amendements déposés n’est pas négociable, a martelé le chef du parti, Sorin Grindeanu :
« Je ne veux pas négocier la hausse des indemnités pour les enfants touchés d’un handicap, ni l’exemption du paiement de l’assurance maladie pour les mères en congé de maternité ni pour les vétérans de guerre ou le personnel monacal. Je ferai appel à la bonne foi des parlementaires, il n’y aura aucune négociation politique. »
Une question de ressources, selon le premier ministre
Pour sa part, le premier ministre a qualifié de « populiste » la démarche du PSD, dans le contexte où les ressources pour couvrir les mesures sociales proposées ne sont pas mentionnées.
Ilie Bolojan : « Que faut-il que tous les Roumains comprennent ? Que toute proposition de dépense supplémentaire ne sort pas du néant. Toute dépense supplémentaire doit être couverte d’une manière ou d’une autre. Quelqu’un perd de l’argent, pour en mettre ailleurs. Le problème c’est que cet argent vient des crédits. Et rien que cette année les taux d’intérêt sur lesquels table ce budget sont estimés à 60 milliards de lei (12 milliards d’euros environ). Par ce jeu d’amendements à caractère social, le PSD tente de promouvoir une rhétorique semblable à celle de l’Alliance pour l’Union des Roumains (parti populiste, ultranationaliste), essayant d’une manière ou d’une autre de se délimiter des responsabilités qui incombent à ce gouvernement, des responsabilités qui nous concernent tous, car ce n’est pas facile de corriger des déficits ».
Les avis sont partagés
Par ailleurs, le PNL attire l’attention sur le fait que toute tentative d’imposer des modifications par un vote surprise au Législatif pourrait être contraire à l’accord politique conclu entre les partenaires à la gouvernance et causer une nouvelle crise politique.
Dans l’opposition, le parti souverainiste de l’Alliance pour l’Union des Roumains conditionne son vote positif pour le budget d’Etat 2026 par l’acceptation de plusieurs propositions avancées par ses représentants, dont le retour à la TVA différentiée de 19 % et 9 % ou encore la diminution effective de dépenses pour plusieurs catégories de biens et services. (trad. Valentina Beleavski)