Le rôle de la Roumanie dans la reconstruction de l’Ukraine
Bucarest veut s’imposer comme acteur clé de la reconstruction de son voisin ukrainien.
Leyla Cheamil, 25.03.2026, 13:05
« La Roumanie demeure un partenaire solide de l’Ukraine ; à ce titre, nous souhaitons prendre une part active au programme de relance et de reconstruction », a affirmé Mihai Jurca, chef de la Chancellerie du Premier ministre et représentant spécial pour la reconstruction de l’Ukraine. Cette déclaration a été faite à Bucarest, lors d’une conférence consacrée au renforcement du rôle de la Roumanie dans ce processus, organisée par le gouvernement en partenariat avec le Groupe de la Banque mondiale. Voisine directe de l’Ukraine, la Roumanie bénéficie d’un positionnement stratégique qui la place en première ligne pour contribuer aux efforts de redressement. La rencontre visait précisément à définir les leviers permettant d’exploiter ce potentiel, ainsi que les étapes à engager, à court et moyen terme, pour structurer une vision cohérente. Mihai Jurca a insisté sur la nécessité d’une approche coordonnée, à la fois au niveau national et local, afin de mobiliser les institutions publiques et de faciliter l’accès des entreprises roumaines au marché ukrainien.
Une opportunité économique majeure à structurer
« Nous travaillons à l’élaboration d’une vision concrète et d’un calendrier d’actions pour permettre à la Roumanie de tirer pleinement parti de cette opportunité, dans un contexte d’assainissement budgétaire et grâce à l’avantage que constitue la proximité géographique », a précisé Mihai Jurca. Selon les dernières estimations de la Banque mondiale, le coût de la reconstruction de l’Ukraine atteindrait 588 milliards de dollars. Sa directrice pour l’Union européenne, Anna Akhalkatsi, a salué l’engagement constant de Bucarest aux côtés de Kiev depuis le début du conflit. Les entreprises roumaines, notamment dans les secteurs de la construction, de l’énergie, de la logistique et des services numériques, apparaissent bien positionnées pour contribuer à cet effort, tout en générant croissance et emplois sur le territoire national. Le Groupe de la Banque mondiale s’est dit prêt à accompagner la Roumanie dans la valorisation de cet avantage concurrentiel, afin de le transformer en bénéfice économique durable. Sur le plan sectoriel, le ministère de l’Énergie met en avant les perspectives offertes par la production de gaz en mer Noire et par les capacités de stockage ukrainiennes, susceptibles de renforcer la sécurité énergétique régionale. Parallèlement, la coopération bilatérale s’intensifie dans le domaine des échanges d’électricité et des interconnexions, avec le développement de lignes à haute tension entre Tchernivtsi et Suceava, ainsi qu’entre Porubne et Siret. Enfin, le ministère des Transports a détaillé ses priorités : modernisation des infrastructures ferroviaires et routières, notamment via le programme SAFE, ouverture de nouveaux points de passage frontaliers, développement du port de Constanţa et augmentation de la capacité de transit sur le canal de Sulina. Autant de projets destinés à ancrer durablement la Roumanie au cœur du dispositif logistique et économique de la reconstruction ukrainienne.