L’Etat de l’UE en 2026
La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a appelé à une Union européenne plus forte, plus indépendante et plus capable de faire face à un contexte marqué par la guerre en Ukraine.
Mihai Pelin, 17.09.2026, 12:32
L’Europe doit construire sa propre défense, réduire ses dépendances énergétiques et commerciales et limiter l’accès des enfants aux réseaux sociaux. Ce sont là quelques unes des principales directions annoncées par la cheffe de l’Exécutif européen, Ursula von der Leyen, lors de son discours annuel sur l’état de l’UE. A cette occasion, la responsable européenne a proposé également la mise en place d’un mécanisme européen de réaction aux menaces de sécurité. Sur le modèle du mécanisme prévu au sein de l’Otan, celui-ci permettrait à un État membre confronté à une menace de réunir ses partenaires afin de coordonner une réponse. L’une des priorités de l’Union concerne le milieu en ligne, allant de la manipulation et de la désinformation à l’impact des réseaux sociaux sur les enfants.
Une limitation « graduée » des mineurs de moins de 15 ans aux réseaux sociaux.
Dans son discours, Ursula von der Leyen a annoncé une limitation « graduée » des mineurs de moins de 15 ans aux réseaux sociaux. Elle souhaite interdire les réseaux sociaux aux moins de 13 ans et propose des « mini-comptes » aux fonctions limitées pour les moins de 15 ans. Ces mini-comptes seront installés et surveillés par leurs parents, avec des fonctionnalités restreintes et une durée d’utilisation limitée, d’une heure par jour.
En matière de sécurité, Mme von der Leyen annonce une nouvelle stratégie européenne et propose un mécanisme d’urgence. Si un État membre l’active, tous les autres devraient se réunir pour coordonner leurs réponses face à des menaces qui ne constituent pas une attaque armée, mais qui mettent en danger la sécurité nationale.
Le Canada, premier « membre associé » de l’Union européenne
La cheffe de la Commission européenne a relancé aussi l’idée d’un Conseil européen de sécurité. En ce qui concerne l’Ukraine, Bruxelles se propose de développer, en collaboration avec Kiev, un système de défense antimissile modulaire et accessible, baptisé FREIA. Ursula von der Leyen indique que l’acquisition de missiles américains Patriot a été approuvée la semaine dernière, mais que l’Europe ne doit pas dépendre à l’avenir d’un seul fournisseur.
Par ailleurs, la présidente de la Commission européenne a affirmé mercredi qu’elle souhaite que le Canada devienne le premier « membre associé » de l’Union européenne, un terme minimisé par des responsables canadiens. Présent dans l’auditoire, le premier ministre canadien, Mark Carney,a applaudi frénétiquement cette proposition. La coopération entre l’Europe et le Canada s’est renforcée dernièrement, dans un contexte marqué par l’agressivité économique et politique de l’administration américaine de Donald Trump.
Diminuer la dépendance énergétique
L’énergie et la dépendance vis-à-vis des importations restent l’un des défis majeurs, en raison de la crise provoquée par la fermeture du détroit d’Ormuz. L’Union européenne a déboursé 90 milliards d’euros supplémentaires pour la même quantité de combustibles importés. Pour contrebalancer cette situation, Ursula von der Leyen souhaite accélérer l’électrification et les investissements dans les réseaux. L’objectif est de doubler la part de l’électricité d’ici 2040, ce qui pourrait réduire la facture des importations de combustibles fossiles de 260 milliards d’euros par an. Quand on parle de dépendances, on parle aussi de la Chine. Plus de 80% des métaux critiques proviennent de Chine et pour certaines terres rares, cette dépendance se monte à 90 %. Afin de remédier à cette situation, Ursula von der Leyen annonce la création d’une société européenne dédiée aux matières premières critiques, chargée d’assurer l’approvisionnement de l’Union à partir d’autres sources. À cette dépendance s’ajoute le déficit commercial avec Pékin, avec lequel Bruxelles négocie depuis un certain temps, mais sans résultat.