Mécontentement des maires face aux mesures d’austérité
La réforme administrative était au cœur des pourparlers lors de la rencontre entre le Premier ministre Ilie Bolojan et les maires de plusieurs villes de Roumanie.
Mihai Pelin, 04.02.2026, 12:34
Le Premier ministre libéral Ilie Bolojan a rencontré à Bucarest une délégation de maires des villes du pays, en vue de la préparation du budget de l’Etat pour 2026. Ces pourparlers se sont tenus dans un contexte de mécontentement généralisé des maires face à la réforme administrative, qui prévoit d’importantes coupes budgétaires. Les maires ont également abordé le financement des projets du Plan National de Relance et de Résilience et du programme national « Anghel Saligny » pour la modernisation des collectivités locales, et ont exposé au Premier ministre les difficultés auxquelles ils se heurtaient au niveau administratif. Ils espèrent qu’en plus des nouvelles taxes, dont l’augmentation est substantielle depuis le 1er janvier, le budget local inclura également l’impôt sur le revenu, ainsi qu’une partie de la TVA.
De son côté, le Premier ministre Ilie Bolojan les a assurés que le projet de réforme administrative était en phase finale d’élaboration au niveau gouvernemental et qu’il leur fournirait les outils nécessaires pour améliorer l’efficacité des collectivités locales. La réforme est également réclamée par les maires, qui estiment que la loi qui les régit depuis 1968 est inadaptée aux réalités actuelles.
Parmi les mesures envisagées par le gouvernement de Bucarest figure la récente flambée des impôts et taxes locaux, extrêmement impopulaire auprès des citoyens. Cependant, l’Union Démocrate Magyare de Roumanie (membre de la coalition gouvernementale) pense que l’Exécutif peut revenir sur cette décision en les réduisant de moitié. Lors d’une intervention télévisée, le président de l’Union Démocrate Magyare de Roumanie, Kelemen Hunor, a déclaré que cela témoignerait de la maturité politique de l’Exécutif, et non de sa faiblesse. Il a également indiqué avoir abordé ce sujet avec le Premier ministre, Ilie Bolojan, qui a demandé une suspension des travaux afin de mener une analyse conjointe avec le ministère des Finances. Kelemen Hunor :
« La pression sur chaque citoyen est très forte. L’année dernière, les prix ont augmenté, l’inflation a dépassé les 10 % et le pouvoir d’achat a diminué. La hausse des impôts a été la goutte d’eau qui a fait déborder le vase. Nous avons donc demandé que, dans la limite inférieure et supérieure des impôts, les maires aient la possibilité, jusqu’à l’adoption du budget, de revenir sur leur décision et d’accorder une réduction allant jusqu’à 50 %. Je suis persuadé qu’un gouvernement peut revenir sur sa décision. Ce n’est pas un signe de faiblesse, mais de maturité, car on ne peut pas gouverner contre le peuple. »
Cette demande du chef de l’Union Démocrate Magyare de Roumanie survient dans un contexte de manifestations organisées à la fin de semaine dernière dans le centre de la Roumanie, à Miercurea Ciuc et Odorheiu Secuiesc, contre la hausse des taxes et impôts locaux et la suppression de plusieurs avantages fiscaux. La coalition gouvernementale (formée du Parti Social-Démocrate, du Parti National Libéral, de l’Union Démocrate Magyare de Roumanie et de l’Union Sauvez la Roumanie) – n’est pourtant pas parvenue à un accord sur l’adoption de la réforme administrative et n’a pas encore décidé sous quelle forme la nouvelle loi serait adoptée : soit par la procédure de l’engagement de la responsabilité gouvernementale devant le Parlement, soit par décret d’urgence. De son côté, le Parti Social-Démocrate se dit favorable la réforme administrative uniquement si elle est adoptée en même temps que les mesures de relance économique qu’il a proposées l’année dernière.