Tensions transatlantiques autour du Groenland
Donald Trump menace d'imposer des droits de douane à tout pays qui s'opposerait à l'acquisition du Groenland, et l'UE examine des mesures de riposte
Corina Cristea, 19.01.2026, 12:31
Une vive tension oppose actuellement les États-Unis et l’Union européenne, déclenchée par l’intention du président Donald Trump de racheter le Groenland, malgré les refus répétés du Danemark – État administrateur de l’île arctique – et d’autres pays européens. Les différends se sont accentués après que le président américain a menacé, samedi dernier, plusieurs États – dont le Danemark, la Norvège, la Suède, la France, l’Allemagne, le Royaume-Uni, les Pays-Bas et la Finlande – d’imposer des droits de douane supplémentaires tant qu’un « accord pour la vente complète et intégrale du Groenland » ne serait pas conclu. Selon Donald Trump, une surtaxe de 10 % entrera en vigueur le 1er février, pouvant atteindre 25 % le 1er juin. Face à ces menaces, les pays européens étudient actuellement les mesures de riposte envisageables.
Bruxelles prépare ses contre-mesures
L’Union européenne a annoncé la tenue d’un sommet d’urgence jeudi, visant à examiner l’imposition de droits de douane ou des restrictions à l’accès des entreprises américaines au marché unique. Les mesures envisagées pourraient représenter jusqu’à 93 milliards d’euros, offrant ainsi à Bruxelles un levier de négociation pour le sommet de Davos, où l’UE espère parvenir à un compromis avec Washington. Le président Nicuşor Dan a exprimé dimanche sa préoccupation : « Je suis profondément préoccupé par l’escalade des déclarations publiques entre les partenaires et alliés transatlantiques concernant les récents développements. Nous devons reprendre les discussions entre nous, aux niveaux diplomatiques appropriés. »
La Roumanie invitée au « Conseil pour la paix » de Donald Trump
Le même jour, le président roumain a reçu une lettre officielle de Donald Trump, invitant la Roumanie à rejoindre son initiative baptisée « Conseil pour la paix ». Selon le projet de charte et la lettre consultés par Reuters, ce Conseil serait présidé à vie par le président américain et débuterait par le conflit à Gaza, avant d’élargir ses activités à d’autres zones de tension. Les membres auraient un mandat de trois ans, sauf s’ils contribuent chacun à hauteur d’un milliard de dollars, ce qui leur garantirait un statut permanent. Soixante pays ont reçu cette invitation, mais les gouvernements ont réagi avec prudence, craignant que l’initiative ne compromette le rôle de l’ONU. Les responsables israéliens ont exprimé leur inquiétude quant à la composition du Conseil, affirmant que leur pays n’avait pas été consulté, tandis que les Palestiniens ont déploré l’absence de représentation pour leur partie.