Comment le gouvernement roumain envisage-t-il la réforme de l’administration publique ?
Le gouvernement roumain avance rapidement dans l'adoption de la réforme de l'administration publique, un texte législatif qu'il considère comme essentiel à la préparation du budget pour l'année 2026.
Sorin Iordan, 14.01.2026, 11:08
Le ministère roumain du Développement a lancé en consultation publique un projet de réforme de l’administration, intégré au paquet de mesures destinées à contenir le déficit budgétaire. Le texte propose plusieurs modifications législatives et prévoit notamment une baisse de 10 % des dépenses de personnel dans l’administration publique centrale, sans réduction des salaires de base. Cette économie serait obtenue par des restructurations institutionnelles, une limitation des primes et, dans certains cas, des suppressions de postes. À l’échelon local, la réforme prévoit une diminution de 10 % du nombre de postes occupés, ainsi que la suppression de plus de 6 000 fonctions de conseillers personnels et une réduction de 25 % des effectifs au sein des institutions préfectorales. Par ailleurs, les rémunérations de certains dirigeants d’autorités publiques seraient plafonnées et la composition de plusieurs conseils d’administration allégée.
Réduction des dépenses publiques
Le projet de loi introduit également un doublement, sur cinq ans, de la taxe appliquée aux constructions illégales, ainsi que de nouvelles restrictions visant les personnes endettées souhaitant vendre ou acquérir des biens immobiliers ou des véhicules. Il accorde en outre à l’État la possibilité de récupérer les impôts et taxes impayés directement sur certaines allocations, notamment celles liées à l’invalidité ou à l’aide sociale. Selon le ministère du Développement, l’application de ces mesures permettrait de réduire les dépenses publiques d’environ 3,37 milliards de lei (près de 660 millions d’euros) en 2026, puis d’environ 5,76 milliards de lei par an (soit près de 1,13 milliard d’euros) entre 2027 et 2030. Le ministre roumain du Développement, Cseke Attila, estime que cette réforme favorisera la décentralisation, renforcera la solidité financière des collectivités locales et améliorera à la fois l’efficacité des services publics, l’équité fiscale et la discipline budgétaire. De son côté, le Premier ministre Ilie Bolojan a insisté sur la nécessité d’adopter rapidement ce paquet de réformes, avant l’examen du budget de l’État pour 2026, afin d’éviter des coûts supplémentaires. Il a déclaré :
« La réforme de l’administration vise à la fois à réduire les dépenses et à renforcer les capacités de l’administration, en particulier au niveau local, pour qu’elle fonctionne mieux, qu’elle collecte effectivement les impôts et qu’elle soit réellement au service des citoyens. L’objectif est que les recettes supplémentaires issues de la fiscalité locale soient investies, et non absorbées par des rémunérations injustifiées. Si ce paquet n’est pas adopté avant le vote du budget, il sera impossible de respecter les équilibres financiers prévus. »
Le chef du gouvernement a rappelé que la Roumanie consacre chaque année entre 11 et 12 milliards d’euros au paiement des intérêts de la dette, soit environ 3 % du PIB. Il a toutefois souligné que, malgré leur impopularité, les mesures déjà mises en œuvre ont permis de rétablir l’équilibre budgétaire et de renforcer la crédibilité du pays auprès de ses partenaires et des institutions financières internationales.