La Roumanie ne cesse de renforcer sa sécurité
La Chambre des députes de Bucarest a débattu d‘une proposition du Parlement européen sur la mobilité militaire.
Alex Diaconescu, 24.03.2026, 13:47
Jusqu’au milieu de la semaine prochaine, les Forces navales roumaines organisent l’exercice multinational d’instruction le plus ample de cette année, « Sea Shield 2026 ». Y participent plus de 2 500 militaires de Roumanie et de 12 autres Etats partenaires, avec 48 bâtiments de guerre et d’autres embarcations, 64 véhicules de combat, 10 avions et 10 systèmes autonomes sans pilote.
L’objectif est de consolider la coopération et les procédures d’action communes.
Le ministre de la Défense nationale, Radu Miruţă, a déclaré sur les ondes de la Radio publique roumaine que l’exercice « Bouclier maritime » envoie un message fort : celui qu’il existe de l’interopérabilité et une capacité d’agir, de la volonté d’apprendre les uns des autres, ainsi que l’intérêt des forces armées des pays de l’OTAN de travailler et de combattre côte à côte en toute circonstance. Cet exercice démontre également la capacité de répondre à tous les défis en mer Noire, ainsi que la volonté constante de se former et d’utiliser les meilleurs équipements disponibles. Concernant les conflits majeurs en cours, dont un à la frontière nationale, Radu Miruţă a indiqué qu’il était tout à fait normal que l’armée roumaine analyse tous les scénarios afin d’évaluer les conséquences potentielles de ces événements sur la sécurité régionale. Les risques existent, a admis le ministre de la défense qui a précisé que la Roumanie avait une capacité de dissuasion, qu’elle était un pays membre d l’OTAN et qui interagissait avec d’autres Etats membres de l’Alliance afin de résister à de tels défis.
Un conflit avec des conséquences potentiellement dramatiques
Selon Radu Miruţă, étant donné la distance entre la Roumanie et les événements en Iran, Israël et les Etats du Golfe, les conséquences sur le pays sont plutôt indirectes. Par ailleurs, lorsqu’un tel conflit éclate il est évident que des conséquences économiques se feront sentir, étant donné qu’un quart du volume de pétrole brut dans le monde passe par un détroit qui est actuellement bloqué. La Roumanie raffine et extrait du pétrole et elle produit des carburant .C’est pourquoi les conséquences sont en quelque sorte atténuées, estime le ministre de la Défense. Cependant, elles pourraient devenir dramatiques, prévient Radu Miruţă, si la situation en Iran perdure, ce provoquerait un épuisement de ses réserves nationales. Si, en revanche, la crise se termine plus vite, les stocks roumains constituent une sorte de tampon, permettant à la Roumanie d’en atténuer l’impact.
Débats autour d’un « espace Schengen militaire »
Parallèlement, les députés de Bucarest ont débattu de la proposition du Parlement européen sur la mobilité militaire, qui vise à faciliter le transport de matériel, de marchandises et de personnel militaire dans toute la région. La Roumanie, qui joue un rôle stratégique dans la région, sollicite une allocation financière spécifique pour les travaux d’infrastructure dans les États membres de l’OTAN situés sur son flanc oriental. Si l’opposition populiste et ultranationaliste craint que ce document ne soulève davantage de problèmes en matière de respect de la souveraineté nationale, les libéraux (membres du gouvernement de coalition) affirment, quant à eux, que le projet du Parlement européen répond aux défis sécuritaires auxquels l’UE est confrontée dans la région et contribue au développement de l’infrastructure logistique roumaine.