Le Parlement dit non : la Roumanie reste sans gouvernement
Lundi, tard dans la soirée, le gouvernement proposé par le premier ministre désigné, le libéral Adrian Vestea, n’a pas réussi à obtenir la validation du Parlement roumain.
Roxana Vasile, 23.06.2026, 12:35
189 voix favorables, alors qu’un minimum de 233 voix aurait été nécessaire pour être investi. Le cabinet proposé par le premier ministre désigné, le libéral Adrian Vestea, a été rejeté par le Parlement de Bucarest, tout cela deux mois après la destitution, par motion de censure, du cabinet de son collègue libéral Ilie Bolojan. Ce fut une nouvelle tentative, échouée de former un exécutif, après que le conseiller présidentiel Eugen Tomac n’a pas réussi, lui non plus, à réunir une majorité au Législatif capable de lui assurer le nombre nécessaire de votes. Pourtant, ce dernier, conscient de la perspective d’un échec retentissant, ne s’est même pas présenté devant le Parlement, ayant déposé son mandat de premier ministre désigné avant de faire connaître son équipe et son programme de gouvernance.
Nommé par la suite par le chef de l’Etat, Nicusor Dan à former un gouvernement, Adrian Vestea semblait jusqu’avant le vote très confiant de son succès. Cependant, il n’a pas bénéficié de l’appui de la plupart des représentants de son propre parti, le Parti national libéral, qui s’est dit nettement dérangé de ne pas avoir été consulté par le chef de l’État avant de proposer M. Vestea. Il n’a pas bénéficié non plus du soutien de l’Union « Sauvez la Roumanie », ni de l’Union démocrate magyare de Roumanie, deux formations politiques qui forment, aux côtés du Parti national libéral, l’actuel gouvernement destitué d’Ilie Bolojan.
Pourtant, ce grand échec fut la cause, dit‑on, de la décision des représentants du parti ultranationaliste de l’Alliance pour l’Union des Roumains (AUR), qui ont décidé de quitter la salle juste avant le vote, alors qu’Adrian Vestea comptait sur leur présence. Antérieurement, le président avait affirmé à plusieurs reprises qu’il n’accepterait pas un gouvernement dont ferait partie l’Alliance pour l’union des Roumains, soulignant que sa principale « ligne rouge » dans les discussions visant à former un nouvel exécutif était le maintien de la direction pro‑occidentale de la Roumanie.
« Plusieurs restrictions nous ont été imposées par le président, qui nous obligent à ne pas prendre en calcul, en ce moment, un vote pour Adrian Vestea. Nicusor Dan a dit qu’il n’était pas d’accord avec un gouvernement dont l’AUR fasse partie ou qui passe à l’aide des votes de l’AUR. Nous attendons des clarifications de la part du président », a déclaré le chef de ce parti ultranationaliste, George Simion.
Une chose est sûre : ce deuxième échec d’installer un nouveau gouvernement ne fait que prolonger la période d’instabilité politique en Roumanie. La seule opinion partagée à l’unanimité par tous les leaders des principaux partis parlementaires est que le chef de l’État doit entamer d’urgence de nouvelles consultations avec les partis. C’est maintenant à Nicusor Dan de nommer un nouveau premier ministre, qui aura à son tour une dizaine de jours à sa disposition pour former un cabinet et demander l’approbation du Parlement roumain.
A noter qu’au cas où cette deuxième tentative est rejetée, la prochaine étape est de déclencher des élections parlementaires anticipées, puisqu’aux termes de la loi, le chef de l’Etat peut dissoudre le Parlement si deux premiers ministres désignés ne réussissent pas à obtenir le vote d’investiture. A noter aussi que les futures élections parlementaires à terme sont prévues en 2028, en Roumanie. (trad. Valentina Beleavski)