Le chat de Transylvanie
En Roumanie, le chat de Transylvanie a entamé cette année son parcours vers la reconnaissance internationale. Originaire des Carpates, il se distingue par son pelage aux nuances de gris et ses yeux expressifs
Ana-Maria Cononovici, 19.05.2026, 10:15
Pour le chat de pure race participant à des concours, la beauté n’est pas uniquement une question de goût. Il s’agit aussi de tempérament et de pedigree. Eh bien, en Roumanie, le chat de Transylvanie a entamé cette année son parcours vers la reconnaissance internationale. Originaire des Carpates, il se distingue par son pelage aux nuances de gris et ses yeux expressifs. Son tempérament, doux et joueur, le rend idéal pour les familles et les amoureux des chats appréciant le contact avec les animaux. Adrian Dragota, président de la Fédération Féline Roumaine, nous explique :
« Il s’agit d’une phase préliminaire de reconnaissance, la race n’étant pour l’instant reconnue par aucune organisation. La procédure consiste à présenter la race à homologuer lors d’une première exposition. Après une évaluation par un jury, elle est acceptée. Ensuite, il y a une période durant laquelle les éleveurs doivent généralement présenter plusieurs spécimens, afin de prouver la transmission des caractéristiques propres à la nouvelle race. »
Quelques particularités du chat transylvain
Adrian Dragotă, président de la Fédération féline roumaine, décrit les particularités de ce chat :
« Un des types de ce chat transylvain est appelé « Carpathique », en référence aux Monts des Carpates, car il a été observé pour la première fois suite à une mutation génétique naturelle survenue dans cette région, notamment en Pologne et en Hongrie. En Hongrie, plusieurs éleveurs essayent de stabiliser cette espèce. Pour la décrire plus simplement, c’est une sorte de Siamois inversé : j’utilise souvent cette comparaison, car cette espèce est plus connue. Le Siamois se distingue par ses extrémités – pattes, oreilles et queue – plus foncées, alors que les couleurs du chat de Transylvanie ou des Carpates sont à l’inverse : son corps est foncé, principalement noir, alors que ses extrémités – la queue, les pattes et le museau – sont blancs. C’est comme une « photo négative » du Siamois. Cependant, ses yeux ne sont jamais bleus, ils peuvent avoir n’importe quelle autre couleur, le bleu étant une couleur typique pour les yeux sans pigmentation. Pour le chat transylvain, les yeux sont pigmentés étant donné que le noir est la couleur dominante. »
Le chat, un animal très adaptable
Adrian Dragota nous a aussi parlé de l’adaptabilité des chats en général, précisant que chaque chat conserve son instinct sauvage :
« Tous les chats vivant en liberté, grandissant dans la nature, sont capables de se nourrir seuls, contrairement aux chiens qui nécessitent une alimentation beaucoup plus régulière. Un chat peut manger des vers, de petits oiseaux, des rongeurs. C’est un chasseur bien plus habile, qui n’a absolument rien perdu de ses caractéristiques naturelles malgré le temps passé auprès des humains. Tout chat peut se nourrir seul, alors que la structure de son pelage l’aide à traverser l’hiver. Il n’existe aucun cas de chat disparu à cause du gel, même par des températures négatives de -10° ou -20 °C. Leur température corporelle est également plus élevée, d’environ 38 °C en temps normal, ce qui les rend bien mieux adaptés aux températures basses hivernales. »
La reconnaissance internationale
A part son pelage spécifique et son adaptabilité, le Chat de Transylvanie se distingue aussi par son tempérament très agréable, précise notre invité. Il nous explique aussi les différentes étapes du processus de reconnaissance internationale d’une nouvelle espèce de chat. Adrian Dragotă :
« La race est actuellement en cours de reconnaissance auprès de la Fédération Féline Mondiale (World Cat Federation) et d’une autre organisation en Angleterre. Une phase préliminaire auprès de la Fédération Féline Mondiale doit également être parcourue. L’ensemble de ces démarches pourrait s’étaler sur encore deux ou trois ans. Par exemple, la Roumanie a contribué en 2014 à l’homologation d’une nouvelle race, le Chat de Singapour, le plus petit chat au monde, une race aux dimensions réduites, pesant de 2 à 2,5 kg à l’âge adulte. La Roumanie a entrepris toutes les démarches nécessaires à l’homologation. Ce processus a duré près de trois ans et, depuis, la race est pleinement reconnue par toutes les organisations d’éleveurs du monde. »
La félinologie roumaine, en plein essor
Nous espérons bien que le Chat de Transylvanie franchira les prochaines étapes. D’ailleurs, la Roumanie excelle dans ce domaine, comme nous le confirme Adrian Dragotă :
« La félinologie roumaine a connu un essor prestigieux ces dernières années, à commencer par 2023. Bien que notre fédération soit relativement jeune (20 ans seulement en ce qui concerne l’élevage de chats de race), nous avons tous recueilli et sauvé des chats errants depuis notre enfance. Nous obtenons d’excellents résultats avec les chats nés en Roumanie. Depuis 2023, nous avons eu un champion du monde à Strasbourg, lors du Championnat du monde. En 2025, trois autres champions du monde, tous nés et élevés en Roumanie, s’y sont ajoutés. Même au Championnat des pays baltes, sur les 20 chats roumains participants, 15 sont arrivés en finale et 4 ont remporté la compétition. La Roumanie progresse constamment dans ce domaine et compte des passionnés partout. »
En attendant son homologation officielle, le chat de Transylvanie commence à être présenté dans les compétitions internationales, où il a obtenu une reconnaissance provisoire. Une fois l’approbation obtenue, la race sera officiellement inscrite dans les registres internationaux, ce qui permettra aux éleveurs d’évaluer les spécimens selon les normes internationales et de poursuivre le développement génétique de la race. (trad. Andra Juganaru)