Race for the Cure, 12e édition
Fin mai a eu lieu la 12e édition de la course à pied caritative Race for the Cure, alros que la Roumanie est en tête du classement européen, pour ce qui est des décès survenus à cause d’un cancer. Les fonds ainsi ramassés servent à financer des programmes qui proposent des examens médicaux gratuits aux femmes issues des catégories vulnérables, telles les patientes oncologiques, femmes du milieu rural etc, et offrent aussi des perruques en cheveux naturels aux femmes ou enfants touchés d’un cancer.
Ana-Maria Cononovici, 08.09.2026, 10:07
Des statistiques sombres et un besoin urgent
Les statistiques sont sombres : la Roumanie est en tête du classement européen, pour ce qui est des décès survenus à cause d’un cancer. Bien ce taux de mortalité soit à la baisse chez nous aussi et que de plus en plus d’actions ne cessent de promouvoir la prévention et d’appuyer les cliniques du domaine, d’assurer les équipements mobiles ou d’offrir des programmes de screening, le besoin de sensibilisation reste des plus forts.
C’est dans ce contexte plutôt triste, que fin mai a eu lieu la 12e édition de la course à pied caritative Race for the Cure Roumanie, fruit des efforts d’une équipe très enthousiaste de pouvoir contribuer et aider la communauté. Les fonds ainsi ramassés servent à financer des programmes qui proposent des examens médicaux gratuits aux femmes issues des catégories vulnérables, telles les patientes oncologiques, femmes du milieu rural etc, et offrent aussi des perruques en cheveux naturels aux femmes ou enfants touchés d’un cancer.
Les 25 ans d’activité de la Fondation « Renasterea » (Renaissance)
A l’origine de cette course à pied : la Fondation « Renasterea » (Renaissance), qui a marqué cette année ses 25 ans de bonnes actions et qui réunit à chaque fois de nombreuses personnes publiques roumaines autour de cet événement ou autres actions censées soutenir cette cause.
La présidente de la fondation, Mihaela Geoana, invite tout le monde à soutenir non seulement cette course à pied, mais aussi et surtout la prévention en matière de cancer :
« C’est une année anniversaire pour la Fondation « Renasterea », c’est sa 25e année d’activité et nous espérons bien pouvoir porter cette course dans d’autres pays à un niveau comparable à celui de Roumanie, qui est actuellement le plus développé d’Europe. Nous voulons montrer que, si dépistée à temps, il est possible de traiter cette maladie et de continuer à vivre aux côtés de nos familles pour de nombreuses années encore. Par ailleurs, nous voulons aussi apprendre aux jeunes que la prévention est très importante. C’est pourquoi nous avons de nombreuses équipes qui travaillent avec les jeunes dans les écoles et les lycées. Garder notre santé – c’est la chose la plus importante. Il ne faut pas attendre l’apparition d’un problème de santé, il ne faut attendre se sentir mal avant d’aller chez le médecin. Il faut apprendre à prévenir, à mener une vie saine d’une part, et aussi à faire nos investigations médicales à temps, car un problème grave de santé peut être traité avec succès à condition d’être dépisté à temps ».
Témoignages des survivantes du cancer
Le 23 mai dernier donc, plus de 200 femmes ayant vaincu le cancer étaient présentes Place de Kiseleff, dans le nord de la capitale roumaine Bucarest pour témoigner de leur expérience.
Parmi elles, Angela, une femme de 58 ans originaire de Bucarest, qui fait partie des survivantes et participe à la Race for the Cure en rassemblant un groupe de sympathisants. Elle raconte :
« Grâce à cet événement, nous pouvons sensibiliser le plus grand nombre possible de femmes à l’importance de la prévention, de se faire dépister à temps, de passer des mammographies et des échographies, afin d’éviter une issue tragique. C’est la troisième année que je participe à la Race for the Cure, une course où les gens viennent courir à nos côtés pour soutenir cette cause et aider le plus de personnes possible. Nous essayons de lancer un appel à toutes les femmes pour leur rappeler que la prévention est très importante, et c’est pour cela que chaque année, nous courons et rassemblons autour de nous une communauté que nous avons à cœur de voir grandir. Lorsque j’ai annoncé que j’allais participer à ce marathon, beaucoup se sont joints à moi, en plus de ma famille, mes voisins et mes amis, ce qui prouve que l’humanité existe encore. »
Des programmes en cours
Et comme la Fondation Renaşterea attire l’attention depuis 25 ans sur l’importance du dépistage précoce du cancer du sein et du col de l’utérus, Mihaela Geoană, présidente de la fondation, est revenue avec des précisions concernant les programmes actuellement en cours :
« Pour replacer tout cela dans le contexte de la course, nous proposons des dépistages gratuits aux femmes des zones rurales grâce à deux unités mobiles : l’une effectue des frottis de Papanicolaou et l’autre réalise des mammographies numériques, à l’aide de l’appareil le plus moderne disponible en Roumanie. Nous en avons un au Centre médical de Bucarest et un autre dans notre unité mobile, acquise il y a à peine deux ans, qui parcourt le pays et réalise des mammographies. Lors de la course, les frais d’inscription de chaque participant, qu’il choisisse de marcher ou de courir, servent à financer ces dépistages. Nous finançons les unités mobiles grâce aux fonds que nous collectons lors de cette course. L’unité mobile se rend ensuite dans les zones rurales, où nous menons une brève campagne de communication, nous informons les femmes de cette région qu’elles peuvent s’inscrire pour passer une mammographie ou un frottis de Papanicolaou ; du personnel médical est présent dans l’unité mobile, les examens sont effectués, puis nous envoyons les résultats accompagnés de recommandations aux personnes qui présentent des anomalies ou qui doivent poursuivre soit un examen complémentaire, soit un traitement, en leur indiquant où elles peuvent se rendre pour bénéficier de ces soins. »
Clin d’oeil sur le milieu rural
Pourquoi avoir fait le choix de surtout intervenir en milieu rural ? Mihaela Geoană nous répond :
« Parce que, comme nous le savons, de très nombreux hôpitaux ont fermé leurs portes, parce que les femmes des zones rurales ont le plus de mal à accéder notamment aux équipements modernes, et il existe plusieurs obstacles : d’abord géographique, car elles doivent se rendre en ville, éventuellement dans le chef-lieu du département ; ensuite financier, et nous savons que ces services sont difficiles à obtenir gratuitement. Les fonds alloués aux tests gratuits proposés par l’État sont limités, et c’est là que nous intervenons pour combler les lacunes là où les besoins sont les plus grands. »
Même si le taux de mortalité n’a baissé que de 7 % en Roumanie, cette baisse est une source d’optimisme, tout comme le nombre croissant de participants à la « Race for the Cure ». (trad. Valentina Beleavski, Charlotte Fromenteaud)