Situé au carrefour de plusierus reliefs spectaculaires, le Parc national de Domogled-Valea Cernei est le plus vaste de Roumanie et un véritable sanctuaire de biodiversité. Destination d’exception, il attire chaque année des milliers de touristes séduits par ses paysages, que l’on peut explorer. On peut découvrir également des phénomènes géologiques rares, des hameaux isolés perchés sur des sommets ou des grottes thermales. On peut également y admirer une précieuse flore, dont le célèbre pin noir du Banat est un emblème.
Daniel Onea, 26.03.2026, 10:32
Situé au carrefour de plusierus reliefs spectaculaires, le Parc national de Domogled-Valea Cernei est le plus vaste de Roumanie et un véritable sanctuaire de biodiversité. Destination d’exception, il attire chaque année des milliers de touristes séduits par ses paysages, que l’on peut explorer. On peut découvrir également des phénomènes géologiques rares, des hameaux isolés perchés sur des sommets ou des grottes thermales. On peut également y admirer une précieuse flore, dont le célèbre pin noir du Banat est un emblème.
Pour mieux comprendre le caractère et l’importance de ce site, nous avons rencontré Mariana Păsărin, de l’administration du parc national de Domogled-Valea Cernei, en charge des relations avec les communautés locales et de l’éducation à l’environnement.
« Il s’agit du parc national de Roumanie le plus grand, avec une superficie de 61 660 hectares, répartie sur le territoire de quatre départements : Gorj (la plus grande partie), Caraș-Severin, Mehedinți et une très petite portion de Hunedoara. Les touristes viennent ici principalement pour l’extraordinaire biodiversité et les paysages spectaculaires : gorges, falaises calcaires, canyons traversés par des cours d’eau au débit fluctuant et grottes. On y trouve des espèces végétales rares, tels le pin noir du Banat, une espèce endémique et emblématique du parc, que l’on ne trouve que dans cette région. On y trouve également une grande diversité de papillons ; près de 1 500 espèces, ce qui représente environ 45 % de la faune lépidoptère de Roumanie, ainsi que de nombreuses espèces d’orchidées. Du point de vue de la faune, les chercheurs ont identifié ici 31 des 32 espèces de chauves-souris (chiroptères) présentes en Roumanie. C’est une destination exceptionnelle pour les amoureux de la nature. »
Le point de départ idéal pour explorer la zone protégée est le centre d’accueil des visiteurs, situé à la sortie de la station thermale de Băile Herculane. Sur place, les touristes peuvent visiter une exposition unique, aménagée sur trois niveaux, où ils peuvent également admirer des maquettes de grottes thermales ; un phénomène spéléologique unique au niveau national. Informés sur les possibilités offertes sur le terrain, les visiteurs peuvent choisir parmi un large éventail d’activités. Mariana Păsărin, de l’administration du parc national Domogled-Valea Cernei, nous en dit plus.
« Cette diversité se reflète également dans les formes de tourisme que l’on peut pratiquer : randonnée en montagne sur les nombreux sentiers aménagés, escalade sur les murs aménagés à cet effet, mais aussi canyoning. Des écoles spécialisées organisent même des stages annuels. Les touristes en quête d’une expérience authentique peuvent visiter les hameaux isolés des monts Cerna, où ils pourront rencontrer les habitants, déguster des produits traditionnels et participer à leurs activités quotidiennes. Bien que nous ne disposions pas de zones spécifiquement aménagées pour l’observation des oiseaux, les espèces sont facilement observables dans leur milieu naturel. De nombreux chercheurs et passionnés de photographie viennent spécialement dans le parc pour immortaliser et suivre les espèces remarquables de la faune et de la flore. »
Loin du confort urbain
Pour une expérience vraiment unique, de plus en plus de touristes choisissent de quitter l’agglomération urbaine et de se rendre sur les hauteurs des monts Cerna. Ici, loin du confort du XXIe siècle, on peut découvrir des villages fascinants. Mariana Păsărin explique pourquoi une visite de ces lieux représente un retour aux sources.
« Les hameaux sont de minuscules hameaux, ne comptant que quelques maisons, et difficiles, voire impossibles, d’accès motorisé. Le hameau d’Ineleț, accessible par un escalier de bois fixé à même la roche, en est un exemple célèbre. Il existe également un chemin de contournement, praticable uniquement à cheval. De nos jours, il semble incroyable que des régions aussi isolées subsistent, où les habitants vivent en parfaite harmonie avec la nature. Malgré des conditions de vie difficiles, ils se sont adaptés à l’afflux croissant de touristes en quête de tranquillité. Certains proposent désormais un hébergement rustique chez eux, préparent des plats traditionnels et organisent des feux de camp. »
Au-delà de la tranquillité des hameaux, le patrimoine humain de la région est préservé grâce à des efforts remarquables. A Băile Herculane, station thermale par exemple, un musée interactif permet aux touristes de s’initier à des artisanats anciens, tels le tissage. De son côté, l’administration de l’aire protégée s’investit activement dans la valorisation de ces traditions, notamment en organisant des événements thématiques annuels, comme le souligne Mariana Păsărin, de l’administration du Parc national Domogled-Valea Cernei, en charge des relations avec les communautés locales et de l’éducation à l’environnement.
« L’administration du parc organise deux événements majeurs. Le premier, « Goști la Givan » (une expression spécifique à la région de Banat signifiant « invités à table »), a généralement lieu au printemps. Cette année, il était prévu le 18 avril à notre centre d’accueil. L’événement met en avant des producteurs et artisans locaux, notamment une la dame spécialisée en tissage, ainsi qu’un spécialiste en poterie qui propose des démonstrations et invite les enfants à sculpter l’argile. Des animations artistiques sont également proposées, avec le soutien d’élèves des écoles du parc. Le second événement est le « Festival du Pin Noir du Banat », qui fête cette année sa 21e édition. Nous célébrons notre arbre emblématique, mais aussi la Journée nationale des parcs. Il se déroule chaque année le dernier week-end de mai, en lien avec la Journée européenne des parcs (le 24 mai). C’est un festival d’envergure, organisé dans le jardin d’été de la station thermale de Băile Herculane, avec des spectacles de musique et de danse, interprétés par des groupes de musique traditionnelle locaux et des artistes venus de tout le pays. »
Cette riche offre touristique est complétée par l’air fortement ionisé négativement de la région, semblable à celui des Alpes suisses. L’alliance du tourisme thermal, du patrimoine historique et de la nature sauvage du relief fait du parc une attraction majeure sur la carte européenne, une destination qui ne cesse de fasciner le public international. L’aire protégée attire des visiteurs du monde entier, des touristes allemands, espagnols ou français, ainsi que des visiteurs américains et australiens. Ces derniers, y compris ceux venant de pays possédant une longue tradition montagnarde, telle la Suisse, restent profondément impressionnés par l’hospitalité locale et la beauté sauvage des paysages. Parmi les principaux sites qui attirent les visiteurs étrangers figurent 10 000 hectares de forêts de hêtres anciennes, inscrites sur la Liste du patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 2017.