Vacances dans les charmants villages roumains
Les villages roumains sont devenus une destination touristique très intéressante, capable à offrir des expériences complexes, à commencer par la connexion avec la nature et les traditions jusqu’aux options d’hébergement au plus haut niveau.
Daniel Onea, 05.03.2026, 10:38
C’est le paysage qui attire avant toute chose dans la campagne roumaine. D’ailleurs, la Roumanie s’enorgueillit d’une richesse géographique remarquable, entre montagnes et collines, jusqu’au delta du Danube, en passant par les plages sauvages. Et désormais ce paysage à couper le souffle est doublé d’une infrastructure touristique très bien mise au point.
Des offres pour tous les goûts et tous les budgets
C’est justement au sujet du potentiel et de l’évolution de ce secteur touristique que nous nous sommes entretenus avec madame Maria Stoian, maître de conférences, docteur, et fondatrice de l’Association Nationale de Tourisme Rural, Ecologique et Culturel (ANTREC) : « Ces 10 dernières années, l’infrastructure touristique a connu un essor remarquable. Si bien qu’aujourd’hui, les touristes disposent de multiples options d’hébergement, à commencer par les gîtes ruraux et les pensions agro-touristiques jusqu’aux villas, bungalows, à l’hébergement du type « glamping » ou encore les petits hôtels de famille. Les styles sont tout aussi variés, à commencer par le style rustique ou médiéval jusqu’à celui moderne, le tout dans le plus grand confort adapté à toutes les demandes possibles. L’offre gastronomique a été à son tour revisitée, en mettant de nouveau en valeur les recettes anciennes et les spécialités locales. Si dans les années ’90, par exemple, où que l’on allait, on trouvait d’habitude des grillades et des frites, désormais chaque zone met en avant ses spécialités : soupes aigres du type « ciorba», ragoûts, plats à base de polenta et de nombreuses autres délicatesses locales. »
Le luxe n’annule point l’authenticité
Bien que le concept de vacances à la campagne soit souvent associé avec la simplicité, le tourisme rural roumain a su y intégrer le luxe avec autant de succès. En fait, selon notre invitée, le luxe, n’annule point l’authenticité du milieu rural, bien au contraire, il vient la compléter : « Une offre de luxe signifie avant toute chose un haut niveau de confort. Je pense à des chambres spacieuses, avec des équipements excellents, avec des matelas confortables et des produits de bain de haute qualité. Il n’y a rien de mal dans tout cela. Nous sommes en XXIe siècle, et les facilités doivent tenir le pas avec les demandes actuelles. Plus encore, de nombreuses gîtes incluent désormais des centres SPA ou proposent des activités intéressantes de loisirs, telles les randonnées à vélo ».
Une pléiade de festivals et de fêtes champêtres
Effectivement, à part un hébergement d’exception et un paysage époustouflant, les touristes sont aussi à la recherche d’expériences inoubliables. Et le village roumain s’avère un organisme vivant, animé par une multitude d’évènements, qui transforment la vie de la communauté dans un véritable spectacle et un des plus authentiques en plus. Maria Stoian nous donne quelques exemples : « Le calendrier des évènements ruraux tourne autour des traditions liées à la vie pastorale et aux activités quotidiennes du village. Par exemple, le printemps, dans la région de Magura Sibiului (centre) on marque une coutume appelé « Mesurer le lait », soit une rituel ancien devenu de nos jours un festival pendant lequel les habitants s’habillent de leur vêtements traditionnels et présentent leurs meilleurs plats spécifiques de la contrée. Puis, dans la région de Bran (Transylvanie), on peut assister chaque automne à un festival gastronomique lié à la transhumance (Ravasitul oilor), plus concrètement au retour des moutons au village pour passer l’hiver. En Bucovine aussi (nord-est), le Festival de la Truite est organisé le long de la rivière de Bistrita, dans le village de Ciocanesti. C’est l’occasion parfaite de regarder des radeaux descendre la rivière et c’est vraiment extraordinaire à voir. S’y ajoute un concours de pêche ou encore la tradition de peindre les œufs. Enfin, des festivals uniques ont vu le jour à travers le temps, par exemple : le Festival des Figues dans la zone des Chaudières du Danube organisé par les Roumains vivant le long du fleuve aux côtés des minorités slovaque et tchèque de la région ».
Les artisans traditionnels, les incontournables
Un paysage idyllique qui ne serait pas complet sans l’interaction directe avec les maîtres artisans. Visiteurs roumains et étrangers en égale mesure ont l’occasion de découvrir la manière dont les objets traditionnels sont créés, directement dans les ateliers de leurs créateurs. Maria Stoian, la fondatrice de l’Association Nationale de Tourisme Rural, Ecologique et Culturel de Roumanie, précise que ces métiers sont encore très variés et que les maîtres artisans sont très heureux d’accueillir les visiteurs, en leur préparant à chaque fois des ateliers de création interactifs, très intéressants : « Dans la contrée de Neamt (est), par exemple, il y a des programmes comme celui appelé « Chez les maîtres populaires » qui permettent aux touristes de découvrir la sculpture du bois. Puis, dans le village de Horezu, qui est d’ailleurs la capitale de la céramique roumaine, vous êtes invités à franchir le seuil des potiers pour apprendre à travailler la glaise et de voir comment les objets prennent contour. Et puis, à noter aussi l’art de la peinture des œufs, bien que spécifique de la Bucovine (nord-est), il est également présent au Maramures (nord), en Olténie (sud) tout comme au delta du Danube ».
Coup de coeur : Bran-Moeciu
Étant donné que notre invitée d’aujourd’hui, Maria Stoian, est experte du tourisme rural et écologique, nous lui avons demandée quel était son propre coup de cœur pour des vacances dans la campagne roumaine. Voici la destination qu’elle nous a proposée, sise au centre de la Roumanie et au cœur des montagnes : « Il y a plusieurs années, je suis tombée sous le charme d’un endroit de la région de Bran-Moeciu, qui s’appelle Pestera-Magura. Ce sont deux villages qui s’avoisinent, mais moi je les vois comme un tout. Ils sont situés au pied des monts de Piatra Craiului, avec une vue splendide vers le massif de Bucegi. C’est l’endroit où je me sens le mieux. Moi, je suis née à Craiova, dans le sud, et j’ai grandi à Bucarest, mais c’est cette région-là que je trouve extraordinaire. En plus, étant donné que c’est au centre même du pays, c’est un bon point de départ pour le nord, le sud, l’est et l’ouest. Alors, je vous invite chaleureusement à Bran-Moeciu, à Pestera-Magura ».
Une cuisine qui surprend pas sa diversité
Comme on vient de le dire, le tourisme rural rime aussi avec exploration gastronomique. La richesse culinaire de la Roumanie, surprend un fois de plus en milieu rural par la variété des ingrédients et des techniques. Maria Stoian conclut : « La cuisine rurale surprend par sa diversité. Bien que les « sarmale » (feuilles de choux farcies de viande hachée) soient un plat traditionnel pour l’ensemble de la Roumanie, un festival leur étant même consacré à Praid (centre), elles varient énormément d’une région à l’autre : on les prépare avec ou sans riz, avec des feuilles de chou ou d’oseille. Et puis, chaque zone à sa spécificité : ce sont les plats à base de viande de mouton qui dominent en montagne, les saucisses et leurs différentes variétés sont fameuses dans la contrée de Buzau (centre-est), alors qu’au delta du Danube la principale attraction est sans nul doute le bortch à base de poisson. D’ailleurs, il faut dire que même à l’intérieur de la même localité, chaque personne qui prépare les plats y met son empreinte unique. »
Le tourisme rural, entre authenticité et modernité
Ceci dit, on peut conclure que de nos jours, le tourisme rural roumain ne cesse de prouver qu’il a réussi à garder son identité et son charme uniques, tout en s’adaptant aux exigences du tourisme moderne. Entre nature surprenante, confort, luxe, gastronomie et hospitalité – des vacances au cœur du village roumain seront sans nul doute une expérience inoubliable. (trad. Valentina Beleavski)