Via Valahia
Via Valahia, un itinéraire touristique qui redonne vie au sud des monts Făgăraș
Daniel Onea, 22.10.2026, 10:41
Via Valahia, un itinéraire touristique qui redonne vie au sud des monts Făgăraș
Le sud des monts Făgăraș, les plus hauts de Roumanie, attire un nombre croissant de touristes grâce à ses paysages spectaculaires, mais aussi aux nouvelles initiatives censées promouvoir le patrimoine local. Parmi les projets les plus ambitieux figure Via Valahia, lancé en 2020 par l’Association de montagne Vidraru.
Aujourd’hui, ce réseau compte environ 150 kilomètres de sentiers reliant la vallée de la rivière Argeș à la dépression de Țara Loviștei (Le Pays de Loviștea), un parcours conçu pour mettre en valeur l’histoire, la nature et les traditions locales. Tous les itinéraires peuvent être consultés sur le site de Via Valahia, où les visiteurs trouveront également des cartes détaillées et des vidéos leur permettant de découvrir la beauté de la région.
Un projet né pour relier les trésors du département d’Argeș
Selon Mihai Răvescu, fondateur de l’Association de montagne Vidraru, l’idée est née à la fois d’une nécessité pratique et du désir de soutenir les communautés locales :
« L’absence de sentiers de montagne a constitué notre point de départ dans le développement de ce projet. Le second objectif était de relier plusieurs attractions touristiques du département d’Argeș. Nous avons ainsi identifié différents points d’intérêt qui nous ont permis de construire progressivement ce projet appelé Via Valahia. Il s’agit d’un sentier de randonnée facile, destiné aux familles et aux personnes de tout âge. Et pour cause. Au-delà de l’activité physique, les visiteurs peuvent également découvrir une partie importante de l’histoire du peuple roumain. La première section du parcours relie notamment les communes de Corbi et Nucșoara, deux localités au riche passé historique. La première abrite l’une des plus anciennes églises rupestres de Roumanie, Corbii de Piatră, tandis que la seconde est connue comme un haut lieu de la résistance anticommuniste, où se trouve la maison-musée d’Elisabeta Rizea. D’un point de vue géographique, la région est également célèbre pour le lac de Invârtita, le plus grand lac formé sur du gypse de Roumanie”.
Nucșoara, un village au cœur du renouveau touristique
Grâce à ce projet, la commune de Nucșoara est devenue une destination de plus en plus recherchée par les touristes. Outre son lac, les visiteurs s’intéressent également à l’Autel des Partisans, un rocher naturel devenu un lieu de prière à la mémoire de la résistance anticommuniste, ainsi qu’au projet intitulé « La Forêt des histoires immortelles », où les arbres centenaires peuvent être découverts à l’aide de codes QR.
Cependant, c’est surtout la dimension humaine qui constitue la clé du développement de cette région, comme le souligne notre invité Mihai Răvescu :
« Il y a, sans aucun doute, de nombreuses choses à découvrir : les traditions, les producteurs locaux et les artisans. Tous ces aspects méritent d’être valorisés. Mais Via Valahia ne se limite pas à la randonnée. Le projet met également les habitants au premier plan. C’est pourquoi notre site Internet présente les communautés locales et les ressources de la région afin que les visiteurs puissent véritablement les connaître. »
Un itinéraire accessible à tous
Les agences de tourisme se sont rapidement approprié le projet et ont intégré ces itinéraires à leurs offres de visites guidées. Cette dynamique contribue à stimuler l’économie locale et favorise la modernisation des infrastructures routières, facilitant ainsi l’accès aux zones concernées. Parmi les parcours les plus facile à emprunter figure un itinéraire d’environ dix kilomètres reliant les communes de Brădet et Nucșoara.
Mihai Răvescu nous en présente les principales étapes :
« Au monastère de Corbii de Piatră, les visiteurs peuvent rencontrer des guides locaux qui, même sans certification officielle, connaissent des histoires fascinantes remontant à 8 siècles. Je recommande ensuite de suivre Via Valahia jusqu’à Nucșoara afin de visiter la maison-musée d’Elisabeta Rizea et le lac de Invârtita. De là, il est possible de rejoindre un sommet proche et facilement accessible offrant un panorama exceptionnel. L’itinéraire se poursuit ensuite vers la vallée de Vâlsan, où l’on peut découvrir l’histoire d’un poisson considéré comme une relique vivante de l’époque du Crétacé. Il ne faut pas manquer non plus l’église de Brăduleț, souvent considérée comme la sœur cadette du fameux monastère de Cozia. Enfin, le musée ethnographique de Galeșu mérite également le détour. Toutes ces attractions sont facilement accessibles à pied ou en voiture et permettent de passer un agréable après-midi. »
Des paysages spectaculaires en toute saison
Au-delà des villages chargés d’histoire, Via Valahia réunit également plusieurs points d’intérêt montagnards capables de satisfaire les amateurs d’aventure, même en dehors de la saison estivale.
Le président de l’Association touristique Transfăgărășan, Dumitru Grecu, évoque plusieurs de ces attractions parfaitement intégrées aux circuits culturels et touristiques régionaux:
« Il existe un itinéraire qui devient de plus en plus spectaculaire à mesure que les cours d’eau commencent à geler : il s’agit de la vallée de Stan. C’est probablement l’un des plus beaux sentiers de Roumanie en matière de panoramas. De nombreux amateurs de randonnée et d’aventure viennent le parcourir. Le sentier est situé à proximité de la route Transfăgărășan qui, même si elle est fermée en altitude durant l’hiver, reste accessible jusqu’aux zones où les restrictions sont appliquées. Dès les premières neiges, les touristes affluent pour admirer les paysages et profiter des petites pistes de luge improvisées. La région offre également de nombreuses attractions liées aux traditions populaires et à la gastronomie locale. »
Le barrage de Vidraru et la citadelle de Poenari, deux incontournables
Il serait impossible d’évoquer Via Valahia sans mentionner deux repères emblématiques de la région : un remarquable ouvrage d’ingénierie et une forteresse médiévale mondialement connue. Au fil du parcours, les paysages naturels se combinent à une impressionnante réalisation technique ainsi qu’à une fortification historique entourée de légendes qui attirent des visiteurs venus du monde entier. Entre histoire documentée et récits populaires, ces sites sont devenus des attractions majeures pour les amateurs de patrimoine.
Dumitru Grecu présente ces deux incontournables :
« Parmi les principales attractions de la région figurent le lac et le barrage de Vidraru. Construit dans les années 1960, le barrage impressionne tous les visiteurs par son ampleur. Le lac constitue lui-même une attraction, même en hiver. Des promenades en bateau y sont organisées et l’expérience est d’autant plus spectaculaire que les crêtes enneigées des montagnes apparaissent au loin. A proximité se trouve également la citadelle de Poenari, déjà intégrée aux circuits touristiques internationaux. De nombreux visiteurs s’y rendent en raison des légendes associées à Dracula. Il s’agit d’ailleurs de la seule forteresse authentique reconstruite par Vlad l’Empaleur en 1462. »
Un modèle de développement touristique durable
Autant de raisons pour lesquelles le sud des monts Făgăraș illustre parfaitement la manière dont des espaces naturels préservés peuvent devenir des destinations touristiques dynamiques. Des randonnées guidées de Nucșoara aux paysages grandioses de la vallée de Stan, sans oublier le spectaculaire barrage de Vidraru, le département d’Argeș offre une expérience touristique unique. Au-delà de son attrait pour les visiteurs, cette initiative contribue également au développement durable des communautés rurales locales, en valorisant leur patrimoine, leurs traditions et leurs ressources naturelles.