Oiseaux exotiques dans les parcs de Roumanie
Originaire d’Inde et de l’Afrique subsaharienne, l’espèce de grandes perruches ou perruche à collier, s’est bien adaptée à l’environnement urbain de Roumanie. Des membres de la Société ornithologique roumaine ont récemment trouvé des perruchons de cette espèce à Bucarest et Iași.
Daniel Onea, 09.07.2026, 11:11
L’espèce de grandes perruches, bien adaptée à l’environnement urbain de Roumanie
Originaire d’Inde et de l’Afrique subsaharienne, l’espèce de grandes perruches Alexandrinus krameri ou Perruche à collier (Micul Alexandru), s’est bien adaptée à l’environnement urbain de Roumanie. Des membres de la Société ornithologique roumaine ont récemment trouvé des perruchons de cette espèce à Bucarest et Iași. Si à Bucarest c’est la troisième nidification documentée, dans le cas de la ville d’Iași, c’est la première preuve de reproduction en liberté de l’espèce. Bien qu’appréciés pour leur plumage aux couleurs vives, une présence massive de ces oiseaux pourrait entraîner des déséquilibres environnementaux majeurs, avertissent les experts.
Dani Drăgan, biologiste à la Société ornithologique roumaine, explique les éventuels effets d’une telle présence sur l’environnement :
« Si nous parlons de centaines ou de milliers d’individus, alors il faut penser à leur important impact sur la biodiversité et sur les gens. Pour ce qui est de la première, l’occupation des lieux de nidification constitue le principal problème. Les perruches construisent leurs nids dans les creux des arbres, ce qui les met en concurrence directe avec les espèces locales, telles que les oiseaux de petite taille ou les rapaces nocturnes. Car la période de nidification de la perruche à collier débute bien plus tôt que celle des autres, les perruches occupant ainsi les nids et devenant même agressives afin d’éliminer les espèces locales. »
L’impact de l’apparition de ces oiseaux
Mais la compétition ne vise pas uniquement les lieux de nidification. Les perruches à collier s’approprient également les ressources de nourriture, provoquant ainsi des dégâts matériels considérables dans l’infrastructure urbaine.
« Un autre problème majeur est celui des ressources de nourriture. Les perruches à collier sont plus grandes que les oiseaux des espèces locales, qu’ils chassent des endroits où se trouve la nourriture. Nous avons constaté ce comportement autour des mangeoires installées dans les parcs par la Société ornithologique roumaine. L’arrivée des perruches à collier chassent tous les autres oiseaux. Quant à l’impact sur les gens, ces perruches ont un bec massif et puissant ; ayant aussi constamment besoin de grignoter, ils finissent par détruire câbles électriques, câbles d’internet, antennes ou composantes en plastique, déclenchant ainsi un conflit dans l’environnement urbain. »
La distribution géographique de l’espèce de perruche à collier (ou Petit Alexandre) prouve sa capacité inhabituelle de résister à la météo de Roumanie, une météo bien différente de celle de son aire géographique d’origine.
Le biologiste Dani Drăgan souligne le fait que les températures basses ne sont plus un obstacle depuis longtemps déjà.
« Il est surprenant de constater que l’espèce s’est parfaitement adaptée à un climat plus froid. En Roumanie, l’hiver est beaucoup moins sévère et les perruches à collier montrent une excellente résistance au froid, tout comme dans d’autres pays européens, tels que le Royaume Uni, l’Italie, la France ou l’Allemagne. Le fait que ces oiseaux font leurs nids dans les creux des arbres est un avantage majeur, parce qu’ils sont à l’abri du froid. »
Bien que la population de perruches à collier soit plus réduite en Roumanie, comparé à celle d’autres pays européens, la confirmation de leur reproduction en liberté souligne l’importance de surveiller en permanence la faune aviaire urbaine. Observer l’évolution de celle-ci permettra aux autorités de mieux comprendre les changements des écosystèmes urbains, facilitant les futures interventions nécessaires pour protéger la biodiversité locale. (trad. Ileana Taroi)