Nourrir les oiseaux sauvages
Comment nourrir correctement les oiseaux sauvages?
Daniel Onea, 19.03.2026, 12:59
Avec l’arrivée du printemps et le retour des beaux jours, les parcs et les lacs urbains redeviennent des lieux de promenade privilégiés. Et il arrive souvent, par désir de contact avec la nature, d’avoir envie de nourrir les oiseaux sauvages. Et pourtant, sachez que, malgré nos bonnes intentions, leur jeter des restes de nourriture, surtout en cette saison, cela peut leur faire plus de mal que de bien.
D’ailleurs, la Société ornithologique roumaine rappelle qu’il faut cesser de nourrir les oiseaux dès le début de la saison chaude et que les produits de boulangerie sont strictement interdits toute l’année. Malheureusement, cette coutume de donner du pain aux oiseaux au bord des lacs reste très répandue. Pour bien comprendre l’impact d’une mauvaise alimentation sur la faune urbaine, nous avons rencontré Livia Gyöngyösi, ornithologue amateur et bénévole engagée auprès de plusieurs associations de protection et d’étude des oiseaux.
« Les produits de boulangerie et les pâtisseries tels le pain, les bretzels, les céréales expansées ou les biscuits sont néfastes pour les oiseaux. Ils contiennent de la levure, du sel, du sucre et plusieurs additifs, mais sont totalement dépourvus des nutriments essentiels. En leur procurant une fausse sensation de satiété, ces aliments les incitent à ne plus chercher leur nourriture naturelle, tels les herbes, les racines ou les micro-organismes aquatiques. Ils sont ainsi privés des nutriments indispensables au maintien d’un plumage en bon état. La situation est comparable à celle d’un humain qui suivrait un régime alimentaire exclusivement composé de fast-food pendant deux mois, ce qui engendrerait inévitablement des problèmes de santé. Une affection courante chez les oiseaux est le syndrome des « ailes d’ange ». Les rémiges se détériorent fortement, prenant l’apparence d’un balai émoussé. Les oiseaux atteints de cette maladie ne peuvent plus voler. »
Un autre problème grave signalé est la modification de l’environnement autour des lacs urbains lorsque la nourriture proposée est excessive ou insuffisante. Livia Gyöngyösi explique l’enchaînement des conséquences déclenchées par un geste en apparence anodin.
« Quelques tranches de pain jetées à une cinquantaine de canards peuvent paraître inoffensives. Pourtant, certaines personnes leur offrent du pain déjà moisi, ce qui est très dangereux. Leur organisme est différent du nôtre et il n’est pas adapté à une telle consommation ; ils peuvent développer de graves problèmes de santé, tels une inflammation du système digestif. Qui plus est les quantités s’accumulent : un passant jette trois tranches, un autre trois miches, et ainsi de suite. Parfois, le lac se remplit littéralement de pain. Sans exagérer, les morceaux flottent à la surface et moisissent, détériorant même la qualité de l’eau. Par ailleurs, les restes laissés sur les rives attirent les rats. Au printemps, ceux-ci s’attaquent aux canetons et les mangent. Nourrir les oiseaux sauvages avec de tels produits leur fait donc beaucoup plus de mal que de bien. »
La solution est simple : installer de petites mangeoires sur le rebord de la fenêtre ou dans le jardin, régulièrement approvisionnées en graines de tournesol, cerneaux de noix, ou bien de légumes cuits ou pommes. Par contre, au printemps il faut cesser tout nourrissage. Si les mangeoires restent pleines, les oiseaux se nourriront d’eux-mêmes. Les poussins se nourriront de graines au lieu d’insectes, et ils ne pourront pas survivre.
Autant de gestes simples à faire pour garder les oiseaux qui nous entourent en bonne santé.