Instruction en commun des scaphandres militaires des Etats de l’OTAN
Les plongeurs, qu'il s'agisse de démineurs ou de plongeurs d'incursion, participent à des exercices d'entraînement nationaux, interinstitutionnels et multinationaux
Agenția Media a Armatei, 21.04.2026, 10:11
L’exercice multinational Sea Shield 2026, l’événement d’instruction des forces navales roumaines le plus ample de cette année a constitué pour les scaphandres des armées des Etats participantes une nouvelle opportunité d’instruction en commun.
Les plongeurs, qu’il s’agisse de démineurs ou de plongeurs d’incursion, participent à des exercices d’entraînement nationaux, interinstitutionnels et multinationaux. Le capitaine-commandeur Mihai Iordache, chef de la section des plongeurs démineurs du 39e Centre de plongée, nous a expliqué l’importance de ce type d’entraînement :
« Dans le cadre de cet exercice, nous avons la chance de compter sur des partenaires étrangers. Nos collègues démineurs français et espagnols y participent. Nous avons préparé deux scénarios pour cette semaine, inspirés de situations réelles. Le premier concerne les mines à la dérive : nous avons été confrontés à de nombreux cas de ce type et nous souhaitions montrer à nos partenaires comment nous les avons résolus. Le second scénario porte sur les drones maritimes. Nous allons le reproduire et montrer à nos partenaires comment nous avons procédé lors de cette mission. Nos partenaires étaient très enthousiastes à l’idée de participer à cette activité avec l’hélicoptère. Je pense que ce fut une mission réussie et fructueuse, qui a démontré le professionnalisme dont nous et nos partenaires faisons preuve dans la destruction de ces engins explosifs. »
Cette expérience n’est pas la seule acquise par les plongeurs français. Ils s’entraînent généralement avec leurs partenaires roumains, et ici, en mer Noire, chaque année, nous a confié le lieutenant Antoine :
« Je fais partie de l’unité de lutte contre les engins explosifs de l’Atlantique, rattachée à la Marine nationale française. Nous nous entraînons régulièrement avec nos partenaires roumains et espagnols lors de différents exercices de l’OTAN, ici en mer Noire ou ailleurs en Europe. C’est un atout de pouvoir nous rencontrer fréquemment et d’échanger nos expériences lors de ces exercices conjoints. Nous venons ici plusieurs fois par an. C’est bénéfique pour nous, car cela nous permet de nous entraîner dans des lieux et des environnements variés. La mer Noire offre des conditions de plongée particulières, très différentes de celles de l’océan Atlantique ou de la mer Méditerranée. Venir ici et échanger des techniques avec nos partenaires roumains est très enrichissant. Nous travaillons selon les mêmes procédures de l’OTAN, ce qui nous permet d’adopter des méthodes de travail similaires, mais chacun apporte ses propres conseils. Nous sommes heureux de partager notre expérience avec eux, mais aussi d’apprendre de la leur. »
L’échange d’expériences entre les plongeurs espagnols et nos militaires revêt une importance particulière. Originaires du sud de l’Espagne, de Carthagène où les eaux sont plus chaudes, ils ont plongé dans les eaux froides de la mer Noire, par vent et pluie : un véritable défi.
« Je suis lieutenant dans une unité de scaphandres spécialisés dans la lutte contre les mines marines. Nous avons été entraînés à sauter dans les eaux froides d’ici. C’est l’une des rares occasions dans le cadre desquelles nous utilisons ce type de costumes de plongée et c’était très bien. Ces expériences sont très importantes pour nous ici en mer Noire car nous voulons nous habituer à ce type de climat, à ce type d’eau, que nous savons froide, contrairement à chez nous, dans le sud de l’Espagne, à Carthagène, où l’eau est chaude. C’est donc un excellent entraînement. J’étais déjà en Roumanie il y a un mois, à la réunion de planification de cet exercice, mais c’est la première fois que nous participons à un exercice de ce type. Nous nous sommes déjà entraînés avec nos partenaires roumains, qui sont venus nous rejoindre en Espagne pour un exercice de défense portuaire, de protection des infrastructures critiques et de lutte contre les engins explosifs. Les plongeurs français sont très bons, ce sont nos voisins et nous nous sommes entraînés ensemble à de nombreuses reprises. Il en va de même pour les plongeurs roumains, que j’ai rencontrés en Bulgarie, lors de l’exercice Triton. Je suis originaire du centre de l’Espagne, loin des côtes, donc c’était un peu étrange de devenir plongeur, d’autant plus que je suis le premier militaire de ma famille. Je voulais faire quelque chose de différent, intégrer l’armée de terre ou la marine, et puis j’ai choisi cette spécialisation. J’aime beaucoup ça. Ce n’est pas un métier comme les autres, il n’est pas fait pour tout le monde. Je pense m’en sortir bien, et mes collègues aussi. Il faut être calme, il faut être préparé », nous a confié le sous-lieutenant Carlos Alegre.