Le musée ethnographique de Ciocăneşti
Voici une commune connue pour deux produits de marque : l’œuf de Pâques peint et l’architecture traditionnelle des maisons. En 2004, Ciocăneşti a été désignée commune-musée, pour être ensuite nommée, en 2014, « village culturel de Roumanie », ce qui a pratiquement obligé ses habitants à décorer l’extérieur de leurs maisons de motifs traditionnels.
Ana-Maria Cononovici, 24.04.2026, 10:26
Une commune-musée et un « village culturel de Roumanie »
Nous nous rendons aujourd’hui dans une commune connue pour deux produits de marque : l’œuf de Pâques peint et l’architecture traditionnelle des maisons. En 2004, Ciocăneşti a été désignée commune-musée, pour être ensuite nommée, en 2014, « village culturel de Roumanie », ce qui a pratiquement obligé ses habitants à décorer l’extérieur de leurs maisons de motifs traditionnels.
L’histoire à l’origine de la renommée internationale de la commune de Ciocăneşti (département de Suceava, au nord de la Roumanie) a eu lieu en 1950, lorsque Leontina Ţăran, une habitante du village, a décidé de rénover sa maison. Pour les décorations extérieures, elle s’est inspirée des motifs dessinés sur les œufs peints à Pâques. Les voisins ont beaucoup apprécié le résultat de son travail et, peu à peu, toutes les maisons du village ont fini par en suivre l’exemple. Plus tard, la maison de Leontina Ţăran a été transformée en un musée où sont gardés des objets et de vieux costumes traditionnels de la Vallée de la Bistriţa. Les quelque 600 maisons locales ont des murs extérieurs décorés des motifs géométriques brodés sur les costumes, mais aussi sur les œufs peints de Ciocăneşti, ornés de dessins blancs sur un fond noir.
Le Musée des œufs peints
La commune abrite également un Musée des œufs peints, où l’on peut admirer plus de 1800 œufs décorés, vieux de 40 à 100 années, ainsi que plus de 2800 œufs qui ont remporté des prix au Festival national organisé dans la commune chaque année, durant la période des Fêtes pascales. De l’autre côté de la rue, se dresse le Musée d’ethnographie.
Marilena Niculiţă, directrice du Musée national des œufs peints de Ciocăneşti, nous sert de guide:
« Au Musée du village, les touristes ont l’occasion de découvrir des ateliers spécifiques des différentes occupations des habitants. Vous y trouvez un atelier de ferblantier, une bergerie traditionnelle, une salle consacrée au radelage, une autre de présentation de l’exploitation minière, une troisième consacrée au travail du bois, une pièce d’une maison paysanne, des tissus, des costumes et masques traditionnels, mais aussi les plus beaux motifs ornementaux des maisons. Car à Ciocăneşti, l’architecture des immeubles est très spéciale. A l’occasion des saintes Fêtes pascales, les gens ornent très joliment leurs habitations, employant, dans 99% des cas, les motifs traditionnels géométriques visibles non seulement sur les maisons de Ciocăneşti, mais aussi sur les costumes traditionnels, sur les tissus, sur les œufs peints. »
La visite du musée emmène le visiteur à voyager dans le temps, lui permettant de découvrir des blouses et des braies traditionnelles, des radeaux sur les eaux tourbillonnantes des rivières, des portraits en noir et blanc, des tapis cousu main, des métiers à tisser, des pétrins et des coffres à dot.
Chaque 15 août, Ciocăneşti organise le Festival national de la Truite, dont les détails se trouvent sur le site www.ciocanestibucovina.eu .
La tradition du radelage est toujours vivante à Ciocăneşti, où l’on organise même des balades en radeau sur la rivière Bistriţa. Les touristes peuvent également visiter une bergerie dans la montagne voisine de Suhard, ou bien une mine de manganèse. (Trad. Ileana Ţăroi)